<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><!-- generator="b2evolution/0.9.2" -->
<rdf:RDF xmlns="http://purl.org/rss/1.0/" xmlns:rdf="http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"					xmlns:admin="http://webns.net/mvcb/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/">
<channel rdf:about="http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6">
	<title>Articles</title>
	<link>http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6</link>
	<description></description>
	<dc:language>fr-FR</dc:language>
	<admin:generatorAgent rdf:resource="http://b2evolution.net/?v=0.9.2"/>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<sy:updateBase>2000-01-01T12:00+00:00</sy:updateBase>
	<items>
		<rdf:Seq>
					<rdf:li rdf:resource="http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6&amp;title=chantez_a_l_eternel_un_cantique_nouveau&amp;more=1&amp;c=1&amp;tb=1&amp;pb=1"/>
					<rdf:li rdf:resource="http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6&amp;title=les_instruments_dans_l_eglise&amp;more=1&amp;c=1&amp;tb=1&amp;pb=1"/>
					<rdf:li rdf:resource="http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6&amp;title=la_musique_et_les_enfants&amp;more=1&amp;c=1&amp;tb=1&amp;pb=1"/>
					<rdf:li rdf:resource="http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6&amp;title=la_oracion_de_un_musico&amp;more=1&amp;c=1&amp;tb=1&amp;pb=1"/>
					<rdf:li rdf:resource="http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6&amp;title=praise_of_a_musician&amp;more=1&amp;c=1&amp;tb=1&amp;pb=1"/>
					<rdf:li rdf:resource="http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6&amp;title=la_priere_d_un_musicien&amp;more=1&amp;c=1&amp;tb=1&amp;pb=1"/>
					<rdf:li rdf:resource="http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6&amp;title=la_place_de_la_musique_dans_la_vie_du_ch&amp;more=1&amp;c=1&amp;tb=1&amp;pb=1"/>
				</rdf:Seq>
	</items>
</channel>
<item rdf:about="http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6&amp;title=chantez_a_l_eternel_un_cantique_nouveau&amp;more=1&amp;c=1&amp;tb=1&amp;pb=1">
	<title>Chantez &#224; l'Eternel un cantique nouveau</title>
	<link>http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6&amp;title=chantez_a_l_eternel_un_cantique_nouveau&amp;more=1&amp;c=1&amp;tb=1&amp;pb=1</link>
	<dc:date>2008-08-01T08:23:29Z</dc:date>
	<dc:creator>symphonique</dc:creator>
	<dc:subject>Minist&#232;re de louange</dc:subject>
	<description>Par M. Alfred Kuen

Un cantique nouveau

Plusieurs fois, les Psaumes nous demandent : "Chantez &#224; l'&#201;ternel un cantique nouveau" (Ps. 33 : 3; 96:1; 98:1;149:1; Es. 42:10). Cette exhortation a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;e de diverses mani&#232;res : au travers d'exp&#233;riences neuves de la gr&#226;ce de Dieu, trouver de nouvelles raisons de le louer (cf. Ps. 40:4), chanter avec un c&#339;ur renouvel&#233;, c'est &#224; dire r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;. Cependant, le Psalmiste parle d'un cantique nouveau. Alors pourquoi ne pas apprendre de nouveaux cantiques - ou en composer ?
Le culte n'est certainement pas le moment qui convient &#224; un tel apprentissage, toute l'attention se trouve d&#233;tourn&#233;e de Dieu et du sens des paroles par les difficult&#233;s rythmiques et m&#233;lodiques du chant. Mieux vaut r&#233;server, comme nous l'avons dit plus haut, un moment avant le culte ou lors d'une r&#233;union de la semaine &#224; cette intention. Lorsque le c&#233;l&#232;bre chanteur John Littleton anime une messe o&#249; il fait reprendre certains refrains par l'auditoire, il convoque les fid&#232;les un quart d'heure &#224; l'avance pour les leur apprendre. De cette mani&#232;re on peut proc&#233;der &#224; un v&#233;ritable apprentissage phrase par phrase, sans avoir peur de "profaner" le moment de l'adoration.

K. Osbeck donne quelques r&#232;gles utiles pour l'apprentissage rapide d'un nouveau ch&#339;ur :

Les paroles devraient &#234;tre simples et contenir une v&#233;rit&#233; biblique importante.
La m&#233;lodie et le rythme doivent &#234;tre plut&#244;t faciles &#224; apprendre.
Sachez parfaitement vous-m&#234;me le ch&#339;ur avant d'essayer de l'apprendre aux autres. Ayez le texte sous les yeux m&#234;me si vous pensez le savoir par c&#339;ur.
Donnez &#224; temps une copie des notes &#224; l'accompagnateur.
Ayez une collection de ch&#339;urs adapt&#233;s &#224; divers sujets (louange, pri&#232;re, cons&#233;cration... ).
Pour apprendre le ch&#339;ur :
a)	Introduisez-le de mani&#232;re &#224; donner envie de l'apprendre.
b)	Dites les paroles pendant que le pianiste joue la m&#233;lodie.
c)	Chantez-le ou faites-le chanter par la chorale.
d)	R&#233;p&#233;tez encore une fois les paroles sans la musique.
e)	Faites r&#233;p&#233;ter le chant par l'auditoire en l'aidant par votre chant ou celui de la chorale. R&#233;p&#233;tez la ligne suivante ou son d&#233;but entre les phrases musicales. Indiquez la hauteur des sons par des gestes de la main (chironomie de David).
f)	Faites r&#233;p&#233;ter plusieurs fois en variant &#224; chaque fois la motivation de cette r&#233;p&#233;tition (insistance sur les paroles, le rythme, l'expressivit&#233;, les nuances...).
g)	Reprenez le ch&#339;ur la semaine suivante.

On peut proc&#233;der de m&#234;me pour l'apprentissage de cantiques plus longs en les prenant phrase par phrase.

Ne passez pas trop de temps sur le m&#234;me chant la premi&#232;re fois. Il vaut mieux le laisser "s&#233;dimenter" et y revenir la semaine suivante.


On peut ajouter : encouragez les chanteurs &#224; r&#233;p&#233;ter le chant appris durant les moments libres de la semaine (vaisselle, jardinage, d&#233;placements). L'esprit humain a besoin de nouveaut&#233; pour rester alerte. Avec des cantiques que l'on conna&#238;t par c&#339;ur, il faut faire un double effort pour penser les mots. Dieu nous encourage &#224; renouveler notre hymnologie par l'exhortation ci-dessus r&#233;p&#233;t&#233;e plusieurs fois dans sa Parole. Comment trouver sans cesse du nouveau ?
En explorant les richesses m&#233;connues de l'hymnologie traditionnelle.
En exploitant le tr&#233;sor musical folklorique.
En cr&#233;ant du neuf.


1. Revaloriser l'hymnologie traditionnelle

Nous ne connaissons pas nos richesses. Le tr&#233;sor de l'hymnologie universelle contient d'innombrables cantiques oubli&#233;s dont beaucoup seraient encore utilisables aujourd'hui. Et parmi ceux qui figurent toujours dans les recueils de cantiques, combien sont encore chant&#233;s ? Dans un recueil qui en contient 600, c'est &#224; peine si le fid&#232;le en conna&#238;t une cinquantaine, ou m&#234;me une trentaine. On chante toujours les m&#234;mes parce qu'on ne conna&#238;t pas les autres, et on ne conna&#238;t pas les autres parce qu'on chante toujours les m&#234;mes...

Il existe, certes nombre de chants dont le style est d&#233;pass&#233;, les paroles incompr&#233;hensibles en post-chr&#233;tient&#233; ("Suivez toujours l'Agneau") et les m&#233;lodies trop sentimentales ou mal adapt&#233;es au texte. Mais dans beaucoup de cas, nos hymnes chr&#233;tiens constituent des unit&#233;s homog&#232;nes qui ont d&#233;fi&#233; le temps, et ils seront encore chant&#233;s quand on ne parlera plus du rock et de la pop music en dehors de l'histoire de la musique. Beaucoup de jeunes les m&#233;prisent par r&#233;action ou par ignorance, mais les red&#233;couvrent avec &#233;merveillement une fois les vagues contestataires assagies... Ne devrait-on pas profiter du go&#251;t pluraliste actuel pour introduire, m&#234;me dans les concerts de jeunes, quelques cantiques classiques, rajeunis au besoin par une nouvelle harmonisation ou m&#234;me une l&#233;g&#232;re adaptation rythmique. Ils seront certainement appr&#233;ci&#233;s par beaucoup d'auditeurs car leur richesse m&#233;lodique et leur densit&#233; d'expression contrastent de mani&#232;re heureuse avec la pauvret&#233; de bien des productions modernes.

Le charme de l'ancien

Cette revalorisation de notre h&#233;ritage ne devrait pas se limiter uniquement &#224; nos recueils usuels, qui contiennent surtout des chants du XIXe si&#232;cle. Pourquoi ne pas remonter plus haut &#224; la d&#233;couverte de tr&#233;sors enfouis comme on fouille les greniers &#224; la recherche d'antiquit&#233;s ? Les recueils allemands ou anglais, en particulier, contiennent des joyaux qui attendent toujours d'&#234;tre traduits en fran&#231;ais.

On pourrait, en analysant et en classant m&#233;thodiquement le m&#232;tre de nos cantiques fran&#231;ais mal mari&#233;s &#224; une musique inad&#233;quate, essayer de leur trouver un partenaire mieux assorti parmi ces m&#233;lodies &#233;trang&#232;res. Ajoutons que ces m&#234;mes pays ont produit ces derni&#232;res ann&#233;es des recueils contenant un nombre important de compositions plus r&#233;centes, tels que par exemple les trois recueils de Jesu Name nie verklinget et les Youth Praise, dont plusieurs m&#233;riteraient d'&#234;tre adapt&#233;s en fran&#231;ais. L'avantage d'une traduction r&#233;cente serait d'avoir des textes d&#233;pourvus des archa&#239;smes qui d&#233;parent bien des cantiques du pass&#233;.

Pour le culte, il faudrait donner une place particuli&#232;re aux psaumes qui ont &#233;t&#233;, de tous temps, les porteurs de la louange comme de la supplication des assembl&#233;es de croyants : psaumes huguenots, psaumes de Goudimel, adaptations modernes comme dans Psalm Praise, (Falcon, London 1973) chants altern&#233;s, etc. Les textes des cantiques de l'&#201;glise primitive (voir en Phil. 2, Col. 1 et 2, Apoc.) et des pri&#232;res de l'&#201;glise ancienne (Didach&#233;, &#233;crits des P&#232;res apostoliques, Gloria, etc.) fourniraient aux po&#232;tes la mati&#232;re de cantiques r&#233;pondant aux besoins des chr&#233;tiens d'aujourd'hui qui sont les m&#234;mes que ceux de tous les temps.

Que Dieu nous aide &#224; g&#233;rer le patrimoine re&#231;u de nos p&#232;res avec la libert&#233; des fils de la maison !

2. Exploiter le tr&#233;sor musical folklorique

Une autre veine &#224; exploiter musicalement serait le folklore. Le cas des &#201;tats-Unis est frappant o&#249; le folksong conna&#238;t actuellement une vogue sans pr&#233;c&#233;dent : d'anciennes m&#233;lodies populaires de l'Ouest sont exhum&#233;es - ou imit&#233;es - &#233;voquant avec nostalgie un pass&#233; lointain et idyllique. Il y a l&#224; une r&#233;serve de choix pour les po&#232;tes &#233;vang&#233;liques en qu&#234;te de musique, car ces m&#233;lodies populaires plongent leurs racines dans le subconscient collectif d'un peuple et font vibrer une corde sensible en chacun de nous.

Mais il ne faut pas se contenter du folklore d'un seul pays : les vieilles chansons populaires de France, d'Italie, d'Espagne, d'Angleterre rec&#232;lent certainement des m&#233;lodies dignes d'&#234;tre reprises par de jeunes voix d&#233;sireuses de louer le Seigneur.

Des tr&#233;sors cach&#233;s

L&#224; aussi, une exploration des biblioth&#232;ques musicales des Conservatoires apporterait des moissons valables. Et pourquoi ne pas fouiller, par la m&#234;me occasion, les collections de canons des grands ma&#238;tres pour enrichir ce genre particuli&#232;rement adapt&#233; &#224; un chant improvis&#233; &#224; plusieurs voix ? Avec un peu d'ing&#233;niosit&#233; et de pers&#233;v&#233;rance, il devrait donc &#234;tre facile d'enrichir nos hymnologies de cantiques de valeur en utilisant les proc&#233;d&#233;s m&#234;mes qui ont assur&#233; le succ&#232;s des chants religieux du pass&#233;. En retrouvant, comme Luther, "la veine populaire du sentiment religieux et de l'adoration", on renouerait avec une tradition qui s'est perdue dans l'&#201;glise o&#249;, "sous l'influence d'un si&#232;cle entier de musique de concert, le choral a rapidement oubli&#233; les sources populaires. Mais la perte de contact avec la chanson lui deviendra fatale" (Marc Honegger, P M. 50 p. 75,101).

Enfin, en poussant la recherche encore plus loin, on pourrait aussi tenter d'assimiler quelques chants de tradition africaine qui ont pass&#233; avec tant de bonheur dans l'hymnologie des &#233;glises de l&#224;-bas.

3. Cr&#233;er du neuf

a) Cr&#233;ativit&#233; des R&#233;veils

Quand on consid&#232;re le pass&#233; de l'&#201;glise, on est frapp&#233; par l'ampleur de sa cr&#233;ativit&#233; hymnologique. Chaque p&#233;riode a eu ses cantiques &#224; elle, r&#233;pondant aux aspirations et au go&#251;t du moment. Les p&#233;riodes les plus productives ont &#233;t&#233; celles des r&#233;veils de la foi et de la pi&#233;t&#233;. La R&#233;forme a &#233;t&#233; l'une d'elles : aux XVIe et XVIIe si&#232;cles, on assiste &#224; une prolif&#233;ration &#233;tonnante ; comme le dit Marc Honegger, "&#224; la mort de Luther en 1546, le nombre des m&#233;lodies de chorals &#233;tait infime... en 1697, un immense recueil de huit volumes publi&#233; &#224; Leipzig en contenait pr&#232;s de 5 000." (P.M. p. 75). Une autre vague a &#233;t&#233; celle du R&#233;veil. A lui seul, le m&#233;thodisme a enrichi l'hymnologie anglaise de plus de 6 500 cantiques ! Il en fut de m&#234;me du R&#233;veil am&#233;ricain qui nous a donn&#233; les hymnes inoubliables de Ph. Bliss et I. Sankey ("Songs and solos" contient plusieurs milliers de cantiques) ainsi que du R&#233;veil de Gen&#232;ve (C&#233;sar Malan, &#224; lui seul, en composa plus de 1000). De tels faits nous laissent songeurs : notre g&#233;n&#233;ration se laissera-t-elle saisir par une sainte jalousie et rel&#232;vera-t-elle le d&#233;fi de ses p&#232;res?

b) &#201;duquer et d&#233;velopper la cr&#233;ativit&#233;

Disons d'abord que toute revalorisation de la musique &#233;vang&#233;lique implique une &#233;ducation musicale, et chacun sait qu'une telle &#233;ducation commence t&#244;t. Les parents chr&#233;tiens ne devraient pas h&#233;siter &#224; donner &#224; leurs enfants une formation ad&#233;quate, sachant que c'est l&#224; un placement qui donnera plus tard des fruits dans l'&#339;uvre du Seigneur. C'est aussi le moment o&#249; la cr&#233;ativit&#233; peut &#234;tre d&#233;velopp&#233;e, car l'enfant n'a pas encore les r&#233;actions de la plupart des adultes qui l'ont bloqu&#233;e par un amour-propre mal plac&#233; ("ce que je fais ne vaut rien..." , "on se moquerait de moi... "). II existe maintenant des m&#233;thodes de solf&#232;ge et d'&#233;ducation musicale qui visent &#224; d&#233;velopper l'improvisation et la composition (Willems, Orff). Or, un don cultiv&#233; &#224; temps peut esp&#233;rer produire un jour des &#339;uvres valables susceptibles de rivaliser avec des cr&#233;ations professionnelles.

Le prix &#224; payer

"Un chr&#233;tien doit chercher &#224; bien faire tout ce qu'il fait, disait un jour Edmond de Pressenss&#233;. II lui est facile de ne pas composer des vers, mais s'il en fait, qu'il se soumette &#224; la r&#232;gle." Sommes-nous pr&#234;ts &#224; payer le prix pour le service du Seigneur ou bien nous contenterons-nous de l'improvisation et du bricolage ? Encourageons-nous les jeunes &#224; profiter des nombreuses occasions offertes actuellement &#224; ceux qui d&#233;sirent se former sur tous les plans (musique instrumentale, direction chorale, harmonisation, etc.) - ou du moins, &#224; faire l'effort n&#233;cessaire pour apprendre &#224; d&#233;chiffrer correctement un chant afin de ne pas se limiter d'embl&#233;e &#224; ceux que l'on peut apprendre par audition ?

Nous pouvons &#234;tre d'autant plus exigeants que le but &#224; poursuivre ne requiert pas obligatoirement qu'on ait atteint les hauts sommets de la technique musicale. Signalons &#224; titre d'exemple un essai qui m&#233;riterait d'&#234;tre creus&#233;.

Une exp&#233;rience &#224; imiter

Dans une &#233;cole biblique allemande, des &#233;tudiants, apr&#232;s une &#233;tude biblique, se sont partag&#233;s en trois groupes ; l'un d'eux concr&#233;tisait les pens&#233;es des participants dans des textes en po&#233;sie et en prose, le deuxi&#232;me les exprimait par des arts picturaux, le troisi&#232;me les mettait en musique. Ils s'attendaient vraiment &#224; recevoir la m&#233;lodie comme un cadeau de Dieu... ce qui ne les emp&#234;cha pas de composer d'abord un texte r&#233;sumant le message de l'&#233;tude biblique, de l'analyser (syllabes fortes et faibles, pens&#233;es &#224; souligner par des notes plus hautes ou plus longues) et puis de composer la musique phrase par phrase pour en faire un ensemble coh&#233;rent (Offene T&#252;ren, nov.- d&#233;c.1977, Missionshaus Bibelschule Wiedenest, p. 25).

On sait par une lettre de Pline que les premiers chr&#233;tiens pratiquaient une sorte de psalmodie alternante qui se d&#233;roulait comme un dialogue entre l'officiant et l'assembl&#233;e. C'est le style qui se pr&#234;te le mieux &#224; l'improvisation puisqu'il laisse au meneur le temps de modeler la phrase suivante sur les paroles (comme cela se pratique encore dans les &#233;glises noires am&#233;ricaines). Je me souviens moi-m&#234;me d'un voyage &#224; travers la savane du Mali o&#249;, avec une demi-douzaine de fr&#232;res africains, nous improvisions sur des centaines de kilom&#232;tres des chants antiphon&#233;s.

c) Encourager les artistes que Dieu nous donne

Contrairement &#224; ce que l'on pense, le probl&#232;me de la cr&#233;ation musicale est autant un probl&#232;me collectif qu'individuel. Certes, un grand artiste n'attendra pas, pour exprimer ce qui bouillonne en lui, que le milieu ambiant soit favorable &#224; sa production. Mais les grands artistes sont rares, et les autres - pour lesquels nous devons &#234;tre reconnaissants - ont besoin d'&#234;tre stimul&#233;s par le public auquel ils s'adressent. Si ceux qui existent parmi les chr&#233;tiens ne sont que tol&#233;r&#233;s ou subis, au lieu d'&#234;tre encourag&#233;s, ils peuvent &#234;tre tent&#233;s de chercher le succ&#232;s aupr&#232;s d'autres auditoires. Ne nous plaignons pas alors de leur d&#233;sertion - qui aura comme corollaire la pauvret&#233; de notre chant religieux!

Aussi, l'&#201;glise d'aujourd'hui devrait, avant toute chose, prier pour que Dieu lui accorde des dons musicaux : chanteurs, instrumentistes, compositeurs, qui soient pr&#234;ts &#224; mettre leur art au service de Dieu - sans oublier de remercier pour ceux que Dieu a d&#233;j&#224; donn&#233;s, de les aider et de les soutenir dans leur t&#226;che.

d) Priorit&#233; du chant en commun

Si Dieu donne des musiciens de talent &#224; l'&#201;glise, ce n'est pas pour r&#233;duire au silence les autres fid&#232;les. Il est clair que, dans l'assembl&#233;e, la musique est l'affaire de tous. Rien ne remplacera le chant en commun.

Ce fut l'une des grandes innovations de la R&#233;forme. Luther l'associa d&#232;s le d&#233;but au culte pour que l'assembl&#233;e puisse y participer activement. En entendant les paroisses luth&#233;riennes de Strasbourg chanter leurs chorals, Calvin se persuada de la valeur spirituelle du chant pour la communaut&#233; et, revenant &#224; Gen&#232;ve, il int&#233;gra le chant des psaumes au culte r&#233;form&#233;. Malheureusement, les &#233;glises de la R&#233;forme devaient suivre, par la suite, la m&#234;me &#233;volution que l'&#201;glise romaine au Moyen-&#226;ge : le chant de toute l'assembl&#233;e fut peu &#224; peu remplac&#233; par celui d'une chorale plus qualifi&#233;e, que les fid&#232;les se contentaient d'&#233;couter. C'est un peu ce que nous voyons aujourd'hui avec les groupes musicaux &#233;vang&#233;liques qui se multiplient (t&#233;moignant ainsi d'un renouveau musical &#233;vang&#233;lique tr&#232;s r&#233;el), mais qui produisent des compositions destin&#233;es &#224; &#234;tre chant&#233;es devant un grand public par un groupe sp&#233;cialis&#233;. L'un de ces jeunes d&#233;clarait : "Nous devons continuer &#224; composer de la musique pour l'&#233;vang&#233;lisation, mais nous devrions penser aussi &#224; fournir au peuple de Dieu une musique qui l'aide &#224; exprimer sa foi." (Semailles et Moisson, mars 1977, p. 39)

Dans ce cas, il faudrait donner la primaut&#233; aux lignes m&#233;lodiques simples et homog&#232;nes, aux rythmes faciles et aux paroles susceptibles d'exprimer les sentiments et les aspirations de beaucoup de chr&#233;tiens. Il pourrait s'agir tout simplement d'un cantique ancien bien connu &#224; qui l'on donnerait une nouvelle m&#233;lodie. Ou encore de petits ch&#339;urs vite appris ou de canons entonn&#233;s d'abord par quelques choristes puis repris par tous.

On ne le dira jamais assez : tant que le renouveau musical restera en de&#231;&#224; du chant communautaire, quels que soient ses apports et ses nouveaut&#233;s, il manquera son but. Car le dessein de Dieu est toujours le Corps du Christ, son &#233;dification et son expression. Lui seul est "la pl&#233;nitude de Celui qui remplit tout et en tous" (Eph.1:23) et qui donne donc son sens &#224; la musique de l'&#201;glise. C'est l'ensemble du Corps des rachet&#233;s de l'Ancienne et de la Nouvelle Alliance qui chantera le cantique nouveau devant le tr&#244;ne de l'Agneau (Apoc. 5:8-10;15:2-4).

Cet article a &#233;t&#233; reproduit avec la permission de M. Alfred Kuen et de M. Charles Eberli. C'est le chapitre 5 du livre "Oui &#224; la musique" </description>
	<content:encoded><![CDATA[	<p>Par M. Alfred Kuen</p>
	<p>Un cantique nouveau</p>
	<p>Plusieurs fois, les Psaumes nous demandent : "Chantez &#224; l'&#201;ternel un cantique nouveau" (Ps. 33 : 3; 96:1; 98:1;149:1; Es. 42:10). Cette exhortation a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;e de diverses mani&#232;res : au travers d'exp&#233;riences neuves de la gr&#226;ce de Dieu, trouver de nouvelles raisons de le louer (cf. Ps. 40:4), chanter avec un c&#339;ur renouvel&#233;, c'est &#224; dire r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;. Cependant, le Psalmiste parle d'un cantique nouveau. Alors pourquoi ne pas apprendre de nouveaux cantiques - ou en composer ?<br />
Le culte n'est certainement pas le moment qui convient &#224; un tel apprentissage, toute l'attention se trouve d&#233;tourn&#233;e de Dieu et du sens des paroles par les difficult&#233;s rythmiques et m&#233;lodiques du chant. Mieux vaut r&#233;server, comme nous l'avons dit plus haut, un moment avant le culte ou lors d'une r&#233;union de la semaine &#224; cette intention. Lorsque le c&#233;l&#232;bre chanteur John Littleton anime une messe o&#249; il fait reprendre certains refrains par l'auditoire, il convoque les fid&#232;les un quart d'heure &#224; l'avance pour les leur apprendre. De cette mani&#232;re on peut proc&#233;der &#224; un v&#233;ritable apprentissage phrase par phrase, sans avoir peur de "profaner" le moment de l'adoration.</p>
	<p>K. Osbeck donne quelques r&#232;gles utiles pour l'apprentissage rapide d'un nouveau ch&#339;ur :</p>
	<p>Les paroles devraient &#234;tre simples et contenir une v&#233;rit&#233; biblique importante.<br />
La m&#233;lodie et le rythme doivent &#234;tre plut&#244;t faciles &#224; apprendre.<br />
Sachez parfaitement vous-m&#234;me le ch&#339;ur avant d'essayer de l'apprendre aux autres. Ayez le texte sous les yeux m&#234;me si vous pensez le savoir par c&#339;ur.<br />
Donnez &#224; temps une copie des notes &#224; l'accompagnateur.<br />
Ayez une collection de ch&#339;urs adapt&#233;s &#224; divers sujets (louange, pri&#232;re, cons&#233;cration... ).<br />
Pour apprendre le ch&#339;ur :<br />
a)	Introduisez-le de mani&#232;re &#224; donner envie de l'apprendre.<br />
b)	Dites les paroles pendant que le pianiste joue la m&#233;lodie.<br />
c)	Chantez-le ou faites-le chanter par la chorale.<br />
d)	R&#233;p&#233;tez encore une fois les paroles sans la musique.<br />
e)	Faites r&#233;p&#233;ter le chant par l'auditoire en l'aidant par votre chant ou celui de la chorale. R&#233;p&#233;tez la ligne suivante ou son d&#233;but entre les phrases musicales. Indiquez la hauteur des sons par des gestes de la main (chironomie de David).<br />
f)	Faites r&#233;p&#233;ter plusieurs fois en variant &#224; chaque fois la motivation de cette r&#233;p&#233;tition (insistance sur les paroles, le rythme, l'expressivit&#233;, les nuances...).<br />
g)	Reprenez le ch&#339;ur la semaine suivante.</p>
	<p>On peut proc&#233;der de m&#234;me pour l'apprentissage de cantiques plus longs en les prenant phrase par phrase.</p>
	<p>Ne passez pas trop de temps sur le m&#234;me chant la premi&#232;re fois. Il vaut mieux le laisser "s&#233;dimenter" et y revenir la semaine suivante.</p>
	<p>On peut ajouter : encouragez les chanteurs &#224; r&#233;p&#233;ter le chant appris durant les moments libres de la semaine (vaisselle, jardinage, d&#233;placements). L'esprit humain a besoin de nouveaut&#233; pour rester alerte. Avec des cantiques que l'on conna&#238;t par c&#339;ur, il faut faire un double effort pour penser les mots. Dieu nous encourage &#224; renouveler notre hymnologie par l'exhortation ci-dessus r&#233;p&#233;t&#233;e plusieurs fois dans sa Parole. Comment trouver sans cesse du nouveau ?<br />
En explorant les richesses m&#233;connues de l'hymnologie traditionnelle.<br />
En exploitant le tr&#233;sor musical folklorique.<br />
En cr&#233;ant du neuf.</p>
	<p>1. Revaloriser l'hymnologie traditionnelle</p>
	<p>Nous ne connaissons pas nos richesses. Le tr&#233;sor de l'hymnologie universelle contient d'innombrables cantiques oubli&#233;s dont beaucoup seraient encore utilisables aujourd'hui. Et parmi ceux qui figurent toujours dans les recueils de cantiques, combien sont encore chant&#233;s ? Dans un recueil qui en contient 600, c'est &#224; peine si le fid&#232;le en conna&#238;t une cinquantaine, ou m&#234;me une trentaine. On chante toujours les m&#234;mes parce qu'on ne conna&#238;t pas les autres, et on ne conna&#238;t pas les autres parce qu'on chante toujours les m&#234;mes...</p>
	<p>Il existe, certes nombre de chants dont le style est d&#233;pass&#233;, les paroles incompr&#233;hensibles en post-chr&#233;tient&#233; ("Suivez toujours l'Agneau") et les m&#233;lodies trop sentimentales ou mal adapt&#233;es au texte. Mais dans beaucoup de cas, nos hymnes chr&#233;tiens constituent des unit&#233;s homog&#232;nes qui ont d&#233;fi&#233; le temps, et ils seront encore chant&#233;s quand on ne parlera plus du rock et de la pop music en dehors de l'histoire de la musique. Beaucoup de jeunes les m&#233;prisent par r&#233;action ou par ignorance, mais les red&#233;couvrent avec &#233;merveillement une fois les vagues contestataires assagies... Ne devrait-on pas profiter du go&#251;t pluraliste actuel pour introduire, m&#234;me dans les concerts de jeunes, quelques cantiques classiques, rajeunis au besoin par une nouvelle harmonisation ou m&#234;me une l&#233;g&#232;re adaptation rythmique. Ils seront certainement appr&#233;ci&#233;s par beaucoup d'auditeurs car leur richesse m&#233;lodique et leur densit&#233; d'expression contrastent de mani&#232;re heureuse avec la pauvret&#233; de bien des productions modernes.</p>
	<p>Le charme de l'ancien</p>
	<p>Cette revalorisation de notre h&#233;ritage ne devrait pas se limiter uniquement &#224; nos recueils usuels, qui contiennent surtout des chants du XIXe si&#232;cle. Pourquoi ne pas remonter plus haut &#224; la d&#233;couverte de tr&#233;sors enfouis comme on fouille les greniers &#224; la recherche d'antiquit&#233;s ? Les recueils allemands ou anglais, en particulier, contiennent des joyaux qui attendent toujours d'&#234;tre traduits en fran&#231;ais.</p>
	<p>On pourrait, en analysant et en classant m&#233;thodiquement le m&#232;tre de nos cantiques fran&#231;ais mal mari&#233;s &#224; une musique inad&#233;quate, essayer de leur trouver un partenaire mieux assorti parmi ces m&#233;lodies &#233;trang&#232;res. Ajoutons que ces m&#234;mes pays ont produit ces derni&#232;res ann&#233;es des recueils contenant un nombre important de compositions plus r&#233;centes, tels que par exemple les trois recueils de Jesu Name nie verklinget et les Youth Praise, dont plusieurs m&#233;riteraient d'&#234;tre adapt&#233;s en fran&#231;ais. L'avantage d'une traduction r&#233;cente serait d'avoir des textes d&#233;pourvus des archa&#239;smes qui d&#233;parent bien des cantiques du pass&#233;.</p>
	<p>Pour le culte, il faudrait donner une place particuli&#232;re aux psaumes qui ont &#233;t&#233;, de tous temps, les porteurs de la louange comme de la supplication des assembl&#233;es de croyants : psaumes huguenots, psaumes de Goudimel, adaptations modernes comme dans Psalm Praise, (Falcon, London 1973) chants altern&#233;s, etc. Les textes des cantiques de l'&#201;glise primitive (voir en Phil. 2, Col. 1 et 2, Apoc.) et des pri&#232;res de l'&#201;glise ancienne (Didach&#233;, &#233;crits des P&#232;res apostoliques, Gloria, etc.) fourniraient aux po&#232;tes la mati&#232;re de cantiques r&#233;pondant aux besoins des chr&#233;tiens d'aujourd'hui qui sont les m&#234;mes que ceux de tous les temps.</p>
	<p>Que Dieu nous aide &#224; g&#233;rer le patrimoine re&#231;u de nos p&#232;res avec la libert&#233; des fils de la maison !</p>
	<p>2. Exploiter le tr&#233;sor musical folklorique</p>
	<p>Une autre veine &#224; exploiter musicalement serait le folklore. Le cas des &#201;tats-Unis est frappant o&#249; le folksong conna&#238;t actuellement une vogue sans pr&#233;c&#233;dent : d'anciennes m&#233;lodies populaires de l'Ouest sont exhum&#233;es - ou imit&#233;es - &#233;voquant avec nostalgie un pass&#233; lointain et idyllique. Il y a l&#224; une r&#233;serve de choix pour les po&#232;tes &#233;vang&#233;liques en qu&#234;te de musique, car ces m&#233;lodies populaires plongent leurs racines dans le subconscient collectif d'un peuple et font vibrer une corde sensible en chacun de nous.</p>
	<p>Mais il ne faut pas se contenter du folklore d'un seul pays : les vieilles chansons populaires de France, d'Italie, d'Espagne, d'Angleterre rec&#232;lent certainement des m&#233;lodies dignes d'&#234;tre reprises par de jeunes voix d&#233;sireuses de louer le Seigneur.</p>
	<p>Des tr&#233;sors cach&#233;s</p>
	<p>L&#224; aussi, une exploration des biblioth&#232;ques musicales des Conservatoires apporterait des moissons valables. Et pourquoi ne pas fouiller, par la m&#234;me occasion, les collections de canons des grands ma&#238;tres pour enrichir ce genre particuli&#232;rement adapt&#233; &#224; un chant improvis&#233; &#224; plusieurs voix ? Avec un peu d'ing&#233;niosit&#233; et de pers&#233;v&#233;rance, il devrait donc &#234;tre facile d'enrichir nos hymnologies de cantiques de valeur en utilisant les proc&#233;d&#233;s m&#234;mes qui ont assur&#233; le succ&#232;s des chants religieux du pass&#233;. En retrouvant, comme Luther, "la veine populaire du sentiment religieux et de l'adoration", on renouerait avec une tradition qui s'est perdue dans l'&#201;glise o&#249;, "sous l'influence d'un si&#232;cle entier de musique de concert, le choral a rapidement oubli&#233; les sources populaires. Mais la perte de contact avec la chanson lui deviendra fatale" (Marc Honegger, P M. 50 p. 75,101).</p>
	<p>Enfin, en poussant la recherche encore plus loin, on pourrait aussi tenter d'assimiler quelques chants de tradition africaine qui ont pass&#233; avec tant de bonheur dans l'hymnologie des &#233;glises de l&#224;-bas.</p>
	<p>3. Cr&#233;er du neuf</p>
	<p>a) Cr&#233;ativit&#233; des R&#233;veils</p>
	<p>Quand on consid&#232;re le pass&#233; de l'&#201;glise, on est frapp&#233; par l'ampleur de sa cr&#233;ativit&#233; hymnologique. Chaque p&#233;riode a eu ses cantiques &#224; elle, r&#233;pondant aux aspirations et au go&#251;t du moment. Les p&#233;riodes les plus productives ont &#233;t&#233; celles des r&#233;veils de la foi et de la pi&#233;t&#233;. La R&#233;forme a &#233;t&#233; l'une d'elles : aux XVIe et XVIIe si&#232;cles, on assiste &#224; une prolif&#233;ration &#233;tonnante ; comme le dit Marc Honegger, "&#224; la mort de Luther en 1546, le nombre des m&#233;lodies de chorals &#233;tait infime... en 1697, un immense recueil de huit volumes publi&#233; &#224; Leipzig en contenait pr&#232;s de 5 000." (P.M. p. 75). Une autre vague a &#233;t&#233; celle du R&#233;veil. A lui seul, le m&#233;thodisme a enrichi l'hymnologie anglaise de plus de 6 500 cantiques ! Il en fut de m&#234;me du R&#233;veil am&#233;ricain qui nous a donn&#233; les hymnes inoubliables de Ph. Bliss et I. Sankey ("Songs and solos" contient plusieurs milliers de cantiques) ainsi que du R&#233;veil de Gen&#232;ve (C&#233;sar Malan, &#224; lui seul, en composa plus de 1000). De tels faits nous laissent songeurs : notre g&#233;n&#233;ration se laissera-t-elle saisir par une sainte jalousie et rel&#232;vera-t-elle le d&#233;fi de ses p&#232;res?</p>
	<p>b) &#201;duquer et d&#233;velopper la cr&#233;ativit&#233;</p>
	<p>Disons d'abord que toute revalorisation de la musique &#233;vang&#233;lique implique une &#233;ducation musicale, et chacun sait qu'une telle &#233;ducation commence t&#244;t. Les parents chr&#233;tiens ne devraient pas h&#233;siter &#224; donner &#224; leurs enfants une formation ad&#233;quate, sachant que c'est l&#224; un placement qui donnera plus tard des fruits dans l'&#339;uvre du Seigneur. C'est aussi le moment o&#249; la cr&#233;ativit&#233; peut &#234;tre d&#233;velopp&#233;e, car l'enfant n'a pas encore les r&#233;actions de la plupart des adultes qui l'ont bloqu&#233;e par un amour-propre mal plac&#233; ("ce que je fais ne vaut rien..." , "on se moquerait de moi... "). II existe maintenant des m&#233;thodes de solf&#232;ge et d'&#233;ducation musicale qui visent &#224; d&#233;velopper l'improvisation et la composition (Willems, Orff). Or, un don cultiv&#233; &#224; temps peut esp&#233;rer produire un jour des &#339;uvres valables susceptibles de rivaliser avec des cr&#233;ations professionnelles.</p>
	<p>Le prix &#224; payer</p>
	<p>"Un chr&#233;tien doit chercher &#224; bien faire tout ce qu'il fait, disait un jour Edmond de Pressenss&#233;. II lui est facile de ne pas composer des vers, mais s'il en fait, qu'il se soumette &#224; la r&#232;gle." Sommes-nous pr&#234;ts &#224; payer le prix pour le service du Seigneur ou bien nous contenterons-nous de l'improvisation et du bricolage ? Encourageons-nous les jeunes &#224; profiter des nombreuses occasions offertes actuellement &#224; ceux qui d&#233;sirent se former sur tous les plans (musique instrumentale, direction chorale, harmonisation, etc.) - ou du moins, &#224; faire l'effort n&#233;cessaire pour apprendre &#224; d&#233;chiffrer correctement un chant afin de ne pas se limiter d'embl&#233;e &#224; ceux que l'on peut apprendre par audition ?</p>
	<p>Nous pouvons &#234;tre d'autant plus exigeants que le but &#224; poursuivre ne requiert pas obligatoirement qu'on ait atteint les hauts sommets de la technique musicale. Signalons &#224; titre d'exemple un essai qui m&#233;riterait d'&#234;tre creus&#233;.</p>
	<p>Une exp&#233;rience &#224; imiter</p>
	<p>Dans une &#233;cole biblique allemande, des &#233;tudiants, apr&#232;s une &#233;tude biblique, se sont partag&#233;s en trois groupes ; l'un d'eux concr&#233;tisait les pens&#233;es des participants dans des textes en po&#233;sie et en prose, le deuxi&#232;me les exprimait par des arts picturaux, le troisi&#232;me les mettait en musique. Ils s'attendaient vraiment &#224; recevoir la m&#233;lodie comme un cadeau de Dieu... ce qui ne les emp&#234;cha pas de composer d'abord un texte r&#233;sumant le message de l'&#233;tude biblique, de l'analyser (syllabes fortes et faibles, pens&#233;es &#224; souligner par des notes plus hautes ou plus longues) et puis de composer la musique phrase par phrase pour en faire un ensemble coh&#233;rent (Offene T&#252;ren, nov.- d&#233;c.1977, Missionshaus Bibelschule Wiedenest, p. 25).</p>
	<p>On sait par une lettre de Pline que les premiers chr&#233;tiens pratiquaient une sorte de psalmodie alternante qui se d&#233;roulait comme un dialogue entre l'officiant et l'assembl&#233;e. C'est le style qui se pr&#234;te le mieux &#224; l'improvisation puisqu'il laisse au meneur le temps de modeler la phrase suivante sur les paroles (comme cela se pratique encore dans les &#233;glises noires am&#233;ricaines). Je me souviens moi-m&#234;me d'un voyage &#224; travers la savane du Mali o&#249;, avec une demi-douzaine de fr&#232;res africains, nous improvisions sur des centaines de kilom&#232;tres des chants antiphon&#233;s.</p>
	<p>c) Encourager les artistes que Dieu nous donne</p>
	<p>Contrairement &#224; ce que l'on pense, le probl&#232;me de la cr&#233;ation musicale est autant un probl&#232;me collectif qu'individuel. Certes, un grand artiste n'attendra pas, pour exprimer ce qui bouillonne en lui, que le milieu ambiant soit favorable &#224; sa production. Mais les grands artistes sont rares, et les autres - pour lesquels nous devons &#234;tre reconnaissants - ont besoin d'&#234;tre stimul&#233;s par le public auquel ils s'adressent. Si ceux qui existent parmi les chr&#233;tiens ne sont que tol&#233;r&#233;s ou subis, au lieu d'&#234;tre encourag&#233;s, ils peuvent &#234;tre tent&#233;s de chercher le succ&#232;s aupr&#232;s d'autres auditoires. Ne nous plaignons pas alors de leur d&#233;sertion - qui aura comme corollaire la pauvret&#233; de notre chant religieux!</p>
	<p>Aussi, l'&#201;glise d'aujourd'hui devrait, avant toute chose, prier pour que Dieu lui accorde des dons musicaux : chanteurs, instrumentistes, compositeurs, qui soient pr&#234;ts &#224; mettre leur art au service de Dieu - sans oublier de remercier pour ceux que Dieu a d&#233;j&#224; donn&#233;s, de les aider et de les soutenir dans leur t&#226;che.</p>
	<p>d) Priorit&#233; du chant en commun</p>
	<p>Si Dieu donne des musiciens de talent &#224; l'&#201;glise, ce n'est pas pour r&#233;duire au silence les autres fid&#232;les. Il est clair que, dans l'assembl&#233;e, la musique est l'affaire de tous. Rien ne remplacera le chant en commun.</p>
	<p>Ce fut l'une des grandes innovations de la R&#233;forme. Luther l'associa d&#232;s le d&#233;but au culte pour que l'assembl&#233;e puisse y participer activement. En entendant les paroisses luth&#233;riennes de Strasbourg chanter leurs chorals, Calvin se persuada de la valeur spirituelle du chant pour la communaut&#233; et, revenant &#224; Gen&#232;ve, il int&#233;gra le chant des psaumes au culte r&#233;form&#233;. Malheureusement, les &#233;glises de la R&#233;forme devaient suivre, par la suite, la m&#234;me &#233;volution que l'&#201;glise romaine au Moyen-&#226;ge : le chant de toute l'assembl&#233;e fut peu &#224; peu remplac&#233; par celui d'une chorale plus qualifi&#233;e, que les fid&#232;les se contentaient d'&#233;couter. C'est un peu ce que nous voyons aujourd'hui avec les groupes musicaux &#233;vang&#233;liques qui se multiplient (t&#233;moignant ainsi d'un renouveau musical &#233;vang&#233;lique tr&#232;s r&#233;el), mais qui produisent des compositions destin&#233;es &#224; &#234;tre chant&#233;es devant un grand public par un groupe sp&#233;cialis&#233;. L'un de ces jeunes d&#233;clarait : "Nous devons continuer &#224; composer de la musique pour l'&#233;vang&#233;lisation, mais nous devrions penser aussi &#224; fournir au peuple de Dieu une musique qui l'aide &#224; exprimer sa foi." (Semailles et Moisson, mars 1977, p. 39)</p>
	<p>Dans ce cas, il faudrait donner la primaut&#233; aux lignes m&#233;lodiques simples et homog&#232;nes, aux rythmes faciles et aux paroles susceptibles d'exprimer les sentiments et les aspirations de beaucoup de chr&#233;tiens. Il pourrait s'agir tout simplement d'un cantique ancien bien connu &#224; qui l'on donnerait une nouvelle m&#233;lodie. Ou encore de petits ch&#339;urs vite appris ou de canons entonn&#233;s d'abord par quelques choristes puis repris par tous.</p>
	<p>On ne le dira jamais assez : tant que le renouveau musical restera en de&#231;&#224; du chant communautaire, quels que soient ses apports et ses nouveaut&#233;s, il manquera son but. Car le dessein de Dieu est toujours le Corps du Christ, son &#233;dification et son expression. Lui seul est "la pl&#233;nitude de Celui qui remplit tout et en tous" (Eph.1:23) et qui donne donc son sens &#224; la musique de l'&#201;glise. C'est l'ensemble du Corps des rachet&#233;s de l'Ancienne et de la Nouvelle Alliance qui chantera le cantique nouveau devant le tr&#244;ne de l'Agneau (Apoc. 5:8-10;15:2-4).</p>
	<p>Cet article a &#233;t&#233; reproduit avec la permission de M. Alfred Kuen et de M. Charles Eberli. C'est le chapitre 5 du livre "Oui &#224; la musique"
</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6&amp;title=les_instruments_dans_l_eglise&amp;more=1&amp;c=1&amp;tb=1&amp;pb=1">
	<title>Les instruments dans l'&#233;glise</title>
	<link>http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6&amp;title=les_instruments_dans_l_eglise&amp;more=1&amp;c=1&amp;tb=1&amp;pb=1</link>
	<dc:date>2007-01-01T14:27:40Z</dc:date>
	<dc:creator>symphonique</dc:creator>
	<dc:subject>Minist&#232;re de louange</dc:subject>
	<description>Par M. Alfred Kuen

Nous avons vu plus haut qu'au temps de David et de Salomon, de nombreux instrumentistes rehaussaient le culte dans le Temple, mais parmi les huit groupes d'instruments, quatre seulement &#233;taient utilis&#233;s dans le sanctuaire et seuls les L&#233;vites et les pr&#234;tres avaient le droit d'en jouer lors des offices.

Nous sommes, en fait, plac&#233;s devant deux questions :

Peut-on utiliser des instruments pour accompagner les chants - et si oui : lesquels ?
Est-il opportun de faire de la musique purement instrumentale &#224; l'&#233;glise ?


1. Accompagnement

a ) Doit-on accompagner les cantiques ?

Cette question a &#233;t&#233; r&#233;solue par l'affirmative dans la plupart des &#233;glises chr&#233;tiennes. Notons toutefois que le vrai chant gr&#233;gorien ainsi que la plupart des motets polyphoniques se chantent a capella. Certaines &#233;glises &#233;vang&#233;liques sont &#233;galement oppos&#233;es &#224; l'accompagnement instrumental. Ces derni&#232;res pr&#233;sentent &#224; l'appui de leur pratique les arguments suivants.

Les raisons contre : 

Dans tous les passages consacr&#233;s dans le N. T. &#224; la musique, il est seulement question de chanter, jamais de jouer d'un instrument. (Psall&#244; a bien le sens de jouer d'un instrument, dit-on, mais il a aussi quatre autres sens, or seul celui qui s'accorde avec les autres donn&#233;es du N. T. peut-&#234;tre retenu, c'est &#224; dire "toucher les cordes du c&#339;ur humain, chanter les louanges de Dieu"). Le silence du NT nous lie autant que ses d&#233;clarations explicites.
C'est transgresser la volont&#233; de Dieu que d'aller "au-del&#224; de ce qui est &#233;crit" (1 Cor. 4:6).
Lorsque Dieu nous dit "Chantez", cela restreint l'application &#224; la musique vocale - comme "Fais-toi une arche en bois de gopher" (Gen. 6:14) excluait toute autre esp&#232;ce de bois.
La mention d'instruments dans le culte de l'ancienne alliance ne signifie pas que nous puissions nous en servir dans nos r&#233;unions - pas plus que la mention des sacrifices ne justifierait leur introduction dans nos cultes.
D'&#233;minents serviteurs de Dieu se sont prononc&#233;s contre l'utilisation d'instruments dans le culte. Jean Calvin l'a mis au m&#234;me rang que les autres rites de l'ancienne alliance (Commentaire du Ps. 23). John Wesley a dit qu'il ne voyait pas d'objection &#224; ce que l'on ait des instruments de musique dans leurs chapelles "pourvu qu'ils ne soient ni vus ni entendus" (cit&#233; par A. Clarke, Commentary Vol. IV p. 686). Luther appelait l'orgue "un embl&#232;me de Baal" et John Knox le qualifiait de "caisse de sifflets". C. H. Spurgeon ne s'est jamais servi d'instrument dans son Metropolitan Baptist Tabernacle (Leroy Bronlow 45 p.176-185). C'est pourquoi les membres de ces &#233;glises ne chantent jamais avec un accompagnement instrumental.

Peu apr&#232;s la guerre, certains soldats appartenant &#224; l'une de ces d&#233;nominations stationn&#233;es dans la r&#233;gion de Francfort firent quelque 300 km pour venir assister au culte dans une &#233;glise de Strasbourg figurant sur leur annuaire. Arriv&#233;s dans la cour, ils entendent chanter... avec accompagnement de piano. "Nous nous sommes tromp&#233;s !" Ils ressortent pour v&#233;rifier l'adresse. "Non, c'est bien juste, mais cela ne peut &#234;tre une &#233;glise comme les n&#244;tres ! Que faire ? Retourner &#224; Francfort ?" Ils choisissent d'assister au culte puis de demander des explications. On peut supposer qu'elles leur ont paru satisfaisantes puisqu'ils sont revenus r&#233;guli&#232;rement chaque dimanche. Pour leur permettre de s'associer &#224; leur chant, les membres de l'&#233;glise ont renonc&#233; &#224; l'accompagnement chaque fois que le cantique &#233;tait suffisamment connu, et les voix des visiteurs se joignaient aux leurs, sonores et enthousiastes. Mais si, pour un autre chant moins connu, on se mettait au piano, ces amis restaient muets comme des carpes. Honneur &#224; leur conviction et &#224; leur fid&#233;lit&#233; (cf. J&#233;r. 35).

Ils ne sont pas les seuls qui ont des r&#233;ticences &#224; l'&#233;gard des instruments de musique "invent&#233;s par un descendant de Ca&#239;n" et de leur usage dans des r&#233;unions chr&#233;tiennes. Dans certains milieux, l'harmonium ou le piano sont tol&#233;r&#233;s pour l'&#233;vang&#233;lisation, mais pudiquement recouverts pour le culte. Que r&#233;pondre &#224; ces arguments ?


Les raisons pour :

Le culte chr&#233;tien primitif s'est calqu&#233; non sur celui du Temple, mais sur les r&#233;unions de la synagogue. On sait que celle-ci est n&#233;e durant l'exil du peuple de Juda &#224; Babylone pour permettre la pri&#232;re en commun et la lecture des &#201;critures. Ce temps &#233;tait une &#233;poque de deuil pour le peuple. Les instruments de musique, signes de la joie (Es. 24:8), &#233;taient bannis (Ps. 137:1-2). On prit donc l'habitude du chant a capella - qui s'est perp&#233;tu&#233; dans les synagogues jusqu'&#224; nos jours.

Les P&#232;res de l'&#201;glise &#233;taient oppos&#233;s aux instruments de musique &#224; cause de leur usage dans les temples pa&#239;ens, dans les th&#233;&#226;tres et les cirques, lieux qu'un chr&#233;tien ne fr&#233;quentait plus et que rien ne devait lui rappeler.

Le sens premier du verbe psall&#244; est, comme nous l'avons vu plus haut : "toucher les cordes d'un instrument de musique, c'est &#224; dire faire de la musique instrumentale". Si Paul utilise ce terme, pourquoi, au lieu du sens habituel : chanter des psaumes avec des instruments de musique, lui pr&#233;f&#233;rer ici un sens figur&#233; qui ne cadre gu&#232;re avec l'exhortation pratique de l'ap&#244;tre ?

Respecter un commandement de Dieu donn&#233; dans la Bible n'est certainement pas aller "au-del&#224; de ce qui est &#233;crit ". Or, pour l'usage des instruments de musique, nous avons dans l'&#201;criture des indications pr&#233;cises qui restent aussi valables que les dix commandements, les exhortations des Psaumes et bien d'autres principes de vie qui sont enseign&#233;s par les "saintes lettres" de l'ancienne alliance et qui n'ont pas &#233;t&#233; explicitement abolis dans le N. T. (comme les sacrifices et d'autres lois rituelles : H&#233;b. 8:7-10 ; 25 ; Gal. 3-4).

Les r&#233;ticences des serviteurs de Dieu qui se sont exprim&#233;s contre l'usage des instruments de musique se justifiaient sans doute par les abus de leur temps o&#249; la musique instrumentale occupait une place indue dans le culte et tendait &#224; remplacer le chant de la congr&#233;gation. Nous devons nous laisser avertir par les d&#233;viations qu'ils ont combattues, mais nous ne sommes pas li&#233;s par leur avis. D'autres chr&#233;tiens &#233;minents avaient l&#224;-dessus des opinions diff&#233;rentes.

Certes, le chant a capella a une beaut&#233; et un pouvoir particuliers - &#224; condition d'&#234;tre puissant et juste. Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas. Comme nous ne sommes pas n&#233;cessairement li&#233;s par les raisons qui, aux premiers si&#232;cles, ont fait bannir les instruments des &#233;glises, il vaut mieux recourir &#224; un bon accompagnement que de faire entendre un chant h&#233;sitant ou malsonnant.

b) Quels instruments ? 

Nous avons vu que, sous l'ancienne alliance, on utilisait des instruments &#224; vent, &#224; cordes et &#224; percussion dans le culte, m&#234;me si tous les instruments de ces diff&#233;rentes cat&#233;gories n'avaient pas acc&#232;s au sanctuaire. Au Moyen-&#194;ge, on entendait &#233;galement des violes et des trompettes dans les &#233;glises. L'orgue apparut vers le Xe si&#232;cle et, peu &#224; peu, d&#233;tr&#244;na tous les autres instruments, au point qu'aujourd'hui certains fid&#232;les estiment inconvenant d'utiliser autre chose pour accompagner le chant dans la maison de Dieu. Souvenons-nous toutefois qu'il est le dernier-venu des diff&#233;rents instruments d'accompagnement - qu'il essaie d'ailleurs d'imiter, (surtout depuis le XIXe si&#232;cle), d'o&#249; les noms des registres : trompette, tuba, viole de gambe, fl&#251;te, voix c&#233;lestes ( = imitant le c&#233;lesta), clarinette, etc. Jusqu'&#224; la fin du XVe si&#232;cle, on voit sur les repr&#233;sentations de cultes au ciel des anges jouant du psalt&#233;rion, de la harpe, du plectre, des violes et des fl&#251;tes. Au d&#233;but d'ailleurs, l'orgue jouait seulement la voix du t&#233;nor, les chantres ex&#233;cutant les autres voix. &#192; c&#244;t&#233; de ces orgues assez rudimentaires, on entendait toujours les saqueboutes (trombones) et les chalmeyes (chalumeaux), les trompettes, violes, tambourins et harpes.

Dans les assembl&#233;es &#233;vang&#233;liques, le traditionnel harmonium &#224; p&#233;dales (la "pompe &#224; cantiques") a c&#233;d&#233; la place &#224; l'orgue &#233;lectronique. Ce dernier a d'embl&#233;e acquis droit de cit&#233; par sa ressemblance avec le roi des instruments. Dans les orgues de qualit&#233; (plus proches du synth&#233;tiseur que de l'orgue classique), l'imitation des diff&#233;rents instruments est de plus en plus parfaite (certains mod&#232;les fonctionnant avec de vrais enregistrements des instruments originaux). Alors pourquoi bannir les instruments eux-m&#234;mes du culte ? Relisons le Ps. 150 qui nous exhorte &#224; louer l'&#201;ternel au son de la trompette, du luth et de la harpe, du tambourin, des instruments &#224; cordes, du chalumeau et des cymbales retentissantes.

Ces derni&#232;res ann&#233;es, divers instruments ont fait leur r&#233;apparition dans les cultes. On revoit des guitares, des fl&#251;tes, des violons, des trompettes se joindre &#224; l'orgue ou au piano pour l'accompagnement des cantiques. En Angleterre, le mouvement semble &#234;tre parti de l'&#233;glise All Souls en 1972 o&#249; tous ceux qui savaient jouer d'un instrument &#233;taient invit&#233;s &#224; l'apporter au culte. Une fois par mois, on organisait une r&#233;p&#233;tition. Cet orchestre de quelque 70 musiciens joue aussi la musique avant ou pendant le culte. Pour certains morceaux, l'orchestre, la chorale et l'assembl&#233;e s'unissent pour la louange. Une fois par an, on donne un concert. Dans beaucoup d'autres &#233;glises, l'habitude s'est r&#233;pandue d'associer tous les instrumentistes volontaires au chant communautaire (voir Mary Endersbee : "Music on a different scale" Today Nov.1983 p. 245).

Accompagner des cantiques demande beaucoup de qualit&#233;s : la ma&#238;trise de son instrument, des notions musicales pour transposer au piano ou &#224; l'orgue les indications d'accords de guitare trouv&#233;es dans les nouveaux recueils, de l'humilit&#233; pour ne pas dominer le chant et de la fermet&#233; pour le conduire au lieu de le suivre ; si possible, la capacit&#233; d'improviser pour introduire les chants et de transposer un ou deux tons plus bas, Dans les chants spontan&#233;s, un bon accompagnateur rep&#232;re la tonalit&#233; du chant et prend "le train en marche". Pour donner plus d'assise &#224; son jeu, il double les basses au piano et reprend la voix du t&#233;nor de la main droite. Il adapte son jeu au caract&#232;re et au style du cantique, sobre dans les chorals et les psaumes, avec des harmonies classiques dans les chants du R&#233;veil, des sonorit&#233;s modernes et un soubassement rythmique solide dans les chants actuels. Par contre, il &#233;vitera toute fioriture qui ne servirait qu'&#224; le mettre en &#233;vidence au d&#233;triment de l'attention vou&#233;e au texte du cantique. Si le pianiste prend l'habitude de chanter les cantiques tout en accompagnant, il &#233;vitera d'acc&#233;l&#233;rer ind&#251;ment le rythme ou d'escamoter les pauses respiratoires entre les phrases musicales. En m&#234;me temps, il profitera davantage du contenu spirituel des cantiques.

Tout cela nous met &#224; c&#339;ur l'importance d'une formation musicale donn&#233;e d&#232;s le jeune &#226;ge aux enfants des chr&#233;tiens si l'on veut disposer en tout temps d'accompagnateurs qualifi&#233;s dans les r&#233;unions. La guitare est un excellent instrument pour l'accompagnement des chants modernes ; par contre, pour les cantiques classiques, rien ne vaut l'orgue ou le piano.

2) Musique instrumentale dans l'&#233;glise ?

La musique par elle-m&#234;me peut nous parler ; elle est, comme nous l'avons vu, un langage qui va au-del&#224; des paroles et qui peut transmettre un message. Elle nous atteint globalement et influence nos sentiments et notre &#233;tat d'&#226;me. Elle cr&#233;e une ambiance et peut favoriser la r&#233;flexion. Elle peut refl&#233;ter certaines qualit&#233;s de Dieu : (puissance, harmonie, paix...) et exprimer les sentiments du chr&#233;tien (confiance, joie, assurance...). Mais elle a aussi ses limites : suivant ma culture et ma sensibilit&#233; musicale, je suis plus ou moins accessible &#224; son message. Elle sugg&#232;re des sentiments plut&#244;t que des pens&#233;es, c'est pourquoi chacun met sous la m&#234;me musique ce qui remplit son c&#339;ur.

a) Le pr&#233;lude

Le jeu instrumental traditionnellement admis &#224; l'&#233;glise est le pr&#233;lude d'orgue, &#233;ventuellement le postlude et l'interlude apr&#232;s la pr&#233;dication. Ces traditions ont &#233;t&#233; reprises en tout ou en partie dans certaines &#233;glises &#233;vang&#233;liques. Quelle est leur fonction ? Le pr&#233;lude est cens&#233; pr&#233;parer l'esprit du fid&#232;le, il le fait entrer dans une ambiance de calme et de recueillement favorable &#224; l'adoration.

Jamais je n'ai ressenti cet effet avec autant d'acuit&#233; que dans une &#233;glise situ&#233;e en plein c&#339;ur du quartier mal fam&#233; d'Amsterdam. Apr&#232;s la conf&#233;rence du soir du Congr&#232;s d'&#233;vang&#233;lisation de 1971, nous nous &#233;tions rendus &#224; la demande du Pasteur Boyten dans sa maison servant de sanctuaire. Apr&#232;s avoir travers&#233; ce secteur abandonn&#233; aux *****-shops, maisons de prostitution et cin&#233;s pornos d&#233;versant leurs musiques agressives, nous avons p&#233;n&#233;tr&#233; dans un havre de paix o&#249; un jeu d'orgue cr&#233;ait une atmosph&#232;re de s&#233;r&#233;nit&#233;. Nous avons tous senti la n&#233;cessit&#233; et le bienfait de ce "sas" d'harmonie pour pr&#233;parer notre esprit au culte qui allait suivre.

Nous apportons &#224; l'&#233;glise nos excitations de la vie quotidienne, nos pr&#233;occupations de la semaine, parfois aussi notre &#233;nervement du dimanche matin. Nous avons besoin d'un temps de transition pour laisser d&#233;canter tout cela avant de nous pr&#233;senter devant l'&#201;ternel. Le pr&#233;lude instrumental peut en &#234;tre l'occasion - &#224; condition d'&#234;tre adapt&#233; &#224; cette fonction et &#233;cout&#233; avec recueillement. S'il est seulement consid&#233;r&#233; comme moyen d'&#233;tablir le silence, d'attendre les retardataires ou m&#234;me de terminer tranquillement ses bavardages, il passe &#224; c&#244;t&#233; du but. Plut&#244;t demander un moment de silence de quelques minutes !

&#192; quelles conditions un pr&#233;lude remplira-t-il bien sa fonction ? Qu'il soit sobre et &#233;vite d'attirer l'attention sur la musique ou le musicien (les morceaux de virtuosit&#233; ont leur place au concert non &#224; l'&#233;glise), de style plus classique que moderne (les dissonances forcent aussi l'attention), convenant &#224; la majorit&#233; de l'auditoire, ne choquant personne, cr&#233;ant une atmosph&#232;re de calme favorable &#224; l'adoration. Parfois, le simple jeu d'un ou de deux cantiques remplira cet office. A ceux qui en connaissent les paroles, il sugg&#233;rera en m&#234;me temps des pens&#233;es propres &#224; les &#233;difier et &#224; susciter leurs louanges.

b) L'interlude

Faut-il un jeu instrumental apr&#232;s le message ? Sa fonction est, en principe, de cr&#233;er une plage neutre donnant du temps pour m&#233;diter les paroles entendues. L'id&#233;al serait qu'il les prolonge en exprimant le m&#234;me message sous une autre forme. Rares sont cependant les organistes capables d'improviser un morceau exprimant, sous une forme compr&#233;hensible, leur r&#233;action personnelle au message. Il leur faudrait donc s'enqu&#233;rir du th&#232;me de la pr&#233;dication et choisir - et trouver - dans leur litt&#233;rature un morceau appropri&#233;. Inutile de dire que ces conditions sont rarement r&#233;unies.

Faut-il donc renoncer &#224; cet interlude ? Oui, s'il ne reste pas dans les limites assez restreintes du genre, c'est &#224; dire un morceau tr&#232;s sobre, presque neutre, n'imposant pas un message propre (sauf s'il va bien dans le m&#234;me sens que la pr&#233;dication), ne mettant pas l'instrumentiste en avant, cr&#233;ant simplement une ambiance favorable &#224; la m&#233;ditation. Quelqu'un disait "Je n'aime pas la musique &#224; l'&#233;glise : quand elle est bonne, elle capte mon attention et la d&#233;tourne de Dieu, quand elle est mauvaise, elle me crispe". Jugement certainement excessif, mais qui nous indique deux &#233;cueils &#224; &#233;viter : l'art pour l'art, et la m&#233;diocrit&#233;. Parfois, il vaut mieux ne pas se pr&#233;cipiter sur une musique de fond pour laisser l'Esprit agir dans le silence. Ne fixons pas non plus de r&#232;gles intangibles: toujours un interlude instrumental, toujours un jeu d'orgue, toujours le m&#234;me style.

La musique instrumentale peut aussi prendre la forme d'un solo autre qu'un jeu d'orgue. Je me souviendrai toujours d'un culte lors d'un rassemblement de quelque 8 000 jeunes venus de tous les pays d'Europe. L'un des points culminants de l'adoration fut le moment o&#249; toute l'assembl&#233;e s'est lev&#233;e pour entendre un jeu tr&#232;s simple sur une guitare et apporter &#224; Dieu, en harmonie avec le musicien, les sentiments de louange qu'il exprimait sur son instrument. La musique n'est pas un bouche-trou ou un simple ornement du culte. Elle peut-&#234;tre une sorte de pri&#232;re sans parole, une offrande &#224; Dieu des sentiments du c&#339;ur.

D&#232;s que plusieurs instrumentistes concourent &#224; ce moment de m&#233;ditation musicale, les pr&#233;cautions &#224; prendre pour sauvegarder le recueillement du culte se multiplient : &#233;viter les d&#233;rangements dus &#224; la mise en place des pupitres, &#224; l'accordage des instruments, aux d&#233;calages entre eux. C'est pourquoi, pour les trios, quatuors et autres morceaux d'ensemble, il est essentiel d'&#234;tre parfaitement au point avant la r&#233;union, d'avoir dispos&#233; et accord&#233; les instruments autant que faire se peut, ou sinon, de r&#233;server ces contributions pour une autre rencontre.

c) Le postlude

Le postlude correspond &#224; un temps de pr&#233;paration pour retrouver le monde quotidien, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; enrichi par le culte v&#233;cu en commun. Il peut constituer l'occasion d'une derni&#232;re halte pour se recueillir avant de retourner dans le monde et mettre en pratique la Parole entendue. Il le sera seulement s'il est &#233;cout&#233; en silence, sinon il sera "beaucoup de bruit pour rien".

d) D'autres occasions de musique instrumentale

Ces occasions se pr&#233;sentent dans diff&#233;rentes r&#233;unions de la vie de l'&#233;glise, rencontres de familles, de jeunes, agapes, f&#234;tes diverses... o&#249; chacun contribue "selon le don re&#231;u". Il y a aussi les r&#233;unions sp&#233;ciales (conf&#233;rences, &#233;vang&#233;lisation) o&#249; la musique apporte un t&#233;moignage, un message sans paroles refl&#233;tant l'&#233;tat d'&#226;me int&#233;rieur d'un chr&#233;tien, si possible aussi une preuve de l'exigence de qualit&#233; des chr&#233;tiens.

Les "concerts spirituels" sont des occasions d'atteindre des gens ext&#233;rieurs &#224; l'&#233;glise, &#224; condition d'offrir un programme de qualit&#233; autant par le contenu que par l'ex&#233;cution. Le groupe instrumental intitul&#233; "Les musiciens du Roi" a donn&#233; sous ce rapport un excellent exemple, entrecoupant les morceaux de musique par des pr&#233;sentations des compositeurs ou de leurs &#339;uvres et par des t&#233;moignages personnels. La discr&#233;tion de ces derniers, la modestie des musiciens et la qualit&#233; "professionnelle" des prestations ont impressionn&#233; tr&#232;s favorablement un auditoire tr&#232;s m&#233;lang&#233; attir&#233; par un programme de choix.

N'oubliez pas : d&#232;s que vous sortez du local cultuel, toute ex&#233;cution publique de musique r&#233;cente (c'est &#224; dire dont le compositeur est mort depuis moins de 70 ans) est soumise au paiement de droits aupr&#232;s de la SACEM (de la SUIZA en Suisse). Renseignez-vous au pr&#233;alable pour ne pas vous trouver dans une situation irr&#233;guli&#232;re qui pourrait vous co&#251;ter cher.

Cet article a &#233;t&#233; reproduit avec la permission de M. Alfred Kuen et de M. Charles Eberli.</description>
	<content:encoded><![CDATA[	<p>Par M. Alfred Kuen</p>
	<p>Nous avons vu plus haut qu'au temps de David et de Salomon, de nombreux instrumentistes rehaussaient le culte dans le Temple, mais parmi les huit groupes d'instruments, quatre seulement &#233;taient utilis&#233;s dans le sanctuaire et seuls les L&#233;vites et les pr&#234;tres avaient le droit d'en jouer lors des offices.</p>
	<p>Nous sommes, en fait, plac&#233;s devant deux questions :</p>
	<p>Peut-on utiliser des instruments pour accompagner les chants - et si oui : lesquels ?<br />
Est-il opportun de faire de la musique purement instrumentale &#224; l'&#233;glise ?</p>
	<p>1. Accompagnement</p>
	<p>a ) Doit-on accompagner les cantiques ?</p>
	<p>Cette question a &#233;t&#233; r&#233;solue par l'affirmative dans la plupart des &#233;glises chr&#233;tiennes. Notons toutefois que le vrai chant gr&#233;gorien ainsi que la plupart des motets polyphoniques se chantent a capella. Certaines &#233;glises &#233;vang&#233;liques sont &#233;galement oppos&#233;es &#224; l'accompagnement instrumental. Ces derni&#232;res pr&#233;sentent &#224; l'appui de leur pratique les arguments suivants.</p>
	<p>Les raisons contre : </p>
	<p>Dans tous les passages consacr&#233;s dans le N. T. &#224; la musique, il est seulement question de chanter, jamais de jouer d'un instrument. (Psall&#244; a bien le sens de jouer d'un instrument, dit-on, mais il a aussi quatre autres sens, or seul celui qui s'accorde avec les autres donn&#233;es du N. T. peut-&#234;tre retenu, c'est &#224; dire "toucher les cordes du c&#339;ur humain, chanter les louanges de Dieu"). Le silence du NT nous lie autant que ses d&#233;clarations explicites.<br />
C'est transgresser la volont&#233; de Dieu que d'aller "au-del&#224; de ce qui est &#233;crit" (1 Cor. 4:6).<br />
Lorsque Dieu nous dit "Chantez", cela restreint l'application &#224; la musique vocale - comme "Fais-toi une arche en bois de gopher" (Gen. 6:14) excluait toute autre esp&#232;ce de bois.<br />
La mention d'instruments dans le culte de l'ancienne alliance ne signifie pas que nous puissions nous en servir dans nos r&#233;unions - pas plus que la mention des sacrifices ne justifierait leur introduction dans nos cultes.<br />
D'&#233;minents serviteurs de Dieu se sont prononc&#233;s contre l'utilisation d'instruments dans le culte. Jean Calvin l'a mis au m&#234;me rang que les autres rites de l'ancienne alliance (Commentaire du Ps. 23). John Wesley a dit qu'il ne voyait pas d'objection &#224; ce que l'on ait des instruments de musique dans leurs chapelles "pourvu qu'ils ne soient ni vus ni entendus" (cit&#233; par A. Clarke, Commentary Vol. IV p. 686). Luther appelait l'orgue "un embl&#232;me de Baal" et John Knox le qualifiait de "caisse de sifflets". C. H. Spurgeon ne s'est jamais servi d'instrument dans son Metropolitan Baptist Tabernacle (Leroy Bronlow 45 p.176-185). C'est pourquoi les membres de ces &#233;glises ne chantent jamais avec un accompagnement instrumental.</p>
	<p>Peu apr&#232;s la guerre, certains soldats appartenant &#224; l'une de ces d&#233;nominations stationn&#233;es dans la r&#233;gion de Francfort firent quelque 300 km pour venir assister au culte dans une &#233;glise de Strasbourg figurant sur leur annuaire. Arriv&#233;s dans la cour, ils entendent chanter... avec accompagnement de piano. "Nous nous sommes tromp&#233;s !" Ils ressortent pour v&#233;rifier l'adresse. "Non, c'est bien juste, mais cela ne peut &#234;tre une &#233;glise comme les n&#244;tres ! Que faire ? Retourner &#224; Francfort ?" Ils choisissent d'assister au culte puis de demander des explications. On peut supposer qu'elles leur ont paru satisfaisantes puisqu'ils sont revenus r&#233;guli&#232;rement chaque dimanche. Pour leur permettre de s'associer &#224; leur chant, les membres de l'&#233;glise ont renonc&#233; &#224; l'accompagnement chaque fois que le cantique &#233;tait suffisamment connu, et les voix des visiteurs se joignaient aux leurs, sonores et enthousiastes. Mais si, pour un autre chant moins connu, on se mettait au piano, ces amis restaient muets comme des carpes. Honneur &#224; leur conviction et &#224; leur fid&#233;lit&#233; (cf. J&#233;r. 35).</p>
	<p>Ils ne sont pas les seuls qui ont des r&#233;ticences &#224; l'&#233;gard des instruments de musique "invent&#233;s par un descendant de Ca&#239;n" et de leur usage dans des r&#233;unions chr&#233;tiennes. Dans certains milieux, l'harmonium ou le piano sont tol&#233;r&#233;s pour l'&#233;vang&#233;lisation, mais pudiquement recouverts pour le culte. Que r&#233;pondre &#224; ces arguments ?</p>
	<p>Les raisons pour :</p>
	<p>Le culte chr&#233;tien primitif s'est calqu&#233; non sur celui du Temple, mais sur les r&#233;unions de la synagogue. On sait que celle-ci est n&#233;e durant l'exil du peuple de Juda &#224; Babylone pour permettre la pri&#232;re en commun et la lecture des &#201;critures. Ce temps &#233;tait une &#233;poque de deuil pour le peuple. Les instruments de musique, signes de la joie (Es. 24:8), &#233;taient bannis (Ps. 137:1-2). On prit donc l'habitude du chant a capella - qui s'est perp&#233;tu&#233; dans les synagogues jusqu'&#224; nos jours.</p>
	<p>Les P&#232;res de l'&#201;glise &#233;taient oppos&#233;s aux instruments de musique &#224; cause de leur usage dans les temples pa&#239;ens, dans les th&#233;&#226;tres et les cirques, lieux qu'un chr&#233;tien ne fr&#233;quentait plus et que rien ne devait lui rappeler.</p>
	<p>Le sens premier du verbe psall&#244; est, comme nous l'avons vu plus haut : "toucher les cordes d'un instrument de musique, c'est &#224; dire faire de la musique instrumentale". Si Paul utilise ce terme, pourquoi, au lieu du sens habituel : chanter des psaumes avec des instruments de musique, lui pr&#233;f&#233;rer ici un sens figur&#233; qui ne cadre gu&#232;re avec l'exhortation pratique de l'ap&#244;tre ?</p>
	<p>Respecter un commandement de Dieu donn&#233; dans la Bible n'est certainement pas aller "au-del&#224; de ce qui est &#233;crit ". Or, pour l'usage des instruments de musique, nous avons dans l'&#201;criture des indications pr&#233;cises qui restent aussi valables que les dix commandements, les exhortations des Psaumes et bien d'autres principes de vie qui sont enseign&#233;s par les "saintes lettres" de l'ancienne alliance et qui n'ont pas &#233;t&#233; explicitement abolis dans le N. T. (comme les sacrifices et d'autres lois rituelles : H&#233;b. 8:7-10 ; 25 ; Gal. 3-4).</p>
	<p>Les r&#233;ticences des serviteurs de Dieu qui se sont exprim&#233;s contre l'usage des instruments de musique se justifiaient sans doute par les abus de leur temps o&#249; la musique instrumentale occupait une place indue dans le culte et tendait &#224; remplacer le chant de la congr&#233;gation. Nous devons nous laisser avertir par les d&#233;viations qu'ils ont combattues, mais nous ne sommes pas li&#233;s par leur avis. D'autres chr&#233;tiens &#233;minents avaient l&#224;-dessus des opinions diff&#233;rentes.</p>
	<p>Certes, le chant a capella a une beaut&#233; et un pouvoir particuliers - &#224; condition d'&#234;tre puissant et juste. Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas. Comme nous ne sommes pas n&#233;cessairement li&#233;s par les raisons qui, aux premiers si&#232;cles, ont fait bannir les instruments des &#233;glises, il vaut mieux recourir &#224; un bon accompagnement que de faire entendre un chant h&#233;sitant ou malsonnant.</p>
	<p>b) Quels instruments ? </p>
	<p>Nous avons vu que, sous l'ancienne alliance, on utilisait des instruments &#224; vent, &#224; cordes et &#224; percussion dans le culte, m&#234;me si tous les instruments de ces diff&#233;rentes cat&#233;gories n'avaient pas acc&#232;s au sanctuaire. Au Moyen-&#194;ge, on entendait &#233;galement des violes et des trompettes dans les &#233;glises. L'orgue apparut vers le Xe si&#232;cle et, peu &#224; peu, d&#233;tr&#244;na tous les autres instruments, au point qu'aujourd'hui certains fid&#232;les estiment inconvenant d'utiliser autre chose pour accompagner le chant dans la maison de Dieu. Souvenons-nous toutefois qu'il est le dernier-venu des diff&#233;rents instruments d'accompagnement - qu'il essaie d'ailleurs d'imiter, (surtout depuis le XIXe si&#232;cle), d'o&#249; les noms des registres : trompette, tuba, viole de gambe, fl&#251;te, voix c&#233;lestes ( = imitant le c&#233;lesta), clarinette, etc. Jusqu'&#224; la fin du XVe si&#232;cle, on voit sur les repr&#233;sentations de cultes au ciel des anges jouant du psalt&#233;rion, de la harpe, du plectre, des violes et des fl&#251;tes. Au d&#233;but d'ailleurs, l'orgue jouait seulement la voix du t&#233;nor, les chantres ex&#233;cutant les autres voix. &#192; c&#244;t&#233; de ces orgues assez rudimentaires, on entendait toujours les saqueboutes (trombones) et les chalmeyes (chalumeaux), les trompettes, violes, tambourins et harpes.</p>
	<p>Dans les assembl&#233;es &#233;vang&#233;liques, le traditionnel harmonium &#224; p&#233;dales (la "pompe &#224; cantiques") a c&#233;d&#233; la place &#224; l'orgue &#233;lectronique. Ce dernier a d'embl&#233;e acquis droit de cit&#233; par sa ressemblance avec le roi des instruments. Dans les orgues de qualit&#233; (plus proches du synth&#233;tiseur que de l'orgue classique), l'imitation des diff&#233;rents instruments est de plus en plus parfaite (certains mod&#232;les fonctionnant avec de vrais enregistrements des instruments originaux). Alors pourquoi bannir les instruments eux-m&#234;mes du culte ? Relisons le Ps. 150 qui nous exhorte &#224; louer l'&#201;ternel au son de la trompette, du luth et de la harpe, du tambourin, des instruments &#224; cordes, du chalumeau et des cymbales retentissantes.</p>
	<p>Ces derni&#232;res ann&#233;es, divers instruments ont fait leur r&#233;apparition dans les cultes. On revoit des guitares, des fl&#251;tes, des violons, des trompettes se joindre &#224; l'orgue ou au piano pour l'accompagnement des cantiques. En Angleterre, le mouvement semble &#234;tre parti de l'&#233;glise All Souls en 1972 o&#249; tous ceux qui savaient jouer d'un instrument &#233;taient invit&#233;s &#224; l'apporter au culte. Une fois par mois, on organisait une r&#233;p&#233;tition. Cet orchestre de quelque 70 musiciens joue aussi la musique avant ou pendant le culte. Pour certains morceaux, l'orchestre, la chorale et l'assembl&#233;e s'unissent pour la louange. Une fois par an, on donne un concert. Dans beaucoup d'autres &#233;glises, l'habitude s'est r&#233;pandue d'associer tous les instrumentistes volontaires au chant communautaire (voir Mary Endersbee : "Music on a different scale" Today Nov.1983 p. 245).</p>
	<p>Accompagner des cantiques demande beaucoup de qualit&#233;s : la ma&#238;trise de son instrument, des notions musicales pour transposer au piano ou &#224; l'orgue les indications d'accords de guitare trouv&#233;es dans les nouveaux recueils, de l'humilit&#233; pour ne pas dominer le chant et de la fermet&#233; pour le conduire au lieu de le suivre ; si possible, la capacit&#233; d'improviser pour introduire les chants et de transposer un ou deux tons plus bas, Dans les chants spontan&#233;s, un bon accompagnateur rep&#232;re la tonalit&#233; du chant et prend "le train en marche". Pour donner plus d'assise &#224; son jeu, il double les basses au piano et reprend la voix du t&#233;nor de la main droite. Il adapte son jeu au caract&#232;re et au style du cantique, sobre dans les chorals et les psaumes, avec des harmonies classiques dans les chants du R&#233;veil, des sonorit&#233;s modernes et un soubassement rythmique solide dans les chants actuels. Par contre, il &#233;vitera toute fioriture qui ne servirait qu'&#224; le mettre en &#233;vidence au d&#233;triment de l'attention vou&#233;e au texte du cantique. Si le pianiste prend l'habitude de chanter les cantiques tout en accompagnant, il &#233;vitera d'acc&#233;l&#233;rer ind&#251;ment le rythme ou d'escamoter les pauses respiratoires entre les phrases musicales. En m&#234;me temps, il profitera davantage du contenu spirituel des cantiques.</p>
	<p>Tout cela nous met &#224; c&#339;ur l'importance d'une formation musicale donn&#233;e d&#232;s le jeune &#226;ge aux enfants des chr&#233;tiens si l'on veut disposer en tout temps d'accompagnateurs qualifi&#233;s dans les r&#233;unions. La guitare est un excellent instrument pour l'accompagnement des chants modernes ; par contre, pour les cantiques classiques, rien ne vaut l'orgue ou le piano.</p>
	<p>2) Musique instrumentale dans l'&#233;glise ?</p>
	<p>La musique par elle-m&#234;me peut nous parler ; elle est, comme nous l'avons vu, un langage qui va au-del&#224; des paroles et qui peut transmettre un message. Elle nous atteint globalement et influence nos sentiments et notre &#233;tat d'&#226;me. Elle cr&#233;e une ambiance et peut favoriser la r&#233;flexion. Elle peut refl&#233;ter certaines qualit&#233;s de Dieu : (puissance, harmonie, paix...) et exprimer les sentiments du chr&#233;tien (confiance, joie, assurance...). Mais elle a aussi ses limites : suivant ma culture et ma sensibilit&#233; musicale, je suis plus ou moins accessible &#224; son message. Elle sugg&#232;re des sentiments plut&#244;t que des pens&#233;es, c'est pourquoi chacun met sous la m&#234;me musique ce qui remplit son c&#339;ur.</p>
	<p>a) Le pr&#233;lude</p>
	<p>Le jeu instrumental traditionnellement admis &#224; l'&#233;glise est le pr&#233;lude d'orgue, &#233;ventuellement le postlude et l'interlude apr&#232;s la pr&#233;dication. Ces traditions ont &#233;t&#233; reprises en tout ou en partie dans certaines &#233;glises &#233;vang&#233;liques. Quelle est leur fonction ? Le pr&#233;lude est cens&#233; pr&#233;parer l'esprit du fid&#232;le, il le fait entrer dans une ambiance de calme et de recueillement favorable &#224; l'adoration.</p>
	<p>Jamais je n'ai ressenti cet effet avec autant d'acuit&#233; que dans une &#233;glise situ&#233;e en plein c&#339;ur du quartier mal fam&#233; d'Amsterdam. Apr&#232;s la conf&#233;rence du soir du Congr&#232;s d'&#233;vang&#233;lisation de 1971, nous nous &#233;tions rendus &#224; la demande du Pasteur Boyten dans sa maison servant de sanctuaire. Apr&#232;s avoir travers&#233; ce secteur abandonn&#233; aux <strong>*</strong>-shops, maisons de prostitution et cin&#233;s pornos d&#233;versant leurs musiques agressives, nous avons p&#233;n&#233;tr&#233; dans un havre de paix o&#249; un jeu d'orgue cr&#233;ait une atmosph&#232;re de s&#233;r&#233;nit&#233;. Nous avons tous senti la n&#233;cessit&#233; et le bienfait de ce "sas" d'harmonie pour pr&#233;parer notre esprit au culte qui allait suivre.</p>
	<p>Nous apportons &#224; l'&#233;glise nos excitations de la vie quotidienne, nos pr&#233;occupations de la semaine, parfois aussi notre &#233;nervement du dimanche matin. Nous avons besoin d'un temps de transition pour laisser d&#233;canter tout cela avant de nous pr&#233;senter devant l'&#201;ternel. Le pr&#233;lude instrumental peut en &#234;tre l'occasion - &#224; condition d'&#234;tre adapt&#233; &#224; cette fonction et &#233;cout&#233; avec recueillement. S'il est seulement consid&#233;r&#233; comme moyen d'&#233;tablir le silence, d'attendre les retardataires ou m&#234;me de terminer tranquillement ses bavardages, il passe &#224; c&#244;t&#233; du but. Plut&#244;t demander un moment de silence de quelques minutes !</p>
	<p>&#192; quelles conditions un pr&#233;lude remplira-t-il bien sa fonction ? Qu'il soit sobre et &#233;vite d'attirer l'attention sur la musique ou le musicien (les morceaux de virtuosit&#233; ont leur place au concert non &#224; l'&#233;glise), de style plus classique que moderne (les dissonances forcent aussi l'attention), convenant &#224; la majorit&#233; de l'auditoire, ne choquant personne, cr&#233;ant une atmosph&#232;re de calme favorable &#224; l'adoration. Parfois, le simple jeu d'un ou de deux cantiques remplira cet office. A ceux qui en connaissent les paroles, il sugg&#233;rera en m&#234;me temps des pens&#233;es propres &#224; les &#233;difier et &#224; susciter leurs louanges.</p>
	<p>b) L'interlude</p>
	<p>Faut-il un jeu instrumental apr&#232;s le message ? Sa fonction est, en principe, de cr&#233;er une plage neutre donnant du temps pour m&#233;diter les paroles entendues. L'id&#233;al serait qu'il les prolonge en exprimant le m&#234;me message sous une autre forme. Rares sont cependant les organistes capables d'improviser un morceau exprimant, sous une forme compr&#233;hensible, leur r&#233;action personnelle au message. Il leur faudrait donc s'enqu&#233;rir du th&#232;me de la pr&#233;dication et choisir - et trouver - dans leur litt&#233;rature un morceau appropri&#233;. Inutile de dire que ces conditions sont rarement r&#233;unies.</p>
	<p>Faut-il donc renoncer &#224; cet interlude ? Oui, s'il ne reste pas dans les limites assez restreintes du genre, c'est &#224; dire un morceau tr&#232;s sobre, presque neutre, n'imposant pas un message propre (sauf s'il va bien dans le m&#234;me sens que la pr&#233;dication), ne mettant pas l'instrumentiste en avant, cr&#233;ant simplement une ambiance favorable &#224; la m&#233;ditation. Quelqu'un disait "Je n'aime pas la musique &#224; l'&#233;glise : quand elle est bonne, elle capte mon attention et la d&#233;tourne de Dieu, quand elle est mauvaise, elle me crispe". Jugement certainement excessif, mais qui nous indique deux &#233;cueils &#224; &#233;viter : l'art pour l'art, et la m&#233;diocrit&#233;. Parfois, il vaut mieux ne pas se pr&#233;cipiter sur une musique de fond pour laisser l'Esprit agir dans le silence. Ne fixons pas non plus de r&#232;gles intangibles: toujours un interlude instrumental, toujours un jeu d'orgue, toujours le m&#234;me style.</p>
	<p>La musique instrumentale peut aussi prendre la forme d'un solo autre qu'un jeu d'orgue. Je me souviendrai toujours d'un culte lors d'un rassemblement de quelque 8 000 jeunes venus de tous les pays d'Europe. L'un des points culminants de l'adoration fut le moment o&#249; toute l'assembl&#233;e s'est lev&#233;e pour entendre un jeu tr&#232;s simple sur une guitare et apporter &#224; Dieu, en harmonie avec le musicien, les sentiments de louange qu'il exprimait sur son instrument. La musique n'est pas un bouche-trou ou un simple ornement du culte. Elle peut-&#234;tre une sorte de pri&#232;re sans parole, une offrande &#224; Dieu des sentiments du c&#339;ur.</p>
	<p>D&#232;s que plusieurs instrumentistes concourent &#224; ce moment de m&#233;ditation musicale, les pr&#233;cautions &#224; prendre pour sauvegarder le recueillement du culte se multiplient : &#233;viter les d&#233;rangements dus &#224; la mise en place des pupitres, &#224; l'accordage des instruments, aux d&#233;calages entre eux. C'est pourquoi, pour les trios, quatuors et autres morceaux d'ensemble, il est essentiel d'&#234;tre parfaitement au point avant la r&#233;union, d'avoir dispos&#233; et accord&#233; les instruments autant que faire se peut, ou sinon, de r&#233;server ces contributions pour une autre rencontre.</p>
	<p>c) Le postlude</p>
	<p>Le postlude correspond &#224; un temps de pr&#233;paration pour retrouver le monde quotidien, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; enrichi par le culte v&#233;cu en commun. Il peut constituer l'occasion d'une derni&#232;re halte pour se recueillir avant de retourner dans le monde et mettre en pratique la Parole entendue. Il le sera seulement s'il est &#233;cout&#233; en silence, sinon il sera "beaucoup de bruit pour rien".</p>
	<p>d) D'autres occasions de musique instrumentale</p>
	<p>Ces occasions se pr&#233;sentent dans diff&#233;rentes r&#233;unions de la vie de l'&#233;glise, rencontres de familles, de jeunes, agapes, f&#234;tes diverses... o&#249; chacun contribue "selon le don re&#231;u". Il y a aussi les r&#233;unions sp&#233;ciales (conf&#233;rences, &#233;vang&#233;lisation) o&#249; la musique apporte un t&#233;moignage, un message sans paroles refl&#233;tant l'&#233;tat d'&#226;me int&#233;rieur d'un chr&#233;tien, si possible aussi une preuve de l'exigence de qualit&#233; des chr&#233;tiens.</p>
	<p>Les "concerts spirituels" sont des occasions d'atteindre des gens ext&#233;rieurs &#224; l'&#233;glise, &#224; condition d'offrir un programme de qualit&#233; autant par le contenu que par l'ex&#233;cution. Le groupe instrumental intitul&#233; "Les musiciens du Roi" a donn&#233; sous ce rapport un excellent exemple, entrecoupant les morceaux de musique par des pr&#233;sentations des compositeurs ou de leurs &#339;uvres et par des t&#233;moignages personnels. La discr&#233;tion de ces derniers, la modestie des musiciens et la qualit&#233; "professionnelle" des prestations ont impressionn&#233; tr&#232;s favorablement un auditoire tr&#232;s m&#233;lang&#233; attir&#233; par un programme de choix.</p>
	<p>N'oubliez pas : d&#232;s que vous sortez du local cultuel, toute ex&#233;cution publique de musique r&#233;cente (c'est &#224; dire dont le compositeur est mort depuis moins de 70 ans) est soumise au paiement de droits aupr&#232;s de la SACEM (de la SUIZA en Suisse). Renseignez-vous au pr&#233;alable pour ne pas vous trouver dans une situation irr&#233;guli&#232;re qui pourrait vous co&#251;ter cher.</p>
	<p>Cet article a &#233;t&#233; reproduit avec la permission de M. Alfred Kuen et de M. Charles Eberli.
</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6&amp;title=la_musique_et_les_enfants&amp;more=1&amp;c=1&amp;tb=1&amp;pb=1">
	<title>La musique et les enfants</title>
	<link>http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6&amp;title=la_musique_et_les_enfants&amp;more=1&amp;c=1&amp;tb=1&amp;pb=1</link>
	<dc:date>2007-01-01T14:20:21Z</dc:date>
	<dc:creator>symphonique</dc:creator>
	<dc:subject>Minist&#232;re de louange</dc:subject>
	<description>Par M. Alfred Kuen

On a d&#233;couvert que, d&#232;s avant sa naissance, l'enfant est sensible &#224; la musique. Quand le b&#233;b&#233; r&#233;entend le morceau que sa m&#232;re jouait lorsqu'elle l'attendait, il se calme (S&#233;lection 7. 1984 p.17).

On a enregistr&#233; les r&#233;actions des f&#339;tus &#224; l'audition de diverses musiques par la m&#232;re. Ces r&#233;actions sont tr&#232;s diff&#233;rentes suivant le genre. Les nouveau-n&#233;s aussi r&#233;agissent tout autrement &#224; la musique classique et au rock.

Ceux qui sont &#233;lev&#233;s dans une atmosph&#232;re musicale t&#233;moignent g&#233;n&#233;ralement tr&#232;s t&#244;t leur int&#233;r&#234;t pour la musique. Beaucoup de g&#233;nies ont grandi dans des familles de musiciens. L'amour de la musique est l'un des plus beaux cadeaux que nous puissions faire &#224; nos enfants, un cadeau qui leur r&#233;serve pour l'avenir des joies nombreuses et pures.

Si nous leur apprenons t&#244;t &#224; chanter, ils rechercheront plus tard des occasions de le faire avec d'autres.

Quels sont nos objectifs ?

1. Fournir aux enfants un moyen d'exprimer leur foi.

La plupart des enfants mis au contact de l&#8217;&#201;vangile acceptent son message avec joie et simplicit&#233; de c&#339;ur - ce qui ne les emp&#234;chera pas plus tard de remettre leur option en question soit pour la confirmer, soit pour la r&#233;pudier. En attendant, cette foi enfantine est r&#233;elle ; nous devons la prendre au s&#233;rieux et lui fournir des moyens d'expression ad&#233;quats. Les exhortations de la Parole de Dieu (Psaumes 33:2-3; 66:1-2; 81:2-3) s'adressent aussi aux enfants, ils peuvent aussi c&#233;l&#233;brer l&#8217;&#201;ternel de leurs voix et de leurs instruments. Aux sacrificateurs et aux scribes qui s'indignaient d'entendre des enfants crier (ou chanter ? ) "Hosanna au Fils de David", J&#233;sus r&#233;pondit en citant le Psaume 8: "N'avez-vous jamais lu ces paroles : Tu as tir&#233; des louanges des enfants et de ceux qui sont &#224; la mamelle ?" (Matthieu 21:16-17).

2. Leur donner une assise chr&#233;tienne solide en permettant aux paroles de se graver dans la m&#233;moire

Ce qui est appris tout jeune reste fix&#233; pour tous les &#226;ges. Qui sait dans quelles circonstances Dieu pourra utiliser tel cantique enregistr&#233; par la m&#233;moire enfantine pour faire revenir &#224; lui l'adulte qui s'en sera &#233;loign&#233;. Des vieillards oublient ce qu'ils ont fait la veille, mais ils pourraient encore r&#233;citer sans faute toutes les strophes m&#233;moris&#233;es dans leur enfance. Une strophe de cantique fut un jour pour moi une bou&#233;e &#224; laquelle ma foi s'est accroch&#233;e. Un terrible bombardement avait &#233;t&#233; d&#233;clench&#233; vers la fin de la guerre aux abords de Mulhouse. Mais pendant que les engins explosaient partout autour de moi, seules les paroles d'un cantique r&#233;sonnaient dans ma t&#234;te et venaient spontan&#233;ment sur ma bouche :

"Vois, partout le mal augmente, II redouble son effort ;
Il d&#233;cha&#238;ne la tourmente,
C'est la ruine et c'est la mort. Mais c'est Dieu le Roi, le Ma&#238;tre ; Il dissipera la nuit.
Tu verras l'espoir rena&#238;tre Si ta foi s'attache &#224; lui."

3. Cultiver le plaisir de chanter. 

A moins d'avoir subi une influence contraire, l'enfant aime naturellement chanter. Apr&#232;s avoir fait chanter des centaines d'enfants, je ne me souviens pas d'en avoir rencontr&#233; un seul qui aurait pr&#233;f&#233;r&#233; une autre occupation. Avec un bon quart d'heure de chant quotidien, ils apprenaient facilement chaque ann&#233;e, une cinquantaine de chants par c&#339;ur. Le chant cr&#233;e une atmosph&#232;re de joie dont l'enfant a besoin pour s'&#233;panouir. Chanter ensemble donne, de plus, un sentiment d'unit&#233; qui s&#233;curise.

4. Mettre en valeur les dons musicaux particuliers.

Tous les grands musiciens ont &#233;t&#233; form&#233;s d&#232;s leur plus jeune &#226;ge. L&#8217;&#233;glise de demain accordera certainement une place plus importante &#224; la musique que celle d'aujourd'hui. Elle aura besoin d'hommes et de femmes au go&#251;t musical s&#251;r poss&#233;dant une comp&#233;tence technique solide. L'enfant qui aime chanter ou jouer d'un instrument acceptera plus volontiers les servitudes d'une formation. Les r&#233;unions d'enfants permettent de d&#233;tecter ceux qui sont dou&#233;s et de les encourager &#224; cultiver leurs dons.

Deux musiciens chr&#233;tiens tr&#232;s connus m'ont dit qu'ils ont grandi dans un foyer o&#249; musique et foi &#233;taient associ&#233;es. Cela leur a &#233;vit&#233; plus tard le grave dilemme auquel beaucoup de musiciens se trouvent confront&#233;s au moment de leur conversion : Dieu ou la musique (devenue une idole).

Faire de la musique est une occupation utile des loisirs de l'enfant : elle stimule sa cr&#233;ativit&#233;, fixe son attention, entra&#238;ne sa m&#233;moire, affine son go&#251;t et lui pr&#233;pare une source de joies futures et de service appr&#233;ci&#233;. Celui qui sait jouer d'un instrument sera moins tent&#233; de se contenter d'&#233;couter passivement des disques.

5. Encourager la vari&#233;t&#233; des styles musicaux.

L'enfant est plus accessible que les adultes &#224; des styles tr&#232;s divers. Si nous voulons renouveler les genres musicaux dans l&#8217;&#233;glise, il faut commencer avec les enfants, les initier aux rythmes et aux intervalles inusit&#233;s dans les cantiques d'autrefois. Depuis toujours, on a d'ailleurs tol&#233;r&#233; une plus grande vari&#233;t&#233; dans les "cantiques d'enfance et de jeunesse" et ce qui, hier, &#233;tait r&#233;serv&#233; &#224; cette cat&#233;gorie de chr&#233;tiens, est devenu le bien de tous.

Mais, en m&#234;me temps, ne n&#233;gligeons pas de cultiver leur sens esth&#233;tique. Les enfants savent reconna&#238;tre naturellement ce qui est beau. D&#233;veloppons ce sens inn&#233; en leur offrant des cantiques bien faits, des musiques de qualit&#233;, en exigeant d'eux un chant harmonieux, une ex&#233;cution instrumentale soign&#233;e. Parce que ce sont des enfants, &#224; cause de leur charme et de leur spontan&#233;it&#233;, on a tendance &#224; accepter n'importe quoi de leur part, &#224; pardonner leur &#224;-peu-pr&#232;s. C'est leur rendre un mauvais service. Ils sont capables d'autre chose. Leur demander de viser une certaine perfection ne signifie nullement les brimer. Cela peut se passer dans une atmosph&#232;re dynamique d'encouragements, de stimulation qu'ils vivent plus facilement et plus naturellement que les adultes. Un peu de cr&#233;ativit&#233; et de patience, et vous partagerez leur enthousiasme.

6. Constituer un r&#233;pertoire adapt&#233; aux enfants.

Nous parlerons plus loin des conditions musicales d'un chant pour enfants. Soulignons ici l'importance de textes adapt&#233;s &#224; l'exp&#233;rience religieuse r&#233;elle des jeunes ann&#233;es. Les "cantiques d'&#233;coles du dimanche" d'antan &#233;taient souvent des cantiques d'adultes aux m&#233;lodies faciles mais dont les paroles ne disaient rien aux enfants. On conna&#238;t l'histoire de ce gar&#231;on revenant tout fier le dimanche: "Papa, maintenant je sais comment s'appelle la femme du Bon Dieu. - Comment ? - Cl&#233;mence ! - Oui, nous avons chant&#233; : "Daigne &#233;couter avec cl&#233;mence un pauvre humain faible et p&#233;cheur" - ou de cet autre qui se demandait pourquoi les adultes &#233;taient si compliqu&#233;s et qu'au lieu de chanter " Quinze g&#233;ographes ", ils disaient : "Trois fois cinq g&#233;ographes" (Trois fois saint J&#233;hovah).

Par contre, il faut se garder aussi de trop infantiliser les chants destin&#233;s aux enfants : ceux-ci n'aiment pas les petits choeurs "b&#233;b&#234;tes", ils veulent "grandir" et apprendre quelque chose qui d&#233;passe un peu leur &#226;ge - avec des explications appropri&#233;es.

Heureusement, de louables efforts ont &#233;t&#233; faits au cours de ces d&#233;cennies pass&#233;es pour constituer un r&#233;pertoire d'excellents chants adapt&#233;s aux enfants de diff&#233;rents &#226;ges (S. et H. Grandjean: Mon c&#339;ur te chante, Mes chants pr&#233;f&#233;r&#233;s, Si tu chantais, Chante avec les musiciens (Maison de la Bible), La Bible en chansons (Media, Neuch&#226;tel 1979), Chantons avec Grand fr&#232;re Pierre (La Croisade des enfants, Gen&#232;ve s.d.)

7. Apporter aux adultes un t&#233;moignage &#233;vang&#233;lique

Dans beaucoup de pays, la seule possibilit&#233; de faire conna&#238;tre l&#8217;&#201;vangile aux adultes passe par les enfants. Les parents ne viendraient jamais &#224; une r&#233;union d'&#233;vang&#233;lisation, mais ils ne s'opposent pas &#224; ce que leurs enfants fr&#233;quentent un "Club de la lampe d'or", fassent partie des "Flambeaux" ou des "Claires Flammes" ou assistent &#224; une autre r&#233;union pour enfants. Les histoires qu'ils leur rapportent de ces rencontres peuvent les laisser indiff&#233;rents, mais rares sont les p&#232;res et m&#232;res qui resteront insensibles devant la fra&#238;cheur d'un enfant chantant sa foi. M&#234;me le farouche Idi Amin Dada, le cruel dictateur de l'Ouganda, &#233;tait touch&#233; lorsque ses fillettes revenant de l'&#233;cole chr&#233;tienne lui chantaient : "Si tu veux le bonheur, le vrai bonheur, laisse entrer J&#233;sus dans ton c&#339;ur. Tes p&#233;ch&#233;s il efface, il te fera la gr&#226;ce de transformer ton &#234;tre entier, de r&#233;gner sur ton c&#339;ur". &#192; quel &#233;vang&#233;liste aurait-il permis de prononcer de telles paroles devant lui ? Les chants des enfants lors de diverses f&#234;tes donnent une excellente occasion de contacts et d'annonce de l&#8217;&#201;vangile.

Les caract&#233;ristiques d'un bon chant pour enfants

D'apr&#232;s ce qui a &#233;t&#233; dit plus haut, on ne saurait choisir avec trop de soin les chants que l'on apprend aux enfants. Ses qualit&#233;s essentielles seront :

une m&#233;lodie facile, simple &#224; retenir, sans intervalles difficiles ou arr&#234;ts inattendus,
un rythme dynamique, pas trop complexe, soulign&#233; par des battements de mains lorsque le genre s'y pr&#234;te,
une harmonie non sophistiqu&#233;e pour ne pas embrouiller,
un texte clair, pr&#233;cis, adapt&#233; &#224; l'exp&#233;rience de l'enfant.


Les textes bibliques chant&#233;s offrent sous ce rapport des avantages certains (contenu s&#251;r, m&#233;morisation des textes de l&#8217;&#201;criture, renforcement mutuel, lecture de la Bible et chant, pouvoir unique de la Parole de Dieu. Adapter le chant &#224; l'&#226;ge, &#224; la maturit&#233; spirituelle, &#224; l'arri&#232;re-plan culturel et &#224; l'enseignement que l'on veut inculquer.

Comment apprendre un chant aux enfants (et aux autres)

Que l'animateur soit enthousiaste et s&#251;r de lui. L'h&#233;sitation et le manque d'entrain se sentent et sont contagieux.
Chanter d'abord le chant en entier, avec ou sans instruments, ou le faire &#233;couter sur disque ou cassette (surtout si l'on n'est pas s&#251;r de bien le savoir). La guitare et les petits orgues portatifs offrent le grand avantage de pouvoir chanter en s'accompagnant, tout en regardant son public en face.
D&#233;couper le chant en phrases courtes que l'on fait r&#233;p&#233;ter. &#201;ventuellement dissocier rythme et m&#233;lodie et apprendre d'abord le premier en le faisant battre des mains.
Marquer au tableau quelques mots-rep&#232;res que l'on effacera progressivement. Tabler beaucoup sur la m&#233;moire prodigieusement r&#233;ceptive &#224; cet &#226;ge.
Faire chanter &#224; deux ou trois pour rep&#233;rer les endroits peu s&#251;rs.
Encourager les enfants &#224; participer avec des instruments &#224; percussion.
Ajouter pour les petits des gestes qui facilitent l'expressivit&#233; et la m&#233;morisation.
Alterner gar&#231;ons - filles, solistes - tous, unisson - chant &#224; 2 &#224; 3 voix, a capella - accompagnement.
Ne pas lasser, ni vouloir que tout le chant soit su de suite. Y revenir souvent.
Multiplier les occasions pour r&#233;p&#233;ter les chants appris.
Associer les enfants &#224; l'apprentissage de nouveaux chants ("Qui veut apprendre un chant aux autres ?")
Initier t&#244;t les enfants au solf&#232;ge pour leur ouvrir la possibilit&#233; d'apprendre des chants par eux-m&#234;mes.


Cet article a &#233;t&#233; reproduit avec la permission de M. Alfred Kuen et de M. Charles Eberli.</description>
	<content:encoded><![CDATA[	<p>Par M. Alfred Kuen</p>
	<p>On a d&#233;couvert que, d&#232;s avant sa naissance, l'enfant est sensible &#224; la musique. Quand le b&#233;b&#233; r&#233;entend le morceau que sa m&#232;re jouait lorsqu'elle l'attendait, il se calme (S&#233;lection 7. 1984 p.17).</p>
	<p>On a enregistr&#233; les r&#233;actions des f&#339;tus &#224; l'audition de diverses musiques par la m&#232;re. Ces r&#233;actions sont tr&#232;s diff&#233;rentes suivant le genre. Les nouveau-n&#233;s aussi r&#233;agissent tout autrement &#224; la musique classique et au rock.</p>
	<p>Ceux qui sont &#233;lev&#233;s dans une atmosph&#232;re musicale t&#233;moignent g&#233;n&#233;ralement tr&#232;s t&#244;t leur int&#233;r&#234;t pour la musique. Beaucoup de g&#233;nies ont grandi dans des familles de musiciens. L'amour de la musique est l'un des plus beaux cadeaux que nous puissions faire &#224; nos enfants, un cadeau qui leur r&#233;serve pour l'avenir des joies nombreuses et pures.</p>
	<p>Si nous leur apprenons t&#244;t &#224; chanter, ils rechercheront plus tard des occasions de le faire avec d'autres.</p>
	<p>Quels sont nos objectifs ?</p>
	<p>1. Fournir aux enfants un moyen d'exprimer leur foi.</p>
	<p>La plupart des enfants mis au contact de l&#8217;&#201;vangile acceptent son message avec joie et simplicit&#233; de c&#339;ur - ce qui ne les emp&#234;chera pas plus tard de remettre leur option en question soit pour la confirmer, soit pour la r&#233;pudier. En attendant, cette foi enfantine est r&#233;elle ; nous devons la prendre au s&#233;rieux et lui fournir des moyens d'expression ad&#233;quats. Les exhortations de la Parole de Dieu (Psaumes 33:2-3; 66:1-2; 81:2-3) s'adressent aussi aux enfants, ils peuvent aussi c&#233;l&#233;brer l&#8217;&#201;ternel de leurs voix et de leurs instruments. Aux sacrificateurs et aux scribes qui s'indignaient d'entendre des enfants crier (ou chanter ? ) "Hosanna au Fils de David", J&#233;sus r&#233;pondit en citant le Psaume 8: "N'avez-vous jamais lu ces paroles : Tu as tir&#233; des louanges des enfants et de ceux qui sont &#224; la mamelle ?" (Matthieu 21:16-17).</p>
	<p>2. Leur donner une assise chr&#233;tienne solide en permettant aux paroles de se graver dans la m&#233;moire</p>
	<p>Ce qui est appris tout jeune reste fix&#233; pour tous les &#226;ges. Qui sait dans quelles circonstances Dieu pourra utiliser tel cantique enregistr&#233; par la m&#233;moire enfantine pour faire revenir &#224; lui l'adulte qui s'en sera &#233;loign&#233;. Des vieillards oublient ce qu'ils ont fait la veille, mais ils pourraient encore r&#233;citer sans faute toutes les strophes m&#233;moris&#233;es dans leur enfance. Une strophe de cantique fut un jour pour moi une bou&#233;e &#224; laquelle ma foi s'est accroch&#233;e. Un terrible bombardement avait &#233;t&#233; d&#233;clench&#233; vers la fin de la guerre aux abords de Mulhouse. Mais pendant que les engins explosaient partout autour de moi, seules les paroles d'un cantique r&#233;sonnaient dans ma t&#234;te et venaient spontan&#233;ment sur ma bouche :</p>
	<p>"Vois, partout le mal augmente, II redouble son effort ;<br />
Il d&#233;cha&#238;ne la tourmente,<br />
C'est la ruine et c'est la mort. Mais c'est Dieu le Roi, le Ma&#238;tre ; Il dissipera la nuit.<br />
Tu verras l'espoir rena&#238;tre Si ta foi s'attache &#224; lui."</p>
	<p>3. Cultiver le plaisir de chanter. </p>
	<p>A moins d'avoir subi une influence contraire, l'enfant aime naturellement chanter. Apr&#232;s avoir fait chanter des centaines d'enfants, je ne me souviens pas d'en avoir rencontr&#233; un seul qui aurait pr&#233;f&#233;r&#233; une autre occupation. Avec un bon quart d'heure de chant quotidien, ils apprenaient facilement chaque ann&#233;e, une cinquantaine de chants par c&#339;ur. Le chant cr&#233;e une atmosph&#232;re de joie dont l'enfant a besoin pour s'&#233;panouir. Chanter ensemble donne, de plus, un sentiment d'unit&#233; qui s&#233;curise.</p>
	<p>4. Mettre en valeur les dons musicaux particuliers.</p>
	<p>Tous les grands musiciens ont &#233;t&#233; form&#233;s d&#232;s leur plus jeune &#226;ge. L&#8217;&#233;glise de demain accordera certainement une place plus importante &#224; la musique que celle d'aujourd'hui. Elle aura besoin d'hommes et de femmes au go&#251;t musical s&#251;r poss&#233;dant une comp&#233;tence technique solide. L'enfant qui aime chanter ou jouer d'un instrument acceptera plus volontiers les servitudes d'une formation. Les r&#233;unions d'enfants permettent de d&#233;tecter ceux qui sont dou&#233;s et de les encourager &#224; cultiver leurs dons.</p>
	<p>Deux musiciens chr&#233;tiens tr&#232;s connus m'ont dit qu'ils ont grandi dans un foyer o&#249; musique et foi &#233;taient associ&#233;es. Cela leur a &#233;vit&#233; plus tard le grave dilemme auquel beaucoup de musiciens se trouvent confront&#233;s au moment de leur conversion : Dieu ou la musique (devenue une idole).</p>
	<p>Faire de la musique est une occupation utile des loisirs de l'enfant : elle stimule sa cr&#233;ativit&#233;, fixe son attention, entra&#238;ne sa m&#233;moire, affine son go&#251;t et lui pr&#233;pare une source de joies futures et de service appr&#233;ci&#233;. Celui qui sait jouer d'un instrument sera moins tent&#233; de se contenter d'&#233;couter passivement des disques.</p>
	<p>5. Encourager la vari&#233;t&#233; des styles musicaux.</p>
	<p>L'enfant est plus accessible que les adultes &#224; des styles tr&#232;s divers. Si nous voulons renouveler les genres musicaux dans l&#8217;&#233;glise, il faut commencer avec les enfants, les initier aux rythmes et aux intervalles inusit&#233;s dans les cantiques d'autrefois. Depuis toujours, on a d'ailleurs tol&#233;r&#233; une plus grande vari&#233;t&#233; dans les "cantiques d'enfance et de jeunesse" et ce qui, hier, &#233;tait r&#233;serv&#233; &#224; cette cat&#233;gorie de chr&#233;tiens, est devenu le bien de tous.</p>
	<p>Mais, en m&#234;me temps, ne n&#233;gligeons pas de cultiver leur sens esth&#233;tique. Les enfants savent reconna&#238;tre naturellement ce qui est beau. D&#233;veloppons ce sens inn&#233; en leur offrant des cantiques bien faits, des musiques de qualit&#233;, en exigeant d'eux un chant harmonieux, une ex&#233;cution instrumentale soign&#233;e. Parce que ce sont des enfants, &#224; cause de leur charme et de leur spontan&#233;it&#233;, on a tendance &#224; accepter n'importe quoi de leur part, &#224; pardonner leur &#224;-peu-pr&#232;s. C'est leur rendre un mauvais service. Ils sont capables d'autre chose. Leur demander de viser une certaine perfection ne signifie nullement les brimer. Cela peut se passer dans une atmosph&#232;re dynamique d'encouragements, de stimulation qu'ils vivent plus facilement et plus naturellement que les adultes. Un peu de cr&#233;ativit&#233; et de patience, et vous partagerez leur enthousiasme.</p>
	<p>6. Constituer un r&#233;pertoire adapt&#233; aux enfants.</p>
	<p>Nous parlerons plus loin des conditions musicales d'un chant pour enfants. Soulignons ici l'importance de textes adapt&#233;s &#224; l'exp&#233;rience religieuse r&#233;elle des jeunes ann&#233;es. Les "cantiques d'&#233;coles du dimanche" d'antan &#233;taient souvent des cantiques d'adultes aux m&#233;lodies faciles mais dont les paroles ne disaient rien aux enfants. On conna&#238;t l'histoire de ce gar&#231;on revenant tout fier le dimanche: "Papa, maintenant je sais comment s'appelle la femme du Bon Dieu. - Comment ? - Cl&#233;mence ! - Oui, nous avons chant&#233; : "Daigne &#233;couter avec cl&#233;mence un pauvre humain faible et p&#233;cheur" - ou de cet autre qui se demandait pourquoi les adultes &#233;taient si compliqu&#233;s et qu'au lieu de chanter " Quinze g&#233;ographes ", ils disaient : "Trois fois cinq g&#233;ographes" (Trois fois saint J&#233;hovah).</p>
	<p>Par contre, il faut se garder aussi de trop infantiliser les chants destin&#233;s aux enfants : ceux-ci n'aiment pas les petits choeurs "b&#233;b&#234;tes", ils veulent "grandir" et apprendre quelque chose qui d&#233;passe un peu leur &#226;ge - avec des explications appropri&#233;es.</p>
	<p>Heureusement, de louables efforts ont &#233;t&#233; faits au cours de ces d&#233;cennies pass&#233;es pour constituer un r&#233;pertoire d'excellents chants adapt&#233;s aux enfants de diff&#233;rents &#226;ges (S. et H. Grandjean: Mon c&#339;ur te chante, Mes chants pr&#233;f&#233;r&#233;s, Si tu chantais, Chante avec les musiciens (Maison de la Bible), La Bible en chansons (Media, Neuch&#226;tel 1979), Chantons avec Grand fr&#232;re Pierre (La Croisade des enfants, Gen&#232;ve s.d.)</p>
	<p>7. Apporter aux adultes un t&#233;moignage &#233;vang&#233;lique</p>
	<p>Dans beaucoup de pays, la seule possibilit&#233; de faire conna&#238;tre l&#8217;&#201;vangile aux adultes passe par les enfants. Les parents ne viendraient jamais &#224; une r&#233;union d'&#233;vang&#233;lisation, mais ils ne s'opposent pas &#224; ce que leurs enfants fr&#233;quentent un "Club de la lampe d'or", fassent partie des "Flambeaux" ou des "Claires Flammes" ou assistent &#224; une autre r&#233;union pour enfants. Les histoires qu'ils leur rapportent de ces rencontres peuvent les laisser indiff&#233;rents, mais rares sont les p&#232;res et m&#232;res qui resteront insensibles devant la fra&#238;cheur d'un enfant chantant sa foi. M&#234;me le farouche Idi Amin Dada, le cruel dictateur de l'Ouganda, &#233;tait touch&#233; lorsque ses fillettes revenant de l'&#233;cole chr&#233;tienne lui chantaient : "Si tu veux le bonheur, le vrai bonheur, laisse entrer J&#233;sus dans ton c&#339;ur. Tes p&#233;ch&#233;s il efface, il te fera la gr&#226;ce de transformer ton &#234;tre entier, de r&#233;gner sur ton c&#339;ur". &#192; quel &#233;vang&#233;liste aurait-il permis de prononcer de telles paroles devant lui ? Les chants des enfants lors de diverses f&#234;tes donnent une excellente occasion de contacts et d'annonce de l&#8217;&#201;vangile.</p>
	<p>Les caract&#233;ristiques d'un bon chant pour enfants</p>
	<p>D'apr&#232;s ce qui a &#233;t&#233; dit plus haut, on ne saurait choisir avec trop de soin les chants que l'on apprend aux enfants. Ses qualit&#233;s essentielles seront :</p>
	<p>une m&#233;lodie facile, simple &#224; retenir, sans intervalles difficiles ou arr&#234;ts inattendus,<br />
un rythme dynamique, pas trop complexe, soulign&#233; par des battements de mains lorsque le genre s'y pr&#234;te,<br />
une harmonie non sophistiqu&#233;e pour ne pas embrouiller,<br />
un texte clair, pr&#233;cis, adapt&#233; &#224; l'exp&#233;rience de l'enfant.</p>
	<p>Les textes bibliques chant&#233;s offrent sous ce rapport des avantages certains (contenu s&#251;r, m&#233;morisation des textes de l&#8217;&#201;criture, renforcement mutuel, lecture de la Bible et chant, pouvoir unique de la Parole de Dieu. Adapter le chant &#224; l'&#226;ge, &#224; la maturit&#233; spirituelle, &#224; l'arri&#232;re-plan culturel et &#224; l'enseignement que l'on veut inculquer.</p>
	<p>Comment apprendre un chant aux enfants (et aux autres)</p>
	<p>Que l'animateur soit enthousiaste et s&#251;r de lui. L'h&#233;sitation et le manque d'entrain se sentent et sont contagieux.<br />
Chanter d'abord le chant en entier, avec ou sans instruments, ou le faire &#233;couter sur disque ou cassette (surtout si l'on n'est pas s&#251;r de bien le savoir). La guitare et les petits orgues portatifs offrent le grand avantage de pouvoir chanter en s'accompagnant, tout en regardant son public en face.<br />
D&#233;couper le chant en phrases courtes que l'on fait r&#233;p&#233;ter. &#201;ventuellement dissocier rythme et m&#233;lodie et apprendre d'abord le premier en le faisant battre des mains.<br />
Marquer au tableau quelques mots-rep&#232;res que l'on effacera progressivement. Tabler beaucoup sur la m&#233;moire prodigieusement r&#233;ceptive &#224; cet &#226;ge.<br />
Faire chanter &#224; deux ou trois pour rep&#233;rer les endroits peu s&#251;rs.<br />
Encourager les enfants &#224; participer avec des instruments &#224; percussion.<br />
Ajouter pour les petits des gestes qui facilitent l'expressivit&#233; et la m&#233;morisation.<br />
Alterner gar&#231;ons - filles, solistes - tous, unisson - chant &#224; 2 &#224; 3 voix, a capella - accompagnement.<br />
Ne pas lasser, ni vouloir que tout le chant soit su de suite. Y revenir souvent.<br />
Multiplier les occasions pour r&#233;p&#233;ter les chants appris.<br />
Associer les enfants &#224; l'apprentissage de nouveaux chants ("Qui veut apprendre un chant aux autres ?")<br />
Initier t&#244;t les enfants au solf&#232;ge pour leur ouvrir la possibilit&#233; d'apprendre des chants par eux-m&#234;mes.</p>
	<p>Cet article a &#233;t&#233; reproduit avec la permission de M. Alfred Kuen et de M. Charles Eberli.
</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6&amp;title=la_oracion_de_un_musico&amp;more=1&amp;c=1&amp;tb=1&amp;pb=1">
	<title>La Oraci&#243;n de un M&#250;sico</title>
	<link>http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6&amp;title=la_oracion_de_un_musico&amp;more=1&amp;c=1&amp;tb=1&amp;pb=1</link>
	<dc:date>2006-04-02T21:38:54Z</dc:date>
	<dc:creator>symphonique</dc:creator>
	<dc:subject>Minist&#232;re de louange</dc:subject>
	<description>Se&#241;or, Dios Todopoderoso,
Que creaste el cielo
Y la tierra y el mar
Y todo lo que ah&#237; se encuentra,
&#161; Alabanza, honor y gloria
A tu nombre por siempre!
 
En ti reside por siempre
La verdad, la santidad,
La gracia y la hermosura.
Esplendor y majestad
Irradian de tu trono,
Fuerza y magnificencia
Adornan tu santuario.

En tu palacio, todo exclama : &#161; Gloria !
T&#250; hiciste todas las cosas bellas,
Y ellas manifiestan
El fulgor de tu grandeza ;
Sus acentos armoniosos
Resuenan en todo el universo.

Al estruendo de tu rayo,
La tierra se pone a temblar;
Pero cuando el viento murmura
A trav&#233;s de los follajes,
Cuando el arroyo parlotea,
Es como un reflejo de tu gracia.
Y cuando los p&#225;jaros
Hacen resonar sus cantos
Tan variados y tan melodiosos, 
Nosotros percibimos como un eco 
La m&#250;sica de tu voz.

T&#250;  has hecho nacer en nuestros corazones
El deseo de celebrarte.
T&#250; te complaces con nuestras alabanzas
Y t&#250; recibes nuestros cantos.
T&#250; nos diste la m&#250;sica
Como un medio privilegiado
Para expresar nuestros sentimientos;
 &#161; Gracias por este regalo &#161;
Nosotros queremos emplearlo
Para cantar tus alabanzas
Y para revelarte
A aquellos que viven sin esperanza.

&#161; Gracias por los salmos,
Los himnos, los c&#225;nticos
Compuestos por nuestros antecesores
Y nuestros contempor&#225;neos !
&#161; Gracias por los dones musicales
Que t&#250; diste a tu Iglesia. 
Conc&#233;denos, en tu amor,
usarlos para tu gloria ! 

Desde la tierra, Se&#241;or,
Nosotros queremos unir nuestras alabanzas
A aquellas que hacen resonar
El coro de los millares de &#225;ngeles
Que te celebran en el cielo, 
Esperando el d&#237;a glorioso
Cuando entonaremos
El c&#225;ntico nuevo
En compa&#241;&#237;a de tus redimidos
De todos los tiempos y todos los lugares
Reunidos delante de ti.

Am&#233;n.

(M. Alfred Kuen)</description>
	<content:encoded><![CDATA[	<p>Se&#241;or, Dios Todopoderoso,<br />
Que creaste el cielo<br />
Y la tierra y el mar<br />
Y todo lo que ah&#237; se encuentra,<br />
&#161; Alabanza, honor y gloria<br />
A tu nombre por siempre!</p>
	<p>En ti reside por siempre<br />
La verdad, la santidad,<br />
La gracia y la hermosura.<br />
Esplendor y majestad<br />
Irradian de tu trono,<br />
Fuerza y magnificencia<br />
Adornan tu santuario.</p>
	<p>En tu palacio, todo exclama : &#161; Gloria !<br />
T&#250; hiciste todas las cosas bellas,<br />
Y ellas manifiestan<br />
El fulgor de tu grandeza ;<br />
Sus acentos armoniosos<br />
Resuenan en todo el universo.</p>
	<p>Al estruendo de tu rayo,<br />
La tierra se pone a temblar;<br />
Pero cuando el viento murmura<br />
A trav&#233;s de los follajes,<br />
Cuando el arroyo parlotea,<br />
Es como un reflejo de tu gracia.<br />
Y cuando los p&#225;jaros<br />
Hacen resonar sus cantos<br />
Tan variados y tan melodiosos,<br />
Nosotros percibimos como un eco<br />
La m&#250;sica de tu voz.</p>
	<p>T&#250;  has hecho nacer en nuestros corazones<br />
El deseo de celebrarte.<br />
T&#250; te complaces con nuestras alabanzas<br />
Y t&#250; recibes nuestros cantos.<br />
T&#250; nos diste la m&#250;sica<br />
Como un medio privilegiado<br />
Para expresar nuestros sentimientos;<br />
 &#161; Gracias por este regalo &#161;<br />
Nosotros queremos emplearlo<br />
Para cantar tus alabanzas<br />
Y para revelarte<br />
A aquellos que viven sin esperanza.</p>
	<p>&#161; Gracias por los salmos,<br />
Los himnos, los c&#225;nticos<br />
Compuestos por nuestros antecesores<br />
Y nuestros contempor&#225;neos !<br />
&#161; Gracias por los dones musicales<br />
Que t&#250; diste a tu Iglesia.<br />
Conc&#233;denos, en tu amor,<br />
usarlos para tu gloria ! </p>
	<p>Desde la tierra, Se&#241;or,<br />
Nosotros queremos unir nuestras alabanzas<br />
A aquellas que hacen resonar<br />
El coro de los millares de &#225;ngeles<br />
Que te celebran en el cielo,<br />
Esperando el d&#237;a glorioso<br />
Cuando entonaremos<br />
El c&#225;ntico nuevo<br />
En compa&#241;&#237;a de tus redimidos<br />
De todos los tiempos y todos los lugares<br />
Reunidos delante de ti.</p>
	<p>Am&#233;n.</p>
	<p>(M. Alfred Kuen)
</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6&amp;title=praise_of_a_musician&amp;more=1&amp;c=1&amp;tb=1&amp;pb=1">
	<title>Praise of a musician</title>
	<link>http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6&amp;title=praise_of_a_musician&amp;more=1&amp;c=1&amp;tb=1&amp;pb=1</link>
	<dc:date>2006-02-21T11:10:01Z</dc:date>
	<dc:creator>symphonique</dc:creator>
	<dc:subject>Minist&#232;re de louange</dc:subject>
	<description>Lord, Most High God 
Who created the sky  
the earth, the sea 
And all that is,  
Praise, honour and glory 
To your name forever!

In You, Truth, holiness, 
Grace and beauty
always dwells.
Splendour and majesty 
Radiate from your throne, 
Power and majesty
adorn your sanctuary.

All cry &#8220;Glory,&#8221; in your dwelling, 
You have made all things beautiful,
And they manifest the glory of
your splendour.
Their harmonious voices
Resound in all the universe.

At the rumbling of your thunder, 
the ground trembles; 
When the wind whispers 
Through the leaves or
When the brook murmurs, 
It is like a reflection of your grace. 
And when the birds sing their songs, 
So varied and so melodious, 
we perceive like echo 
the music of your voice.

You have birthed in our hearts 
a desire to celebrate you. 
You take pleasure in our praises 
You receive our songs. 
You gave us music 
as a creative way 
To express our feelings; 
Thank you for this gift! 
We want to use it to sing 
your praises  
And to reveal You 
to those without hope.

Thank You for psalms, 
anthems and hymns 
Composed by those 
who have gone before us
And those who are with us now! 
Thank you for the musical gifts
that you gave to the Church. 
Grant us the wisdom, in your love, 
to use them for Your glory!

From our lowly place Lord, 
May we join our praises
with choirs the of thousands of angels,
whom celebrate You in heaven. 
While waiting for that glorious day, 
Where we will sing a new song
In the company of your redeemed
from all times and all the places
Gathered in front of You.

Amen.

(M. Alfred Kuen)</description>
	<content:encoded><![CDATA[	<p>Lord, Most High God<br />
Who created the sky<br />
the earth, the sea<br />
And all that is,<br />
Praise, honour and glory<br />
To your name forever!</p>
	<p>In You, Truth, holiness,<br />
Grace and beauty<br />
always dwells.<br />
Splendour and majesty<br />
Radiate from your throne,<br />
Power and majesty<br />
adorn your sanctuary.</p>
	<p>All cry &#8220;Glory,&#8221; in your dwelling,<br />
You have made all things beautiful,<br />
And they manifest the glory of<br />
your splendour.<br />
Their harmonious voices<br />
Resound in all the universe.</p>
	<p>At the rumbling of your thunder,<br />
the ground trembles;<br />
When the wind whispers<br />
Through the leaves or<br />
When the brook murmurs,<br />
It is like a reflection of your grace.<br />
And when the birds sing their songs,<br />
So varied and so melodious,<br />
we perceive like echo<br />
the music of your voice.</p>
	<p>You have birthed in our hearts<br />
a desire to celebrate you.<br />
You take pleasure in our praises<br />
You receive our songs.<br />
You gave us music<br />
as a creative way<br />
To express our feelings;<br />
Thank you for this gift!<br />
We want to use it to sing<br />
your praises<br />
And to reveal You<br />
to those without hope.</p>
	<p>Thank You for psalms,<br />
anthems and hymns<br />
Composed by those<br />
who have gone before us<br />
And those who are with us now!<br />
Thank you for the musical gifts<br />
that you gave to the Church.<br />
Grant us the wisdom, in your love,<br />
to use them for Your glory!</p>
	<p>From our lowly place Lord,<br />
May we join our praises<br />
with choirs the of thousands of angels,<br />
whom celebrate You in heaven.<br />
While waiting for that glorious day,<br />
Where we will sing a new song<br />
In the company of your redeemed<br />
from all times and all the places<br />
Gathered in front of You.</p>
	<p>Amen.</p>
	<p>(M. Alfred Kuen)
</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6&amp;title=la_priere_d_un_musicien&amp;more=1&amp;c=1&amp;tb=1&amp;pb=1">
	<title>La pri&#232;re d'un musicien</title>
	<link>http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6&amp;title=la_priere_d_un_musicien&amp;more=1&amp;c=1&amp;tb=1&amp;pb=1</link>
	<dc:date>2006-01-28T22:42:22Z</dc:date>
	<dc:creator>symphonique</dc:creator>
	<dc:subject>Minist&#232;re de louange</dc:subject>
	<description>http://louange.org/page/modules.php?op=modload&#38;name=News&#38;file=article&#38;sid=17&#38;mode=thread&#38;order=0&#38;thold=0 Par M. Alfred Kuen

Seigneur, Dieu tout-puissant,
Qui as cr&#233;&#233; le ciel
Et la terre et la mer
Et tout ce qui s&#8217;y trouve,
Louange, honneur et gloire
&#192; ton nom &#224; jamais !

En toi r&#233;sident pour toujours
La v&#233;rit&#233;, la saintet&#233;,
La gr&#226;ce et la beaut&#233;.
Splendeur et majest&#233;
Rayonnent de ton tr&#244;ne,
Force et magnificence
Ornent ton sanctuaire.

Dans ton palais, tout s&#8217;&#233;crie : Gloire !
Tu as fait toutes choses belles,
Et elles manifestent
L&#8217;&#233;clat de ta grandeur ;
Leurs accents harmonieux
R&#233;sonnent dans tout l&#8217;univers.

Au grondement de ton tonnerre,
La terre se met &#224; trembler ;
Mais quand le vent murmure
&#192; travers les feuillages,
Quand le ruisseau babille,
C&#8217;est comme un reflet de ta gr&#226;ce.
Et lorsque les oiseaux
Font r&#233;sonner leurs chants
Si vari&#233;s et si m&#233;lodieux,
Nous percevons comme un &#233;cho
De la musique de ta voix.

Tu as fait na&#238;tre dans nos c&#339;urs
Le d&#233;sir de te c&#233;l&#233;brer.
Tu prends plaisir &#224; nos louanges
Et tu re&#231;ois nos chants.
Tu nous as donn&#233; la musique
Comme un moyen privil&#233;gi&#233;
Pour exprimer nos sentiments ;
Merci pour ce cadeau !
Nous voulons l&#8217;employer
Pour chanter tes louanges
Et pour te r&#233;v&#233;ler
&#192; ceux qui vivent sans espoir.

Merci pour les psaumes,
Les hymnes, les cantiques
Compos&#233;s par nos devanciers
Et nos contemporains !
Merci pour les dons musicaux
Que tu as fait &#224; ton &#201;glise.
Accorde-nous, dans ton amour,
De nous en servir pour ta gloire !

D&#232;s ici-bas, Seigneur,
Nous voulons joindre nos louanges
&#192; celles que fait r&#233;sonner
Le ch&#339;ur des milliers d&#8217;anges
Qui te c&#233;l&#232;brent dans le ciel,
En attendant le jour glorieux
O&#249; nous entonnerons
Le cantique nouveau
En compagnie de tes rachet&#233;s
De tous les temps et tous les lieux
Rassembl&#233;s devant Toi.

Amen.

Droit d'auteur:
M. Alfred Kuen et de M. Charles Eberli. </description>
	<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://louange.org/page/modules.php?op=modload&amp;name=News&amp;file=article&amp;sid=17&amp;mode=thread&amp;order=0&amp;thold=0">http://louange.org/page/modules.php?op=modload&amp;name=News&amp;file=article&amp;sid=17&amp;mode=thread&amp;order=0&amp;thold=0</a></p>	<p>Par M. Alfred Kuen</p>
	<p>Seigneur, Dieu tout-puissant,<br />
Qui as cr&#233;&#233; le ciel<br />
Et la terre et la mer<br />
Et tout ce qui s&#8217;y trouve,<br />
Louange, honneur et gloire<br />
&#192; ton nom &#224; jamais !</p>
	<p>En toi r&#233;sident pour toujours<br />
La v&#233;rit&#233;, la saintet&#233;,<br />
La gr&#226;ce et la beaut&#233;.<br />
Splendeur et majest&#233;<br />
Rayonnent de ton tr&#244;ne,<br />
Force et magnificence<br />
Ornent ton sanctuaire.</p>
	<p>Dans ton palais, tout s&#8217;&#233;crie : Gloire !<br />
Tu as fait toutes choses belles,<br />
Et elles manifestent<br />
L&#8217;&#233;clat de ta grandeur ;<br />
Leurs accents harmonieux<br />
R&#233;sonnent dans tout l&#8217;univers.</p>
	<p>Au grondement de ton tonnerre,<br />
La terre se met &#224; trembler ;<br />
Mais quand le vent murmure<br />
&#192; travers les feuillages,<br />
Quand le ruisseau babille,<br />
C&#8217;est comme un reflet de ta gr&#226;ce.<br />
Et lorsque les oiseaux<br />
Font r&#233;sonner leurs chants<br />
Si vari&#233;s et si m&#233;lodieux,<br />
Nous percevons comme un &#233;cho<br />
De la musique de ta voix.</p>
	<p>Tu as fait na&#238;tre dans nos c&#339;urs<br />
Le d&#233;sir de te c&#233;l&#233;brer.<br />
Tu prends plaisir &#224; nos louanges<br />
Et tu re&#231;ois nos chants.<br />
Tu nous as donn&#233; la musique<br />
Comme un moyen privil&#233;gi&#233;<br />
Pour exprimer nos sentiments ;<br />
Merci pour ce cadeau !<br />
Nous voulons l&#8217;employer<br />
Pour chanter tes louanges<br />
Et pour te r&#233;v&#233;ler<br />
&#192; ceux qui vivent sans espoir.</p>
	<p>Merci pour les psaumes,<br />
Les hymnes, les cantiques<br />
Compos&#233;s par nos devanciers<br />
Et nos contemporains !<br />
Merci pour les dons musicaux<br />
Que tu as fait &#224; ton &#201;glise.<br />
Accorde-nous, dans ton amour,<br />
De nous en servir pour ta gloire !</p>
	<p>D&#232;s ici-bas, Seigneur,<br />
Nous voulons joindre nos louanges<br />
&#192; celles que fait r&#233;sonner<br />
Le ch&#339;ur des milliers d&#8217;anges<br />
Qui te c&#233;l&#232;brent dans le ciel,<br />
En attendant le jour glorieux<br />
O&#249; nous entonnerons<br />
Le cantique nouveau<br />
En compagnie de tes rachet&#233;s<br />
De tous les temps et tous les lieux<br />
Rassembl&#233;s devant Toi.</p>
	<p>Amen.</p>
	<p>Droit d'auteur:<br />
M. Alfred Kuen et de M. Charles Eberli.
</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6&amp;title=la_place_de_la_musique_dans_la_vie_du_ch&amp;more=1&amp;c=1&amp;tb=1&amp;pb=1">
	<title>La place de la musique dans la vie du chr&#233;tien</title>
	<link>http://www.symphonique.org/blog/index.php?blog=6&amp;title=la_place_de_la_musique_dans_la_vie_du_ch&amp;more=1&amp;c=1&amp;tb=1&amp;pb=1</link>
	<dc:date>2006-01-28T22:38:17Z</dc:date>
	<dc:creator>symphonique</dc:creator>
	<dc:subject>Minist&#232;re de louange</dc:subject>
	<description>http://louange.org/page/modules.php?op=modload&#38;name=News&#38;file=article&#38;sid=26&#38;mode=thread&#38;order=0&#38;thold=0 Par M. Alfred Kuen

Le chr&#233;tien

C'est &#224; Antioche que l'on a donn&#233; pour la premi&#232;re fois le nom de chr&#233;tiens (christiano&#239;) &#224; des disciples qui avaient accept&#233; de croire &#224; l'enseignement de J&#233;sus et qui voulaient vivre selon ses principes. Tout au long des si&#232;cles, des hommes et des femmes ont cru que J&#233;sus &#233;tait le Christ, c'est-&#224;-dire leur Sauveur et leur Seigneur. Le chr&#233;tien est donc, en premier lieu, quelqu'un qui a soumis tous les aspects de sa vie &#224; la seigneurie de Christ, un homme ou une femme dont le but de vie est de glorifier Dieu. Le chr&#233;tien n'est pas destin&#233; &#224; vivre en solitaire, il chemine avec ceux qui ont pris le m&#234;me chemin que lui : il peut prier et agir avec eux, les aider et &#234;tre secourus par eux, s'entretenir avec eux de leur foi commune, les exhorter, les &#233;difier, les consoler et les instruire.

En m&#234;me temps, le chr&#233;tien est un t&#233;moin (Actes 1: 8) qui veut transmettre &#224; d'autres sa raison de vivre et le bonheur qu'il a trouv&#233;. Il cherche &#224; le faire par les moyens les plus appropri&#233;s.

Enfin, le chr&#233;tien est un homme qui est engag&#233; dans un processus de reconstruction de toute sa personnalit&#233;, esprit, &#226;me et corps, pour qu'il puisse pr&#233;senter &#224; Dieu une offrande agr&#233;able (1 Thessaloniciens 5:23) et offrir au monde un exemple valable.

Le chr&#233;tien a donc quatre objectifs principaux : louer et glorifier Dieu, &#233;difier l&#8217;&#201;glise, t&#233;moigner de sa foi aupr&#232;s des non-croyants et &#234;tre transform&#233; &#224; l'image de Christ.

... et la musique

Les d&#233;finitions de la musique sont nombreuses. La plupart des auteurs s'accordent pour dire qu'elle est un langage qui va bien au-del&#224; des paroles et permet d'exprimer nos sentiments et nos &#233;tats d'&#226;me. Parce que l'homme "est avant tout un &#234;tre de foi, d'imagination et de sentiment" (J. Combarieu, 38 p. 9) - plus que de raison pure - la musique tient une si grande place dans toute civilisation.

La musique est un don de Dieu. Le rythme, la m&#233;lodie, l'harmonie reposent sur des donn&#233;es et des lois de la nature. Notre oreille est une merveille de la cr&#233;ation, capable de transmettre au cerveau plusieurs dizaines de milliers d'impulsions par seconde. Le "don musical" intrigue les esprits les plus positifs. Dans son &#233;p&#238;tre, Jacques nous dit : "Toute gr&#226;ce excellente et tout don parfait descendent d'en-haut, du P&#232;re des lumi&#232;res." (1:17). Et qui refuserait ces qualificatifs &#224; la musique - ou du moins &#224; certaines musiques ? C'est Dieu qui "remplit de chants d'all&#233;gresse la bouche de l'homme int&#232;gre" disait Bildad &#224; Job (8:21) et Elihu confirme que c'est lui "qui inspire des chants d'all&#233;gresse pendant la nuit." (Job 35:10). C'est lui qui avait d&#233;j&#224; ordonn&#233; &#224; Mo&#239;se d'&#233;crire un cantique et de l'enseigner &#224; tout le peuple d'Isra&#235;l (Deut&#233;ronome 31:19, 22, 30), qui a mis dans la bouche de David un cantique nouveau (Psaume 40:3) et qui a inspir&#233; une trentaine de fois aux psalmistes l'ordre de chanter qu'ils devaient transmettre aux croyants. Jacques r&#233;p&#233;tera cette recommandation dans le Nouveau Testament. (5:13).

Dans la liste des dons de 1 Corinthiens 14:26 accord&#233;s pour l'&#233;dification de l&#8217;&#201;glise, le premier nomm&#233; est d'ordre musical : "Lorsque vous vous assemblez, les uns ou les autres parmi vous ont-ils un cantique, une instruction..."

Il est significatif que, partout dans le monde, la musique ait &#233;t&#233; associ&#233;e &#224; la religion. D'une part, elle a toujours &#233;t&#233; affect&#233;e d'un caract&#232;re religieux, et "d'attributions rituelles" (voir B. Gavoty, 75 p. 10). D'autre part, il n'existe "nulle part de religion sans musique" (G. Marchal, 50 p.13). Sans doute parce qu'elle nous apporte, comme le dit Teilhard de Chardin, "le sentiment d'une grande pr&#233;sence". Aussi n'est-il pas &#233;tonnant que Luther et Calvin l'aient appel&#233;e "un don de Dieu" - au moins un point sur lequel les deux R&#233;formateurs &#233;taient d'accord, m&#234;me s'ils ne s'accordaient pas sur son importance et sur sa place dans le culte public. Le chr&#233;tien accueille ce don avec reconnaissance, comme tous les autres dons de son P&#232;re. Il lui rend gr&#226;ce pour ce cadeau qui enrichit sa vie et lui apporte un reflet de la beaut&#233; et de la perfection divines.

Que faire de ce cadeau de Dieu ? 

Supposez que vous ayez envoy&#233; &#224; vos enfants ind&#233;pendants un beau cadeau dans lequel vous avez mis tout votre amour. Lors de votre prochaine visite chez eux, vous d&#233;couvrez dans un coin le paquet encore ficel&#233;, tel que le facteur l'a apport&#233;. Quels seraient vos sentiments ?

Beaucoup de chr&#233;tiens n'ont jamais pris conscience que la musique &#233;tait un pr&#233;cieux don de Dieu. D'autres ne se sont pas donn&#233; la peine de d&#233;baller ce cadeau, de l'examiner et de voir ce qu'ils pourraient en faire. Parmi ceux qui appr&#233;cient ce pr&#233;sent, un certain nombre l'utilisent essentiellement pour leur plaisir et ne voient pas trop l'usage qu'ils pourraient en faire pour Dieu. C'est pourquoi il nous faut examiner quelle place Dieu voudrait que la musique occupe dans la vie d'un chr&#233;tien.

Les quatre fonctions de la musique

La musique est &#224; la fois moyen d'expression et de communication. Le chr&#233;tien peut donc utiliser ce cadeau divin pour exprimer les sentiments qui lui sont propres et qu'il a souvent beaucoup de peine &#224; traduire par des mots : son amour pour Dieu, sa louange et sa reconnaissance pour tout ce qu'il a re&#231;u. Il peut aussi s'en servir pour communiquer avec les autres : encourager les uns dans leur marche avec le Seigneur et transmettre aux autres le message du salut. En m&#234;me temps, elle d&#233;veloppe en lui les facult&#233;s que Dieu lui a donn&#233;es et contribue &#224; son &#233;panouissement et &#224; son &#233;quilibre.

Nous pouvons donc voir quatre fonctions principales de la musique dans la vie du chr&#233;tien :
a)	louange et reconnaissance : la musique pour Dieu, 
b)	&#233;dification en commun : la musique pour l&#8217;&#233;glise,
c)	transmission du message et t&#233;moignage : la musique dans l'&#233;vang&#233;lisation,
d)	&#233;panouissement de l'homme entier : la musique pour la "r&#233;cr&#233;ation de l'esprit" (J.S. Bach).

a) La musique pour Dieu

Chanter pour Dieu


Isra&#235;l &#233;tait le peuple de Dieu. Tout naturellement, les Isra&#233;lites chantaient pour leur Seigneur et leur musique avait pour but premier de le glorifier. Dans les quelques centaines de mentions de la musique dans l'Ancien Testament, il s'agit neuf fois sur dix de chanter ou de jouer pour Dieu, de le c&#233;l&#233;brer. Une trentaine de fois, nous trouvons dans les psaumes l'invitation : "Chantez &#224; l&#8217;&#201;ternel, vous qui l'aimez, vous tous habitants de la terre, chantez &#224; l&#8217;&#201;ternel notre force, c&#233;l&#233;brez son nom avec la harpe, avec des actions de gr&#226;ce... " (1 Chroniques 16:23; Psaume 81:2; 98:5; 147:7)

Nous avons l'exemple de Mo&#239;se, de D&#233;borah, de David surtout, qui s'&#233;criait : "Je chanterai &#224; l&#8217;&#201;ternel, car il m'a fait du bien, je chanterai &#224; la gloire de ton nom, je chanterai ta fid&#233;lit&#233;, mon Dieu, ta force, ta bont&#233; et ta justice. Tu m'as ceint de force afin que mon c&#339;ur te chante, je chanterai &#224; l&#8217;&#201;ternel tant que je vivrai. Toute la terre chante en ton honneur." (Psaume 13:6; 18:50; 71:22; 30:13; 104:33; 66:4)

Comme ses compatriotes, J&#233;sus chantait des psaumes avec ses disciples (Matthieu 26:30); Paul et Silas mis aux fers dans une prison faisaient retentir des cantiques en l'honneur de Dieu (Actes 16:25).

Chanter, c'est entrer dans les intentions de Dieu qui nous a accord&#233; ce don et nous demande de l'utiliser pour sa gloire. Les croyants de l'Ancienne et de la Nouvelle Alliance nous en ont donn&#233; l'exemple.

Pourquoi chanter ?


Pourquoi chanter plut&#244;t que de dire notre louange &#224; Dieu ? Lorsque je parle, c'est essentiellement mon intelligence qui fonctionne : j'adh&#232;re par ma raison aux paroles exprim&#233;es par exemple dans un psaume, je les r&#233;p&#232;te parce qu'elles formulent ma pens&#233;e. Mais lorsque je chante, une couche plus profonde de ma personnalit&#233; entre en jeu : mes sentiments et m&#234;me mon corps se trouvent impliqu&#233;s dans la louange. Il suffit de dire, puis de chanter les paroles du Psaume 9:2-3 : "Je louerai l&#8217;&#201;ternel de tout mon c&#339;ur, je raconterai toutes ses merveilles, je chanterai son nom" pour sentir la diff&#233;rence. La musique souligne le texte, l'amplifie, le grave dans nos c&#339;urs et entra&#238;ne dans la louange les couches les plus profondes de notre &#234;tre dans un &#233;lan vers Dieu, elle mobilise notre subconscient et m&#234;me notre &#234;tre physique.

Nous chantons pour exprimer &#224; Dieu notre reconnaissance (Psaume13:6), notre &#233;merveillement devant sa bont&#233;, sa fid&#233;lit&#233;, sa justice (Psaume 71: 22; 101:1), pour lui dire notre joie de lui appartenir (Psaume 98:4; 79:5, 13).

Si un chr&#233;tien n'a jamais envie de chanter, m&#234;me pas "dans son c&#339;ur", ne serait-ce pas un signe que quelque chose ne va pas dans sa vie spirituelle ? L'ap&#244;tre Paul signale le chant des cantiques comme premi&#232;re manifestation de la pl&#233;nitude du Saint-Esprit et, en m&#234;me temps, comme un moyen d'y acc&#233;der (&#201;ph&#233;siens 5:19).

"Ce dont le c&#339;ur est plein, la bouche d&#233;borde" disait J&#233;sus (Matthieu 12: 34; Luc 6:45). Si la bouche ne d&#233;borde jamais de chants, c'est qu'il y a un vide dans le c&#339;ur. Mais si elle d&#233;borde, le chant a cette facult&#233; merveilleuse de remplir le c&#339;ur encore davantage.

"Quand on suit Dieu, pr&#233;tendait St-Augustin dans son De musica, il n'y a plus de mots, mais seulement des all&#233;luias." "Je c&#233;l&#233;brerai le nom de Dieu par des cantiques, disait David, je l'exalterai par des louanges. Cela est agr&#233;able &#224; l&#8217;&#201;ternel, plus qu'un taureau avec des cornes et des sabots." (Psaume 69:31-32). Alexandre Vinet allait jusqu'&#224; dire que "l'adoration est un &#233;tat d'&#226;me que le chant seul peut exprimer." M&#234;me s'il n'est pas le seul moyen d'exprimer son adoration, il contribue certainement &#224; lui donner un cachet particulier. Dans le Nouveau Testament aussi, l'ap&#244;tre Paul nous demande de chanter "&#224; Dieu sous l'inspiration de la gr&#226;ce" (Colossiens 3 :16).

Fais-moi entendre ta voix


Des dizaines de fois, l&#8217;&#201;criture nous invite &#224; chanter pour Dieu. C&#8217;est la r&#233;ponse qu'il attend de notre part &#224; l&#8217;&#339;uvre de r&#233;demption qu'il a accomplie pour nous et &#224; l'amour dont il nous entoure. Les seules paroles que prononce le berger, l'ami de la Sulamite, celui qui repr&#233;sente Dieu dans le Cantique des cantiques, nous rapportent cette demande : "Mes compagnons &#233;coutent, fais-moi entendre ta voix, car ta voix est bien douce."

Le peuple de Dieu dans ce monde ressemble &#224; la Sulamite. Comme elle, il est pris entre la tentation des offres visibles de richesse, de pouvoir et de jouissances, et la fid&#233;lit&#233; &#224; l'&#201;ternel Absent qui n'appara&#238;tra sur la sc&#232;ne de la terre qu'&#224; la fin de l'histoire humaine. Comme la jeune fille, l'&#201;glise est invit&#233;e &#224; faire entendre sa voix pour chanter les perfections de son Ami. (cf. Cantique des cantiques 5 : 9-14 ; 6 : 3 ; et Alfred Kuen : Sagesse et po&#233;sie pour notre temps, p.17-20). Le berger demande ce chant pour lui-m&#234;me et pour des compagnons qui peuvent symboliser les l&#233;gions ang&#233;liques qui entourent J&#233;sus-Christ dans les lieux c&#233;lestes et qui sont particuli&#232;rement sensibles &#224; la louange de Dieu lorsqu'elle jaillit spontan&#233;ment de nos c&#339;urs. Nous touchons par l&#224; &#224; la vocation fondamentale de l'homme. Dieu nous dit que nous avons &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s pour sa gloire et que le peuple qu'il s'est form&#233; publiera ses louanges (&#201;sa&#239;e 43 :7, 21; cf. &#201;ph&#233;siens1:4-14 et Alfred Kuen : Pourquoi l'&#201;glise, p.10-28). C'est ce que nous ferons durant toute l'&#233;ternit&#233; (Apocalypse 5 : 9-13). Luther disait que la musique &#233;tait le seul art qui sera encore pratiqu&#233; dans le ciel. Mais nous n'avons pas besoin d'attendre l'au-del&#224; : ici et maintenant, l'&#201;glise anticipe d&#233;j&#224; sur sa vocation future et &#233;ternelle en chantant les louanges de Dieu. B&#233;n&#233;dict Pictet disait en 1706 : "Je prie le Seigneur qu'il nous apprenne &#224; chanter ses louanges sur la terre jusqu'&#224; ce que nous les chantions dans le ciel."

Quand et o&#249; chanter ?


Nous pouvons les chanter seuls, dans notre chambre ou notre cuisine en faisant des travaux qui ne r&#233;clament pas toute notre attention, en promenade ou en conduisant notre voiture, des cantiques connus ou des improvisations : Dieu les entend, il ne juge pas la valeur musicale comme les hommes, il regarde au c&#339;ur, agr&#233;ant notre d&#233;sir de le glorifier.

Nous pouvons les chanter ensemble, lorsque nous sommes rassembl&#233;s pour le culte. C'&#233;tait la fonction des L&#233;vites dans le Temple. C'est aussi la vocation d'une chorale d'&#201;glise : offrir &#224; Dieu des louanges chant&#233;es de tout notre c&#339;ur et avec toute la perfection dont nous sommes capables. Nous acceptons les petits chants des enfants avec joie, nous les applaudissons pour leur intention de nous faire plaisir. Mais nous leur apprenons aussi &#224; &#234;tre peu &#224; peu plus exigeants et &#224; faire mieux.

"L'artiste chr&#233;tien a plus d'obligations que d'autres musiciens de viser &#224; la meilleure qualit&#233; possible, dans le r&#233;pertoire comme dans l'interpr&#233;tation. Nous devrions intens&#233;ment d&#233;sirer les applaudissements de Dieu." (R. D. Dinwiddie Christianity Today 15. 7. 83, p. 20) Une telle vision peut transformer le minist&#232;re musical dans l'&#201;glise et motiver une formation qui fait trop souvent d&#233;faut aux artistes chr&#233;tiens.

Jouer pour Dieu


Chanter des cantiques est tr&#232;s important : accompagn&#233; par des instruments, le chant prend encore plus de relief ; la musique instrumentale seule peut aussi &#234;tre une offrande &#224; Dieu. Beaucoup de compositeurs ont d&#233;di&#233; leurs &#339;uvres &#224; des hommes c&#233;l&#232;bres ou &#224; des personnes qu'ils aimaient pour leur exprimer leur admiration ou leur profonde affection. J.S. Bach d&#233;diait toutes ses &#339;uvres "&#224; la seule gloire de Dieu" et "&#224; la joie de J&#233;sus". II disait dans son cours que la musique est "avant tout le plus puissant moyen de glorifier Dieu." II faut qu'elle "donne une harmonie agr&#233;able en l'honneur de Dieu et pour la r&#233;jouissance l&#233;gitime de l'&#226;me. Toute musique n'a d'autre fin que la gloire de Dieu et la r&#233;cr&#233;ation de l'esprit." (cit&#233; dans E. Kressmann, 44 p.124)

D'autres musiciens ont &#233;t&#233; anim&#233;s des m&#234;mes sentiments. Palestrina, musicien officiel de la Chapelle Pontificale &#224; Rome au XVIe si&#232;cle, disait dans une lettre : "Je ne fais rien de plus volontiers que lorsque je me consacre, selon mes propres forces, au don de la musique, c'est-&#224;-dire (je ne veux) faire que des &#339;uvres &#224; la plus grande gloire de Dieu, (&#339;uvres) qui, d'apr&#232;s leur propre poids en paroles et en pens&#233;es, et en m&#234;me temps soutenues par l'art musical, puissent &#233;veiller facilement les bonnes dispositions de l'homme &#224; la pi&#233;t&#233;." (cit&#233; J. Grindel, p.104)

Guillaume Franck, le chantre de Lausanne, coll&#232;gue de L. Bourgeois, &#233;crivait dans la pr&#233;face de son Psautier (1565) : "Je ne me suis propos&#233; d'autre but que l'avancement de l'honneur et gloire de notre Seigneur, en employant le talent qu'il m'a donn&#233; au service de son &#201;glise." (cit&#233; E. Kressmann, 44 p.123). Ainsi, certaines musiques ont &#233;t&#233; compos&#233;es pour Dieu, pour lui offrir ce que le compositeur pouvait faire de meilleur - tout comme les sculpteurs ornaient les fa&#231;ades et les autels des cath&#233;drales des &#339;uvres que leurs mains avaient fa&#231;onn&#233;es avec amour. Le Psaume 27 juxtapose l'id&#233;e de sacrifice et le chant pour l'&#201;ternel (v.6). L'offrande musicale est aussi un sacrifice (en temps, en &#233;nergie, en travail). Le compositeur qui l'offre &#224; Dieu lui dit par l&#224; combien il le valorise. L'orchestre ou la chorale qui ex&#233;cute cette &#339;uvre apporte les m&#234;mes sacrifices, mais les consent joyeusement puisque c'est pour Dieu.

b ) La musique pour &#233;difier l'&#201;glise

C'est principalement cet aspect que l'ap&#244;tre Paul avait en vue lorsqu'il demandait aux &#201;ph&#233;siens : "Entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes et par des cantiques spirituels, chantant et c&#233;l&#233;brant de tout votre c&#339;ur les louanges du Seigneur." (5:19) ou aux Colossiens : "instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres par des psaumes, des hymnes, des cantiques spirituels." (3 :16)

Par le chant, nous pouvons dire bien mieux que par des paroles notre bonheur de marcher avec J&#233;sus, notre d&#233;sir de lui &#234;tre davantage consacr&#233;s, Nous pouvons nous stimuler mutuellement &#224; l'adoration ("&#192; l'Agneau sur son tr&#244;ne apportons la couronne...", "Rendez &#224; Dieu l'honneur supr&#234;me...", "Nous venons dans ta maison et nous nous assemblons pour t'adorer...", "Saint, saint, saint est le Seigneur...", "J&#233;sus nous t&#8217;adorons..."), &#224; la reconnaissance ("Compte les bienfaits de Dieu"), &#224; la cons&#233;cration ("Abandonne ta vie, tes craintes...", "Nous sommes au Seigneur et non point &#224; nous-m&#234;mes"). Nous nous exhortons mutuellement &#224; la sanctification ("Veille au matin...", "Christ nous pr&#233;c&#233;dant, marchons en avant"), &#224; l'action ("Debout sainte cohorte...", "Il faut b&#226;tir c'est l'heure"). Dans la souffrance et le deuil, nous nous consolons mutuellement (1 Thessaloniciens 4:18) bien mieux par le chant et la musique que par des paroles.

Chanter ensemble chasse la crainte, les angoisses et les incertitudes par le fait de s'associer &#224; la foi ferme et &#224; l'assurance du compositeur qui s'exprimait dans des m&#233;lodies comme : "J&#233;sus sort de la tombe, il vit, il est vainqueur", ou : "Je sais en qui j'esp&#232;re, je sais en qui je crois", "Mon R&#233;dempteur est vivant", "Chr&#233;tien, r&#233;jouis-toi..." Nulle part dans la musique profane, on ne trouve une expression de sentiments semblables. Ces cantiques sont des t&#233;moignages irr&#233;cusables d'une joie et d'une foi ferme et assur&#233;e qu'aucune philosophie ne peut donner. La calme s&#233;r&#233;nit&#233; de "J&#233;sus que ma joie demeure" de J.S. Bach a convaincu plus d'un incroyant de la r&#233;alit&#233; de la foi.

Il faut pr&#233;ciser toutefois que "la musique ne peut, par elle-m&#234;me, amener les gens &#224; adorer" (J.-F. Wilson) : l'adoration en esprit et en v&#233;rit&#233; a sa source non dans le sentiment, mais dans l'esprit, dans la volont&#233; et dans l'amour de Dieu. La musique ne peut pas davantage cr&#233;er les dispositions spirituelles pour nous approcher de Dieu, seul le Saint-Esprit a ce pouvoir. N'essayons pas de nous servir d'elle comme d'un instrument de manipulation psychologique : les fruits seraient &#224; la mesure de l'instrument, c&#8217;est &#224; dire psychiques mais non spirituels, fugaces mais non durables (cf. Jean 15 :16).

Chanter m&#234;me aux heures sombres


C'est aux heures sombres que la musique r&#233;v&#232;le tout son pouvoir. Ernest Gordon raconte que, dans le camp de concentration pr&#232;s de la Rivi&#232;re Kwa&#239; les prisonniers avaient constitu&#233; un petit orchestre, malgr&#233; tous les efforts de leurs vainqueurs pour leur arracher les derniers vestiges d'humanit&#233;. "La musique, dit-il, nous rappelait qu'on peut toujours trouver de la beaut&#233; dans la vie, m&#234;me au milieu des cendres." (Through the Valley of Kwai, Harper and Row 1962, p.164) W. Edgar (MP, p.1) qui le cite ajoute: "Les blues ont &#233;t&#233; chant&#233;s par les Noirs d'Am&#233;rique au milieu des pires difficult&#233;s."). Les Negros Spirituals ont la m&#234;me origine.

Les plus beaux cantiques sont n&#233;s d'une d&#233;tresse ou d'un deuil et ont &#233;t&#233; une source de consolation pour d'innombrables chr&#233;tiens. Il suffit de citer Paul Gerhardt (1607-1676) qui venait de tout perdre dans la guerre : femme, enfants, foyer, et qui composa le cantique: Befiehl du deine Wege (Recommande ta vie et ce qui blesse ton c&#339;ur aux soins attentifs de Celui qui dirige les mondes. Lui qui m&#232;ne vents et nuages &#224; travers leurs chemins et leurs voies, trouvera bien un sentier sur lequel ton pied pourra marcher.)

Chanter ensemble


Autrefois, on se retrouvait souvent simplement pour chanter ensemble. C'&#233;tait joyeux, parfois bruyant ou m&#234;me un brin sentimental, autour d'un harmonium poussif ou d'une guitare mani&#233;e par un amateur. On sortait de ces rencontres impr&#233;gn&#233; d'une atmosph&#232;re d'harmonie et de joie, arm&#233; contre les influences d&#233;l&#233;t&#232;res du monde ambiant. Peu &#224; peu, on apprenait aussi quantit&#233; de chants dont les paroles vous soutenaient aux moments de la tentation ou de la d&#233;tresse. Aujourd'hui, on &#233;coute des ensembles dont la qualit&#233; musicale est certainement bien sup&#233;rieure &#224; ces groupes improvis&#233;s, mais il n'est pas certain que l'assistance &#224; un concert ou l'&#233;coute de cassettes ait les m&#234;mes effets.

Une chr&#233;tienne nous a racont&#233; que, dans un pays de l'Est, les jeunes se retrouvaient tous les dimanches apr&#232;s-midi dans leur jardin pour chanter des cantiques des heures durant. Je me rappellerai toujours un Lundi de P&#226;ques, peu apr&#232;s la guerre, &#224; la Chartreuse de la Valbonne. Des prisonniers de guerre allemands assis par terre au soleil se sont mis &#224; chanter. Les m&#233;lodies s'encha&#238;naient, les voix se m&#234;laient, nostalgiques ou vibrantes d all&#233;gresse, les heures s'&#233;coulaient port&#233;es par cette communion humaine bienfaisante et enrichissante. Pendant toute l'apr&#232;s-midi, ils ont chant&#233;, s'encourageant mutuellement et se fortifiant dans le souvenir de la patrie qu'ils esp&#233;raient bient&#244;t retrouver. Ainsi le chr&#233;tien se transporte en pens&#233;e par ses chants dans la patrie c&#233;leste vers laquelle il est en chemin.

c ) La musique pour l'&#233;vang&#233;lisation

La musique est un moyen privil&#233;gi&#233; de communication. Les chr&#233;tiens voudront bien s&#251;r l'utiliser pour partager avec d'autres ce qu'ils ont de plus pr&#233;cieux. Elle est rest&#233;e l'une des expressions qui "passe" le plus facilement : la lecture fatigue, les discours font bailler, mais la musique a gard&#233; son pouvoir de fascination. Si elle n'est pas un moyen direct d'&#233;vang&#233;lisation, elle servira du moins de "pr&#233;-&#233;vang&#233;lisation". Le compositeur Georges Migot rapporte "l'&#233;mouvante d&#233;finition" qu'une de ses auditrices donnait de la musique : "elle pr&#233;pare le chemin pour Celui qui vient toujours", et il dit que cette remarque fut pour lui la cons&#233;cration de toute sa vie. (P. M., p. 33)

Dans la Bible ?


John Blanchard fait remarquer que nulle part, ni dans l'Ancien Testament ni dans le Nouveau, il n'est question d'une utilisation de la musique pour communiquer le message &#224; des non-croyants. Toujours le chant et la musique &#233;taient mis au service du culte, de l'adoration et de la louange. L'antiquit&#233; connaissait le th&#233;&#226;tre, la danse et la musique. Nous n'avons aucune indication qui nous permette de penser que les Juifs se soient servis de ces moyens pour faire des pros&#233;lytes, ni que l'&#201;glise primitive ou l'&#201;glise ancienne aient utilis&#233; ces formes artistiques pour &#233;vang&#233;liser les Grecs ou les Romains. Au contraire, les premiers chr&#233;tiens se sont distanc&#233;s de tout ce qui rappelait les festivit&#233;s pa&#239;ennes. Les P&#232;res de l'&#201;glise ont s&#233;v&#232;rement proscrit jusqu'aux instruments de musique dans les r&#233;unions chr&#233;tiennes parce qu'ils &#233;voquaient pour les jeunes convertis les turpitudes d'un monde auquel ils avaient renonc&#233;.

Mais nous ne vivons plus dans le m&#234;me contexte. Nous n'avons pas besoin de nous laisser lier par leur exemple justifi&#233; par des raisons devenues caduques. Souvenons-nous toutefois du silence de la Parole de Dieu au sujet de l'utilisation de la musique dans l'&#233;vang&#233;lisation. Le seul r&#233;cit qui juxtapose le chant et la conversion de pa&#239;ens est celui de Paul et Silas dans la prison de Philippes. Mais les deux ap&#244;tres n'ont pas entonn&#233; des chants d'&#233;vang&#233;lisation (qui sans doute n'existaient pas) &#224; l'adresse du ge&#244;lier et de leurs co-d&#233;tenus : ils ont chant&#233; les louanges de Dieu et c'est par ces chants, par le tremblement de terre et l'action du Saint-Esprit, que le ge&#244;lier a &#233;t&#233; convaincu de p&#233;ch&#233;: un exemple &#224; retenir. Nous n'avons aucune prise sur les tremblements de terre, mais si nous chantons les louanges de notre Dieu et si nous le prions d'agir par son Saint-Esprit, nous pourrons encore aujourd'hui voir des merveilles.

L'utilisation du chant pour l'&#233;vang&#233;lisation peut s'appuyer sur l'exemple de David qui a dit au Psaume 57:10 et au Psaume 108:4: "Je te louerai parmi les peuples, Seigneur ! Je te chanterai parmi les nations." (cf. Psaume 18: 50). Pour David, les peuples et les nations &#233;taient les pa&#239;ens. Et certainement les 4 000 L&#233;vites constituant son orchestre sacr&#233; et sa chorale ont d&#251; impressionner les &#233;trangers de passage &#224; J&#233;rusalem. Mais notons aussi de quels chants David parle : de cantiques de louange, c&#233;l&#233;brant la grandeur de Dieu. Ailleurs, il &#233;voque les diff&#233;rents attributs de Dieu qu'il veut glorifier par ses chants : sa force (59:17), sa fid&#233;lit&#233; (71: 22), sa bont&#233; et sa justice (101:1). Il veut chanter en son honneur en &#233;voquant le bien qu'Il lui a fait (13:6), la joie qu'Il a mise dans son c&#339;ur (30:13), l'affermissement qu'Il lui a donn&#233; (57: 8). Ce sont donc des chants de t&#233;moignage, disant &#224; ceux du dehors ce que Dieu est pour nous et ce qu'Il a fait pour nous.

Cette perspective du chant d'&#233;vang&#233;lisation commande aussi sa forme : il faut que la musique refl&#232;te &#224; la fois les caract&#232;res de Dieu et les sentiments qu'il fait na&#238;tre dans le c&#339;ur de ses enfants. Elle sera donc tr&#232;s diff&#233;rente de celle du monde pour pouvoir donner, dans un style que les gens du dehors comprennent et appr&#233;cient, l'image d'une vie totalement transform&#233;e par le Dieu "Tout-Autre". Elle doit susciter en eux, dans un langage proche du leur, la nostalgie du paradis perdu, la soif de puret&#233; et d'authenticit&#233;, le d&#233;sir d'en savoir plus long sur la source des sentiments exprim&#233;s l&#224;. Cette double exigence d'une musique d'&#233;vang&#233;lisation &#224; la fois authentique et efficace (forme compr&#233;hensible, style adapt&#233; au public actuel - contenu vrai et transparent) constitue le fond du probl&#232;me de la musique chr&#233;tienne actuelle. L'accent mis tant&#244;t sur l'un, tant&#244;t sur l'autre aspect est &#224; l'origine de toutes les tensions et polarisations autour de ce th&#232;me.

Dans l'histoire


L'histoire nous fournit de bons exemples d'utilisation du chant dans la communication de l'&#201;vangile &#224; ceux qui n'&#233;taient pas encore chr&#233;tiens. Luther a beaucoup compt&#233; sur les chorals pour propager les v&#233;rit&#233;s de la foi chr&#233;tienne. Les psaumes huguenots ont jou&#233; un grand r&#244;le dans l'expansion de la R&#233;forme. Au XVIe si&#232;cle, toute la cour royale chantait les psaumes de Cl&#233;ment Marot sur toutes sortes de m&#233;lodies et certains hauts personnages se laiss&#232;rent gagner aux id&#233;es nouvelles.

Connaissez-vous l'histoire de cette cit&#233; qui est pass&#233;e &#224; la R&#233;forme par l'influence d'un cantique ? Un huguenot arrive dans une ville inconnue. II s'assied sur la margelle du puits de la grande place et se met &#224; chanter des psaumes. Bient&#244;t, les enfants se groupent autour de lui et lui demandent de leur apprendre l'un de ces chants. Les parents s inqui&#232;tent et vont &#233;couter &#224; leur tour. Les pr&#234;tres les pr&#233;viennent de ne pas pr&#234;ter l'oreille &#224; ces chants h&#233;r&#233;tiques, mais les habitants insistent : ils ne trouvent rien de pernicieux dans ces paroles et ils voudraient bien apprendre de tels chants pour louer Dieu. Ils font donc venir de la ville voisine un "pr&#233;dicant" pour leur enseigner des psaumes; et il leur annoncera aussi la Parole de Dieu. John Wesley fut tellement impressionn&#233; par le chant des missionnaires moraves sur le bateau qui l'emportait en Am&#233;rique, qu'il d&#233;cida d'apprendre l'allemand pour pouvoir converser avec eux et traduire leurs cantiques. Cet &#233;pisode marqua une &#233;tape importante dans son propre cheminement vers la conversion. Lui et son fr&#232;re Charles Wesley furent si bien convaincus de la valeur des cantiques qu'ils en compos&#232;rent 6 500 au cours de leur minist&#232;re (3 par semaine pendant 57 ans). Leur but premier n'&#233;tait pas l'&#233;vang&#233;lisation, mais l'enseignement chr&#233;tien, la louange et l'expression de leur foi. N'emp&#234;che que ces cantiques ont jou&#233; un r&#244;le consid&#233;rable dans l'expansion du r&#233;veil m&#233;thodiste, c&#8217;est &#224; dire dans la conversion de milliers d'hommes et de femmes au XVIIIe si&#232;cle - et jusqu'&#224; nos jours.

Chaque r&#233;veil fut accompagn&#233; d'une renaissance du chant religieux. &#192; Gen&#232;ve, C&#233;sar Malan &#224; lui seul composa un millier de cantiques, sans compter les innombrables po&#232;mes des autres hommes du R&#233;veil adapt&#233;s par Madame Lutteroth sur des m&#233;lodies classiques. Les "chants du R&#233;veil" ont port&#233; le message de l'&#201;vangile l&#224; o&#249; aucune parole de pr&#233;dicateur n'a p&#233;n&#233;tr&#233;. Dans les pays anglophones, Moody se fit toujours accompagner par Ira Sankey qui soulignait souvent le message de l'&#233;vang&#233;liste par un cantique improvis&#233; &#224; la fin de la r&#233;union. Ses "Songs and solos" ont fait le tour du monde et ont &#233;vang&#233;lis&#233; davantage de personnes qu'aucun autre livre humain. Dans les grandes campagnes de Billy Graham, le chant de George Beverly Shea pr&#233;parait les c&#339;urs &#224; l'&#233;coute du message. On pourrait ajouter de nombreux exemples de personnes qui ont &#233;t&#233; attir&#233;es dans une r&#233;union par de beaux chants, de jeunes qui sont entr&#233;s dans une salle d'&#233;vang&#233;lisation pouss&#233;s par le d&#233;sir d'entendre un groupe musical, de gens qui ont entendu une &#233;mission &#233;vang&#233;lique &#224; cause de la musique qui l'encadrait, etc.

Une exp&#233;rience r&#233;cente


Une exp&#233;rience r&#233;cente en terre missionnaire confirme ce pouvoir de la musique pour ouvrir les c&#339;urs. Pendant des g&#233;n&#233;rations, les Touaregs sont rest&#233;s ferm&#233;s &#224; l'&#201;vangile, tous les efforts vari&#233;s avaient &#233;chou&#233; aupr&#232;s des fiers cavaliers du d&#233;sert. Il y a quelque temps, des membres de la Soci&#233;t&#233; Internationale Missionnaire ont compos&#233; des chants adaptant des textes bibliques &#224; des m&#233;lodies semblables &#224; celles de leur folklore. L'effet de ce nouveau mode d'&#233;vang&#233;lisation fut extraordinaire : plusieurs tribus se sont montr&#233;es r&#233;ceptives au message biblique pr&#233;sent&#233; sous cette forme qui faisait appel aux couches profondes du subconscient nourri par la tradition musicale autochtone. Mais ce v&#233;hicule n'&#233;tait que le moyen de faire accepter des paroles bibliques soigneusement choisies et retransmises de fa&#231;on bien compr&#233;hensible. Ce sont elles qui ont touch&#233; les esprits et les consciences. La musique elle-m&#234;me ne convertit personne. "La foi vient de ce qu'on entend, et ce qu'on entend vient de la parole de Christ." (Romains 10:17). Pour que le Saint-Esprit puisse agir par cette parole, il faut qu'elle soit comprise et re&#231;ue. Si la musique devient un instrument de manipulation des foules, les conversions &#233;ventuelles ne dureront pas. Mais la musique peut offrir un terrain de rencontre, donner des occasions de contact, cr&#233;er une atmosph&#232;re dans laquelle la parole sera plus facilement &#233;cout&#233;e, c&#8217;est &#224; dire pr&#233;parer le chemin &#224; la Parole.

d ) La musique pour &#233;panouir l'homme entier

Le Dr Otto Riecker dit que "la vie spirituelle s'&#233;tiole si elle est domin&#233;e uniquement par la raison et l'esprit intellectuel." (Erwecklich singen, p. 25). La musique aide &#224; &#233;veiller et &#224; d&#233;velopper en nous la vie des sentiments, &#224; les affiner et les nuancer. Elle nous fait participer &#224; la vie &#233;motive des autres. Elle donne &#224; notre vie spirituelle une nouvelle dimension. Dans la nature, autour de nous, tout n'est pas fonctionnel. Dieu n'a pas seulement fait pousser des c&#233;r&#233;ales et des fruits pour nous nourrir, il a aussi cr&#233;&#233; les fleurs, plus belles les unes que les autres, il a donn&#233; aux insectes, aux oiseaux et aux arbres des formes et des couleurs innombrables. Il a mis dans le c&#339;ur de l'homme un sens esth&#233;tique qui lui permet d'appr&#233;cier la beaut&#233;. Celle-ci a certainement un r&#244;le &#224; jouer dans la re-cr&#233;ation de l'homme sur le mod&#232;le de Dieu. Lorsque Bach disait qu'il composait sa musique "pour la gloire de Dieu et la r&#233;cr&#233;ation de l'esprit ", il entendait non seulement le plaisir fugace que l'on peut en tirer au moment de l'audition, mais cette transformation int&#233;rieure qu'elle op&#232;re en celui qui l'&#233;coute. C'est bien ce que la sagesse populaire, les philosophes et les po&#232;tes ont dit depuis toujours: un peu partout, on trouve des aphorismes exaltant les vertus de la musique qui "adoucit les moeurs". Le vieil Aristote pr&#233;tendait qu'elle "purge les passions et les purifie." Au XVIe si&#232;cle, Ronsard affirmait qu'elle "adoucit un c&#339;ur tant soit-il dur". Selon Stendhal, elle "pr&#233;dispose &#224; l'amour", pour Stravinsky, elle institue "un ordre entre l'homme et le temps", pour Balzac, elle "a la puissance de nous faire rentrer en nous-m&#234;mes". Un proverbe chinois allait jusqu'&#224; dire : "Si le roi aime la musique, son royaume est beaucoup mieux gouvern&#233;."

Certaines de ces affirmations sont peut-&#234;tre os&#233;es, mais l'on ne saurait nier l'ensemble des constatations sur lesquelles elles reposent. Elles nous incitent &#224; r&#233;server une place appropri&#233;e &#224; la musique dans nos programmes d'&#233;ducation et de formation personnelle ainsi que dans notre vie communautaire.

Toutes les musiques ont-elles ces vertus b&#233;n&#233;fiques ? Il serait t&#233;m&#233;raire de l'affirmer. Nous avons vu que, d&#233;j&#224; aux temps bibliques, la musique pouvait &#234;tre utilis&#233;e pour exalter les passions perverses de l'homme (Exode 32:6-17; cf. 1 Corinthiens 10:6-8) ou pour le conditionner en vue de sa soumission &#224; l'idol&#226;trie (Daniel 3:5, 7; cp. Amos 6: 5). Depuis lors, le pouvoir suggestif de la musique a &#233;t&#233; consid&#233;rablement renforc&#233;. Par la diversification des harmonies, l'affinement de l'orchestration, l'intensification du volume sonore et l'accentuation du rythme, on est parvenu &#224; faire de la musique un instrument de manipulation psychologique de premier ordre. Cette manipulation consciente ne s'exerce, h&#233;las, pas toujours en vue d'une am&#233;lioration de l'homme, comme nous le verrons en &#233;tudiant, dans un autre Cahier, l'&#233;volution historique de la musique. Si le chr&#233;tien d'aujourd'hui veut &#233;panouir son &#234;tre int&#233;rieur, il est oblig&#233; de choisir avec discernement les musiques auxquelles il s'expose.

Soli Deo Gloria

Le chr&#233;tien qui cherche sinc&#232;rement &#224; conna&#238;tre la place que la musique devrait occuper dans sa vie trouve dans la Parole de Dieu une directive g&#233;n&#233;rale qui s'applique &#224; tous les domaines de son existence : "Faites tout pour la gloire de Dieu" (1 Corinthiens 10:31). En disant "tout", l'ap&#244;tre a trac&#233; un cadre suffisamment large pour y faire rentrer toutes nos activit&#233;s. Il en pr&#233;cise quelques-unes : "soit que vous mangiez, soit que vous buviez" puis il &#233;tend le principe &#224; tous les actes qui meublent nos journ&#233;es : "soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu." Celui qui a accept&#233; J&#233;sus comme Sauveur et Seigneur n'est plus un homme autonome, c&#8217;est &#224; dire qui fixe lui-m&#234;me sa loi, sa r&#232;gle de conduite, il est "sous la loi de Christ" (1 Corinthiens 9:21). Or, J&#233;sus-Christ cherchait toujours ce qui &#233;tait agr&#233;able &#224; Dieu et qui contribuait &#224; Sa gloire (Jean 7:18; 8:29, 49;17:4).

"Nul ne vit pour lui-m&#234;me, et nul ne meurt pour lui-m&#234;me. Car si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur; et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Soit que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur." (Romains 14: 7-8) "Ne savez-vous pas que vous ne vous appartenez pas &#224; vous-m&#234;mes? Car vous avez &#233;t&#233; rachet&#233;s &#224; un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent &#224; Dieu." (1 Corinthiens 6:19-20). "Christ est mort afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-m&#234;mes mais pour celui qui est mort et ressuscit&#233; pour eux" (2 Corinthiens 5:15). "... afin qu'en toutes choses, Dieu soit glorifi&#233; par J&#233;sus-Christ." (1 Pierre 4:11; cf. Malachie 2: 2)

Oui, celui qui est n&#233; de nouveau par la gr&#226;ce de Dieu d&#233;sire faire toutes choses pour la gloire de Dieu - aussi la musique. Toute son activit&#233; se passe sous le regard du P&#232;re, il est son enfant et vit en fonction de lui. La musique que nous acceptons d'&#233;couter et celle que nous chantons ou jouons seuls ou &#224; plusieurs - doit contribuer &#224; glorifier Dieu. "&#192; la seule gloire de Dieu" : c'est, comme nous l'avons vu, la devise que Jean-S&#233;bastien Bach avait adopt&#233;e et que nous retrouvons sur presque toutes ses partitions :

S.D.G. (Soli Deo Gloria).

Que signifie-t-elle pratiquement pour le chr&#233;tien musicien ?

a ) &#201;viter les fausses pistes

Faire quelque chose pour la gloire de Dieu signifie que nous d&#233;sirons qu'il re&#231;oive tout l'honneur et la louange suscit&#233;s par notre action, qu'il soit mieux connu, aim&#233; et servi par un plus grand nombre d'adorateurs. Par cons&#233;quent, nous renon&#231;ons &#224; la gloire personnelle que nous pourrions en tirer. Le monde de la musique, comme toute l'activit&#233; artistique, a &#233;t&#233; d&#233;vi&#233; vers la glorification de l'homme. L'un des buts - avou&#233;s ou inavou&#233;s de tout artiste - est de se faire un nom (cf. Gen&#232;se 11:4). J&#233;sus dirait aussi &#224; ce sujet : "Qu'il n'en soit pas ainsi parmi vous." Matthieu 20:26). Dans un culte centr&#233; sur la louange et l'adoration de Dieu, on concevrait difficilement qu'on applaudisse l'organiste ou un autre soliste. La musique est offerte &#224; Dieu comme les pri&#232;res des fid&#232;les. Les auditeurs s'associent &#224; cette offrande musicale. Ils ne sont pas l&#224;, en premier lieu, pour jouir de la musique ou pour en appr&#233;cier la qualit&#233; et manifester leur approbation.

Faire de la musique pour la gloire de Dieu signifierait-il que nous n'avons plus le droit d'y trouver notre plaisir ? Nous mangeons "pour vivre", certes, mais Dieu ne nous interdit pas de jouir de nos repas. Autre chose serait de vivre pour manger, de passer tout son temps et son argent &#224; varier les menus et &#224; raffiner les plats. La jouissance est devenue l'imp&#233;ratif majeur de notre g&#233;n&#233;ration : aujourd'hui, beaucoup de gens ne vivent que pour jouir. La musique tient une large place dans le programme des r&#233;jouissances offertes sur le march&#233;. Des appareils de plus en plus perfectionn&#233;s sollicitent le m&#233;lomane de la fin du XXe si&#232;cle. Le chr&#233;tien se sait responsable devant Dieu de l'emploi de son temps et de son argent. Il ne saurait donc entrer dans cette course sans fin qui engloutirait toutes ses disponibilit&#233;s (sur les deux plans cit&#233;s) pour le simple plaisir d'une jouissance encore plus raffin&#233;e. Chacun doit trouver devant Dieu la part qu&#8217;il peut consacrer &#224; la musique - part qui sera tr&#232;s variable de l&#8217;un &#224; l&#8217;autre suivant la vocation, le milieu et les engagements personnels.

Le m&#234;me probl&#232;me se pose aussi aux groupes musicaux chr&#233;tiens : que signifie pour eux : "jouer &#224; la gloire de Dieu" sur le plan du mat&#233;riel &#224; acqu&#233;rir, du temps et des forces &#224; consacrer &#224; leur pr&#233;paration ? Le probl&#232;me n'est pas simple. En dessous d'un certain niveau, ils ne se sentent pas cr&#233;dibles devant le monde. Mais au-dessus, il n'y a pas de limite. Devront-ils donc consacrer des sommes consid&#233;rables &#224; l'acquisition d'un &#233;quipement &#233;lectronique qui leur permette de concurrencer les groupes du monde, passer tout leur temps &#224; r&#233;p&#233;ter, donc devenir presque des professionnels ? Mais l'impact est-il n&#233;cessairement fonction de la technique ? Les exp&#233;riences nombreuses et diverses ont montr&#233; que l'Esprit de Dieu agit toujours &#224; travers les ex&#233;cutants, c&#8217;est &#224; dire par le rayonnement de leur personnalit&#233; et le t&#233;moignage de leur vie commune. Vous &#234;tes bien d'accord que la pri&#232;re, la m&#233;ditation r&#233;guli&#232;re de la Parole de Dieu et l'&#233;coute des conseils fraternels sont plus importantes que le nombre des r&#233;p&#233;titions et les raffinements de la technique. R&#233;fl&#233;chissons bien avant de nous laisser emporter dans l'escalade actuelle.

Tout est permis, mais...


L'ap&#244;tre Paul &#233;nonce le principe positif "faites tout pour la gloire de Dieu" apr&#232;s avoir pos&#233; quatre barri&#232;res de s&#233;curit&#233; :

"Tout est permis mais tout n'est pas utile" (1 Corinthiens 6:12;10:23) c'est-&#224;-dire ne contribue pas &#224; notre progr&#232;s spirituel. Le mot employ&#233; par l'ap&#244;tre est de la m&#234;me racine que symphonie (des sons et des accords mis ensemble). Une musique utile nous aide &#224; faire de notre vie un ensemble harmonieux qui glorifie le Cr&#233;ateur.

" Tout est permis, mais tout n'&#233;difie pas" (1 Corinthiens 10: 23) c'est-&#224;-dire n'aide pas &#224; construire une personnalit&#233; chr&#233;tienne stable et &#233;quilibr&#233;e, et surtout, ne contribue pas &#224; cr&#233;er entre les membres de l'&#233;glise une communion marqu&#233;e par une m&#234;me pens&#233;e et un m&#234;me sentiment. Certaines musiques - comme certaines doctrines - ont un effet diviseur sur une communaut&#233;, d'autres unissent dans une m&#234;me joie, un m&#234;me &#233;lan. C'est ce que le Nouveau Testament appelle &#233;difier (cf. Actes 9: 31; &#201;ph&#233;siens 2:20, 22; 4:16; 1 Pierre 2: 5).

"Tout est permis, mais je ne me laisserai asservir par rien." (1 Corinthiens 6:12) Les meilleures choses deviennent dangereuses si je risque de perdre ma libert&#233; &#224; leur &#233;gard, si elles deviennent n&#233;cessaires &#224; mon bien &#234;tre, si j'en ai besoin pour travailler ou pour &#234;tre heureux aux moments libres. Aujourd'hui la musique est devenue pour beaucoup une drogue dont ils auraient de la peine &#224; se passer.

La musique est un moyen merveilleux par lequel Dieu peut nous apaiser, nous r&#233;jouir ou nous fortifier, mais elle reste un moyen - comme les aliments ou les rem&#232;des - entre les mains de Dieu. Ce n'est pas de la musique elle-m&#234;me que j'attends ces bienfaits, mais du P&#232;re c&#233;leste. Je me garderai donc d'y investir plus de temps, de forces et de r&#233;ceptivit&#233; qu'il n'est judicieux, afin de ne pas tomber dans la d&#233;pendance &#224; son &#233;gard et de ne pas avoir besoin d'elle pour &#234;tre apais&#233;, stimul&#233; ou "mis sur orbite". Pour beaucoup de m&#233;lomanes, elle est devenue un succ&#233;dan&#233; de la religion. Ils en attendent tous les bienfaits que le croyant re&#231;oit dans sa communion avec Dieu : consolation, transformation int&#233;rieure, lib&#233;ration des passions, communion avec les autres... Je veillerai donc &#224; ne pas faire d&#8217;une servante une idole.

"Prenez garde que votre libert&#233; ne devienne une pierre d'achoppement pour les faibles." (1 Corinthiens 8:9; cp. Romains14:13, 21) Pour un ancien alcoolique, ma libert&#233; peut devenir l'occasion d'une rechute. Ceux qui ont d&#251; &#234;tre lib&#233;r&#233;s de la passion de la musique par une intervention du Seigneur peuvent &#234;tre incit&#233;s &#224; retomber dans leur ancienne d&#233;pendance en voyant notre libert&#233; &#224; l'&#233;gard de certaines musiques. Mieux vaut donc s'abstenir si cela peut &#234;tre pour un fr&#232;re "une pierre d'achoppement ou une occasion de chute, de scandale ou de faiblesse" (Romains14:21).

b ) Les saines motivations

1. Reflet de Dieu

Faire de la musique &#224; la gloire de Dieu, ce n'est pas seulement &#233;viter les fausses pistes, c'est surtout contribuer &#224; ce que Dieu soit reconnu pour ce qu'il est par un certain nombre croissant de personnes. Glorifier Dieu ou "le nom de Dieu" (Jean 17), c'est manifester et faire reconna&#238;tre ses qualit&#233;s, en particulier, sa gr&#226;ce, sa grandeur, sa beaut&#233;. La musique glorifie Dieu lorsqu'elle refl&#232;te ces qualit&#233;s et les &#233;voque dans l'esprit des auditeurs.

Les instruments invent&#233;s par les hommes et les voix des ch&#339;urs peuvent s'accorder pour manifester cette gloire de Dieu : faire sentir son amour, resplendir sa lumi&#232;re et sa beaut&#233;. Qui n'a pas &#233;t&#233; saisi par la puissance de certains chorals de Bach, par les trompettes de Haendel ou le ch&#339;ur qui ouvre le Psaume 47 de Florent Schmitt ? Qui n'a pas &#233;t&#233; apais&#233; par l'air "II conduit ses agneaux" du Messie ? D'autres fois c'est l'ordre l'harmonie de la cr&#233;ation que magnifie tel pr&#233;lude d'orgue de J.S. Bach ou tel Concerto de Mendelsohn. "La musique, dit Harold Best, doyen du Conservatoire de Wheaton, fait partie du culte &#224; Dieu, elle est en elle-m&#234;me un acte d'adoration. En cons&#233;quence, l&#233;siner sur le temps ou les moyens &#224; lui consacrer, en pr&#233;tendant qu'ils seront mieux utilis&#233;s dans l'&#233;vang&#233;lisation ou la mission, rappelle la remarque de Judas devant Marie r&#233;pandant son nard pr&#233;cieux sur les pieds de J&#233;sus."

2. L'homme devant Dieu

Et moi dans tout cela ? N&#8217;ai-je jamais le droit de crier ma r&#233;volte, de clamer mes angoisses, de donner libre cours &#224; mes perplexit&#233;s, de pleurer mes espoirs d&#233;&#231;us ? Je suis un &#234;tre humain, apr&#232;s tout, et autour de moi les gens que je c&#244;toie plongent dans le m&#234;me bain. N'ai-je pas le droit d'exprimer tout cela par ma musique ? Le Psalmiste aussi a sorti tr&#232;s librement tout ce qui &#233;tait en lui. Mais relisons attentivement les psaumes : il a toujours recherch&#233;, et trouv&#233;, une place juste devant Dieu, une attitude de soumission, d'ob&#233;issance et de confiance et, g&#233;n&#233;ralement &#224; la fin du psaume, la paix et la joie que seul le Seigneur peut donner.

Mieux que les paroles, la musique peut traduire par sa violence, par ses discordances, son rythme tr&#233;pidant ou d&#233;hanch&#233;, la dysharmonie de la vie moderne. Par ses r&#233;p&#233;titions inlassables, elle refl&#232;te le vide int&#233;rieur de notre soci&#233;t&#233; actuelle. Nos contemporains se reconna&#238;tront donc ais&#233;ment dans cette expression musicale qui peut constituer une part l&#233;gitime d'un programme d'&#233;vang&#233;lisation dans lequel on voudrait d&#233;peindre la "mis&#232;re de l'homme sans Dieu". Mais r&#233;fl&#233;chissons s&#233;rieusement : est-ce que nous voulons nous complaire dans cet &#233;tat - et dans ces musiques, et nous en nourrir ? Ne serions-nous pas plus heureux si, comme le Psalmiste, nous pouvions trouver des solutions qui se refl&#233;teront forc&#233;ment par nos choix musicaux : les notes retrouvant leur assise tonale, leur &#233;quilibre harmonique et leur rythme apaisant ? Une musique &#224; la gloire de Dieu d&#233;bouche toujours sur une musique de paix (paix dans le sens de Shalom : pl&#233;nitude, &#233;panouissement, bonheur).

3. Au nom du Seigneur J&#233;sus

Juste apr&#232;s avoir parl&#233; du chant, l'ap&#244;tre Paul dit : "Et quoi que vous fassiez, en paroles ou en &#339;uvres, faites tout au nom du Seigneur J&#233;sus..." (Colossiens 3 :17). Dans la Bible, le nom repr&#233;sente la personnalit&#233;, la nature de quelqu'un. Faire une chose "au nom de quelqu'un", c'est faire comme il l'aurait fait, de la mani&#232;re qui lui &#233;tait coutumi&#232;re, avec son amour et son autorit&#233;. Une musique faite au nom du Seigneur J&#233;sus nous apportera le reflet de sa personnalit&#233; : sa force et sa douceur, sa v&#233;rit&#233; et sa puret&#233;, son amour et sa puissance d'indignation devant le mal.

Une telle musique aura donc par moments des sonorit&#233;s fortes, des accents qui se traduiront dans le style appropri&#233; &#224; l'auditoire, mais elle ne se plaira pas &#224; exciter les instincts, ni &#224; conditionner les auditeurs, elle ne restera pas d&#233;sordonn&#233;e, chaotique, excessive ; elle retrouvera la s&#233;r&#233;nit&#233; et l'&#233;quilibre qui marquent le triomphe de Dieu sur toutes les forces destructives et dysharmoniques.

Un ami japonais nous a racont&#233; comment il est devenu chr&#233;tien. Faisant un voyage touristique en Europe, il est entr&#233; dans une &#233;glise. Tout son &#234;tre a &#233;t&#233; profond&#233;ment touch&#233; par la musique qui l'a accueilli : c'&#233;tait celle d'un Dieu saint, puissant. C'est ce Dieu qu'il voulait conna&#238;tre et servir. Une jeune femme nous a confi&#233; que l'entente et le dynamisme d'une chorale chr&#233;tienne l'avaient tellement impressionn&#233;e qu'elle a d&#233;sir&#233; partager leur foi. Dans une prison, une d&#233;tenue demande une Bible et un entretien avec l'aum&#244;nier. Pourquoi ? Un cantique entendu &#224; la radio lui a rappel&#233; brusquement un pass&#233; lointain, ordonn&#233; et paisible. Vous connaissez vous-m&#234;mes certainement des exemples que l'on pourrait encore ajouter.

Droit d'auteur:
M. Alfred Kuen et de M. Charles Eberli.</description>
	<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://louange.org/page/modules.php?op=modload&amp;name=News&amp;file=article&amp;sid=26&amp;mode=thread&amp;order=0&amp;thold=0">http://louange.org/page/modules.php?op=modload&amp;name=News&amp;file=article&amp;sid=26&amp;mode=thread&amp;order=0&amp;thold=0</a></p>	<p>Par M. Alfred Kuen</p>
	<p>Le chr&#233;tien</p>
	<p>C'est &#224; Antioche que l'on a donn&#233; pour la premi&#232;re fois le nom de chr&#233;tiens (christiano&#239;) &#224; des disciples qui avaient accept&#233; de croire &#224; l'enseignement de J&#233;sus et qui voulaient vivre selon ses principes. Tout au long des si&#232;cles, des hommes et des femmes ont cru que J&#233;sus &#233;tait le Christ, c'est-&#224;-dire leur Sauveur et leur Seigneur. Le chr&#233;tien est donc, en premier lieu, quelqu'un qui a soumis tous les aspects de sa vie &#224; la seigneurie de Christ, un homme ou une femme dont le but de vie est de glorifier Dieu. Le chr&#233;tien n'est pas destin&#233; &#224; vivre en solitaire, il chemine avec ceux qui ont pris le m&#234;me chemin que lui : il peut prier et agir avec eux, les aider et &#234;tre secourus par eux, s'entretenir avec eux de leur foi commune, les exhorter, les &#233;difier, les consoler et les instruire.</p>
	<p>En m&#234;me temps, le chr&#233;tien est un t&#233;moin (Actes 1: 8) qui veut transmettre &#224; d'autres sa raison de vivre et le bonheur qu'il a trouv&#233;. Il cherche &#224; le faire par les moyens les plus appropri&#233;s.</p>
	<p>Enfin, le chr&#233;tien est un homme qui est engag&#233; dans un processus de reconstruction de toute sa personnalit&#233;, esprit, &#226;me et corps, pour qu'il puisse pr&#233;senter &#224; Dieu une offrande agr&#233;able (1 Thessaloniciens 5:23) et offrir au monde un exemple valable.</p>
	<p>Le chr&#233;tien a donc quatre objectifs principaux : louer et glorifier Dieu, &#233;difier l&#8217;&#201;glise, t&#233;moigner de sa foi aupr&#232;s des non-croyants et &#234;tre transform&#233; &#224; l'image de Christ.</p>
	<p>... et la musique</p>
	<p>Les d&#233;finitions de la musique sont nombreuses. La plupart des auteurs s'accordent pour dire qu'elle est un langage qui va bien au-del&#224; des paroles et permet d'exprimer nos sentiments et nos &#233;tats d'&#226;me. Parce que l'homme "est avant tout un &#234;tre de foi, d'imagination et de sentiment" (J. Combarieu, 38 p. 9) - plus que de raison pure - la musique tient une si grande place dans toute civilisation.</p>
	<p>La musique est un don de Dieu. Le rythme, la m&#233;lodie, l'harmonie reposent sur des donn&#233;es et des lois de la nature. Notre oreille est une merveille de la cr&#233;ation, capable de transmettre au cerveau plusieurs dizaines de milliers d'impulsions par seconde. Le "don musical" intrigue les esprits les plus positifs. Dans son &#233;p&#238;tre, Jacques nous dit : "Toute gr&#226;ce excellente et tout don parfait descendent d'en-haut, du P&#232;re des lumi&#232;res." (1:17). Et qui refuserait ces qualificatifs &#224; la musique - ou du moins &#224; certaines musiques ? C'est Dieu qui "remplit de chants d'all&#233;gresse la bouche de l'homme int&#232;gre" disait Bildad &#224; Job (8:21) et Elihu confirme que c'est lui "qui inspire des chants d'all&#233;gresse pendant la nuit." (Job 35:10). C'est lui qui avait d&#233;j&#224; ordonn&#233; &#224; Mo&#239;se d'&#233;crire un cantique et de l'enseigner &#224; tout le peuple d'Isra&#235;l (Deut&#233;ronome 31:19, 22, 30), qui a mis dans la bouche de David un cantique nouveau (Psaume 40:3) et qui a inspir&#233; une trentaine de fois aux psalmistes l'ordre de chanter qu'ils devaient transmettre aux croyants. Jacques r&#233;p&#233;tera cette recommandation dans le Nouveau Testament. (5:13).</p>
	<p>Dans la liste des dons de 1 Corinthiens 14:26 accord&#233;s pour l'&#233;dification de l&#8217;&#201;glise, le premier nomm&#233; est d'ordre musical : "Lorsque vous vous assemblez, les uns ou les autres parmi vous ont-ils un cantique, une instruction..."</p>
	<p>Il est significatif que, partout dans le monde, la musique ait &#233;t&#233; associ&#233;e &#224; la religion. D'une part, elle a toujours &#233;t&#233; affect&#233;e d'un caract&#232;re religieux, et "d'attributions rituelles" (voir B. Gavoty, 75 p. 10). D'autre part, il n'existe "nulle part de religion sans musique" (G. Marchal, 50 p.13). Sans doute parce qu'elle nous apporte, comme le dit Teilhard de Chardin, "le sentiment d'une grande pr&#233;sence". Aussi n'est-il pas &#233;tonnant que Luther et Calvin l'aient appel&#233;e "un don de Dieu" - au moins un point sur lequel les deux R&#233;formateurs &#233;taient d'accord, m&#234;me s'ils ne s'accordaient pas sur son importance et sur sa place dans le culte public. Le chr&#233;tien accueille ce don avec reconnaissance, comme tous les autres dons de son P&#232;re. Il lui rend gr&#226;ce pour ce cadeau qui enrichit sa vie et lui apporte un reflet de la beaut&#233; et de la perfection divines.</p>
	<p>Que faire de ce cadeau de Dieu ? </p>
	<p>Supposez que vous ayez envoy&#233; &#224; vos enfants ind&#233;pendants un beau cadeau dans lequel vous avez mis tout votre amour. Lors de votre prochaine visite chez eux, vous d&#233;couvrez dans un coin le paquet encore ficel&#233;, tel que le facteur l'a apport&#233;. Quels seraient vos sentiments ?</p>
	<p>Beaucoup de chr&#233;tiens n'ont jamais pris conscience que la musique &#233;tait un pr&#233;cieux don de Dieu. D'autres ne se sont pas donn&#233; la peine de d&#233;baller ce cadeau, de l'examiner et de voir ce qu'ils pourraient en faire. Parmi ceux qui appr&#233;cient ce pr&#233;sent, un certain nombre l'utilisent essentiellement pour leur plaisir et ne voient pas trop l'usage qu'ils pourraient en faire pour Dieu. C'est pourquoi il nous faut examiner quelle place Dieu voudrait que la musique occupe dans la vie d'un chr&#233;tien.</p>
	<p>Les quatre fonctions de la musique</p>
	<p>La musique est &#224; la fois moyen d'expression et de communication. Le chr&#233;tien peut donc utiliser ce cadeau divin pour exprimer les sentiments qui lui sont propres et qu'il a souvent beaucoup de peine &#224; traduire par des mots : son amour pour Dieu, sa louange et sa reconnaissance pour tout ce qu'il a re&#231;u. Il peut aussi s'en servir pour communiquer avec les autres : encourager les uns dans leur marche avec le Seigneur et transmettre aux autres le message du salut. En m&#234;me temps, elle d&#233;veloppe en lui les facult&#233;s que Dieu lui a donn&#233;es et contribue &#224; son &#233;panouissement et &#224; son &#233;quilibre.</p>
	<p>Nous pouvons donc voir quatre fonctions principales de la musique dans la vie du chr&#233;tien :<br />
a)	louange et reconnaissance : la musique pour Dieu,<br />
b)	&#233;dification en commun : la musique pour l&#8217;&#233;glise,<br />
c)	transmission du message et t&#233;moignage : la musique dans l'&#233;vang&#233;lisation,<br />
d)	&#233;panouissement de l'homme entier : la musique pour la "r&#233;cr&#233;ation de l'esprit" (J.S. Bach).</p>
	<p>a) La musique pour Dieu</p>
	<p>Chanter pour Dieu</p>
	<p>Isra&#235;l &#233;tait le peuple de Dieu. Tout naturellement, les Isra&#233;lites chantaient pour leur Seigneur et leur musique avait pour but premier de le glorifier. Dans les quelques centaines de mentions de la musique dans l'Ancien Testament, il s'agit neuf fois sur dix de chanter ou de jouer pour Dieu, de le c&#233;l&#233;brer. Une trentaine de fois, nous trouvons dans les psaumes l'invitation : "Chantez &#224; l&#8217;&#201;ternel, vous qui l'aimez, vous tous habitants de la terre, chantez &#224; l&#8217;&#201;ternel notre force, c&#233;l&#233;brez son nom avec la harpe, avec des actions de gr&#226;ce... " (1 Chroniques 16:23; Psaume 81:2; 98:5; 147:7)</p>
	<p>Nous avons l'exemple de Mo&#239;se, de D&#233;borah, de David surtout, qui s'&#233;criait : "Je chanterai &#224; l&#8217;&#201;ternel, car il m'a fait du bien, je chanterai &#224; la gloire de ton nom, je chanterai ta fid&#233;lit&#233;, mon Dieu, ta force, ta bont&#233; et ta justice. Tu m'as ceint de force afin que mon c&#339;ur te chante, je chanterai &#224; l&#8217;&#201;ternel tant que je vivrai. Toute la terre chante en ton honneur." (Psaume 13:6; 18:50; 71:22; 30:13; 104:33; 66:4)</p>
	<p>Comme ses compatriotes, J&#233;sus chantait des psaumes avec ses disciples (Matthieu 26:30); Paul et Silas mis aux fers dans une prison faisaient retentir des cantiques en l'honneur de Dieu (Actes 16:25).</p>
	<p>Chanter, c'est entrer dans les intentions de Dieu qui nous a accord&#233; ce don et nous demande de l'utiliser pour sa gloire. Les croyants de l'Ancienne et de la Nouvelle Alliance nous en ont donn&#233; l'exemple.</p>
	<p>Pourquoi chanter ?</p>
	<p>Pourquoi chanter plut&#244;t que de dire notre louange &#224; Dieu ? Lorsque je parle, c'est essentiellement mon intelligence qui fonctionne : j'adh&#232;re par ma raison aux paroles exprim&#233;es par exemple dans un psaume, je les r&#233;p&#232;te parce qu'elles formulent ma pens&#233;e. Mais lorsque je chante, une couche plus profonde de ma personnalit&#233; entre en jeu : mes sentiments et m&#234;me mon corps se trouvent impliqu&#233;s dans la louange. Il suffit de dire, puis de chanter les paroles du Psaume 9:2-3 : "Je louerai l&#8217;&#201;ternel de tout mon c&#339;ur, je raconterai toutes ses merveilles, je chanterai son nom" pour sentir la diff&#233;rence. La musique souligne le texte, l'amplifie, le grave dans nos c&#339;urs et entra&#238;ne dans la louange les couches les plus profondes de notre &#234;tre dans un &#233;lan vers Dieu, elle mobilise notre subconscient et m&#234;me notre &#234;tre physique.</p>
	<p>Nous chantons pour exprimer &#224; Dieu notre reconnaissance (Psaume13:6), notre &#233;merveillement devant sa bont&#233;, sa fid&#233;lit&#233;, sa justice (Psaume 71: 22; 101:1), pour lui dire notre joie de lui appartenir (Psaume 98:4; 79:5, 13).</p>
	<p>Si un chr&#233;tien n'a jamais envie de chanter, m&#234;me pas "dans son c&#339;ur", ne serait-ce pas un signe que quelque chose ne va pas dans sa vie spirituelle ? L'ap&#244;tre Paul signale le chant des cantiques comme premi&#232;re manifestation de la pl&#233;nitude du Saint-Esprit et, en m&#234;me temps, comme un moyen d'y acc&#233;der (&#201;ph&#233;siens 5:19).</p>
	<p>"Ce dont le c&#339;ur est plein, la bouche d&#233;borde" disait J&#233;sus (Matthieu 12: 34; Luc 6:45). Si la bouche ne d&#233;borde jamais de chants, c'est qu'il y a un vide dans le c&#339;ur. Mais si elle d&#233;borde, le chant a cette facult&#233; merveilleuse de remplir le c&#339;ur encore davantage.</p>
	<p>"Quand on suit Dieu, pr&#233;tendait St-Augustin dans son De musica, il n'y a plus de mots, mais seulement des all&#233;luias." "Je c&#233;l&#233;brerai le nom de Dieu par des cantiques, disait David, je l'exalterai par des louanges. Cela est agr&#233;able &#224; l&#8217;&#201;ternel, plus qu'un taureau avec des cornes et des sabots." (Psaume 69:31-32). Alexandre Vinet allait jusqu'&#224; dire que "l'adoration est un &#233;tat d'&#226;me que le chant seul peut exprimer." M&#234;me s'il n'est pas le seul moyen d'exprimer son adoration, il contribue certainement &#224; lui donner un cachet particulier. Dans le Nouveau Testament aussi, l'ap&#244;tre Paul nous demande de chanter "&#224; Dieu sous l'inspiration de la gr&#226;ce" (Colossiens 3 :16).</p>
	<p>Fais-moi entendre ta voix</p>
	<p>Des dizaines de fois, l&#8217;&#201;criture nous invite &#224; chanter pour Dieu. C&#8217;est la r&#233;ponse qu'il attend de notre part &#224; l&#8217;&#339;uvre de r&#233;demption qu'il a accomplie pour nous et &#224; l'amour dont il nous entoure. Les seules paroles que prononce le berger, l'ami de la Sulamite, celui qui repr&#233;sente Dieu dans le Cantique des cantiques, nous rapportent cette demande : "Mes compagnons &#233;coutent, fais-moi entendre ta voix, car ta voix est bien douce."</p>
	<p>Le peuple de Dieu dans ce monde ressemble &#224; la Sulamite. Comme elle, il est pris entre la tentation des offres visibles de richesse, de pouvoir et de jouissances, et la fid&#233;lit&#233; &#224; l'&#201;ternel Absent qui n'appara&#238;tra sur la sc&#232;ne de la terre qu'&#224; la fin de l'histoire humaine. Comme la jeune fille, l'&#201;glise est invit&#233;e &#224; faire entendre sa voix pour chanter les perfections de son Ami. (cf. Cantique des cantiques 5 : 9-14 ; 6 : 3 ; et Alfred Kuen : Sagesse et po&#233;sie pour notre temps, p.17-20). Le berger demande ce chant pour lui-m&#234;me et pour des compagnons qui peuvent symboliser les l&#233;gions ang&#233;liques qui entourent J&#233;sus-Christ dans les lieux c&#233;lestes et qui sont particuli&#232;rement sensibles &#224; la louange de Dieu lorsqu'elle jaillit spontan&#233;ment de nos c&#339;urs. Nous touchons par l&#224; &#224; la vocation fondamentale de l'homme. Dieu nous dit que nous avons &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s pour sa gloire et que le peuple qu'il s'est form&#233; publiera ses louanges (&#201;sa&#239;e 43 :7, 21; cf. &#201;ph&#233;siens1:4-14 et Alfred Kuen : Pourquoi l'&#201;glise, p.10-28). C'est ce que nous ferons durant toute l'&#233;ternit&#233; (Apocalypse 5 : 9-13). Luther disait que la musique &#233;tait le seul art qui sera encore pratiqu&#233; dans le ciel. Mais nous n'avons pas besoin d'attendre l'au-del&#224; : ici et maintenant, l'&#201;glise anticipe d&#233;j&#224; sur sa vocation future et &#233;ternelle en chantant les louanges de Dieu. B&#233;n&#233;dict Pictet disait en 1706 : "Je prie le Seigneur qu'il nous apprenne &#224; chanter ses louanges sur la terre jusqu'&#224; ce que nous les chantions dans le ciel."</p>
	<p>Quand et o&#249; chanter ?</p>
	<p>Nous pouvons les chanter seuls, dans notre chambre ou notre cuisine en faisant des travaux qui ne r&#233;clament pas toute notre attention, en promenade ou en conduisant notre voiture, des cantiques connus ou des improvisations : Dieu les entend, il ne juge pas la valeur musicale comme les hommes, il regarde au c&#339;ur, agr&#233;ant notre d&#233;sir de le glorifier.</p>
	<p>Nous pouvons les chanter ensemble, lorsque nous sommes rassembl&#233;s pour le culte. C'&#233;tait la fonction des L&#233;vites dans le Temple. C'est aussi la vocation d'une chorale d'&#201;glise : offrir &#224; Dieu des louanges chant&#233;es de tout notre c&#339;ur et avec toute la perfection dont nous sommes capables. Nous acceptons les petits chants des enfants avec joie, nous les applaudissons pour leur intention de nous faire plaisir. Mais nous leur apprenons aussi &#224; &#234;tre peu &#224; peu plus exigeants et &#224; faire mieux.</p>
	<p>"L'artiste chr&#233;tien a plus d'obligations que d'autres musiciens de viser &#224; la meilleure qualit&#233; possible, dans le r&#233;pertoire comme dans l'interpr&#233;tation. Nous devrions intens&#233;ment d&#233;sirer les applaudissements de Dieu." (R. D. Dinwiddie Christianity Today 15. 7. 83, p. 20) Une telle vision peut transformer le minist&#232;re musical dans l'&#201;glise et motiver une formation qui fait trop souvent d&#233;faut aux artistes chr&#233;tiens.</p>
	<p>Jouer pour Dieu</p>
	<p>Chanter des cantiques est tr&#232;s important : accompagn&#233; par des instruments, le chant prend encore plus de relief ; la musique instrumentale seule peut aussi &#234;tre une offrande &#224; Dieu. Beaucoup de compositeurs ont d&#233;di&#233; leurs &#339;uvres &#224; des hommes c&#233;l&#232;bres ou &#224; des personnes qu'ils aimaient pour leur exprimer leur admiration ou leur profonde affection. J.S. Bach d&#233;diait toutes ses &#339;uvres "&#224; la seule gloire de Dieu" et "&#224; la joie de J&#233;sus". II disait dans son cours que la musique est "avant tout le plus puissant moyen de glorifier Dieu." II faut qu'elle "donne une harmonie agr&#233;able en l'honneur de Dieu et pour la r&#233;jouissance l&#233;gitime de l'&#226;me. Toute musique n'a d'autre fin que la gloire de Dieu et la r&#233;cr&#233;ation de l'esprit." (cit&#233; dans E. Kressmann, 44 p.124)</p>
	<p>D'autres musiciens ont &#233;t&#233; anim&#233;s des m&#234;mes sentiments. Palestrina, musicien officiel de la Chapelle Pontificale &#224; Rome au XVIe si&#232;cle, disait dans une lettre : "Je ne fais rien de plus volontiers que lorsque je me consacre, selon mes propres forces, au don de la musique, c'est-&#224;-dire (je ne veux) faire que des &#339;uvres &#224; la plus grande gloire de Dieu, (&#339;uvres) qui, d'apr&#232;s leur propre poids en paroles et en pens&#233;es, et en m&#234;me temps soutenues par l'art musical, puissent &#233;veiller facilement les bonnes dispositions de l'homme &#224; la pi&#233;t&#233;." (cit&#233; J. Grindel, p.104)</p>
	<p>Guillaume Franck, le chantre de Lausanne, coll&#232;gue de L. Bourgeois, &#233;crivait dans la pr&#233;face de son Psautier (1565) : "Je ne me suis propos&#233; d'autre but que l'avancement de l'honneur et gloire de notre Seigneur, en employant le talent qu'il m'a donn&#233; au service de son &#201;glise." (cit&#233; E. Kressmann, 44 p.123). Ainsi, certaines musiques ont &#233;t&#233; compos&#233;es pour Dieu, pour lui offrir ce que le compositeur pouvait faire de meilleur - tout comme les sculpteurs ornaient les fa&#231;ades et les autels des cath&#233;drales des &#339;uvres que leurs mains avaient fa&#231;onn&#233;es avec amour. Le Psaume 27 juxtapose l'id&#233;e de sacrifice et le chant pour l'&#201;ternel (v.6). L'offrande musicale est aussi un sacrifice (en temps, en &#233;nergie, en travail). Le compositeur qui l'offre &#224; Dieu lui dit par l&#224; combien il le valorise. L'orchestre ou la chorale qui ex&#233;cute cette &#339;uvre apporte les m&#234;mes sacrifices, mais les consent joyeusement puisque c'est pour Dieu.</p>
	<p>b ) La musique pour &#233;difier l'&#201;glise</p>
	<p>C'est principalement cet aspect que l'ap&#244;tre Paul avait en vue lorsqu'il demandait aux &#201;ph&#233;siens : "Entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes et par des cantiques spirituels, chantant et c&#233;l&#233;brant de tout votre c&#339;ur les louanges du Seigneur." (5:19) ou aux Colossiens : "instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres par des psaumes, des hymnes, des cantiques spirituels." (3 :16)</p>
	<p>Par le chant, nous pouvons dire bien mieux que par des paroles notre bonheur de marcher avec J&#233;sus, notre d&#233;sir de lui &#234;tre davantage consacr&#233;s, Nous pouvons nous stimuler mutuellement &#224; l'adoration ("&#192; l'Agneau sur son tr&#244;ne apportons la couronne...", "Rendez &#224; Dieu l'honneur supr&#234;me...", "Nous venons dans ta maison et nous nous assemblons pour t'adorer...", "Saint, saint, saint est le Seigneur...", "J&#233;sus nous t&#8217;adorons..."), &#224; la reconnaissance ("Compte les bienfaits de Dieu"), &#224; la cons&#233;cration ("Abandonne ta vie, tes craintes...", "Nous sommes au Seigneur et non point &#224; nous-m&#234;mes"). Nous nous exhortons mutuellement &#224; la sanctification ("Veille au matin...", "Christ nous pr&#233;c&#233;dant, marchons en avant"), &#224; l'action ("Debout sainte cohorte...", "Il faut b&#226;tir c'est l'heure"). Dans la souffrance et le deuil, nous nous consolons mutuellement (1 Thessaloniciens 4:18) bien mieux par le chant et la musique que par des paroles.</p>
	<p>Chanter ensemble chasse la crainte, les angoisses et les incertitudes par le fait de s'associer &#224; la foi ferme et &#224; l'assurance du compositeur qui s'exprimait dans des m&#233;lodies comme : "J&#233;sus sort de la tombe, il vit, il est vainqueur", ou : "Je sais en qui j'esp&#232;re, je sais en qui je crois", "Mon R&#233;dempteur est vivant", "Chr&#233;tien, r&#233;jouis-toi..." Nulle part dans la musique profane, on ne trouve une expression de sentiments semblables. Ces cantiques sont des t&#233;moignages irr&#233;cusables d'une joie et d'une foi ferme et assur&#233;e qu'aucune philosophie ne peut donner. La calme s&#233;r&#233;nit&#233; de "J&#233;sus que ma joie demeure" de J.S. Bach a convaincu plus d'un incroyant de la r&#233;alit&#233; de la foi.</p>
	<p>Il faut pr&#233;ciser toutefois que "la musique ne peut, par elle-m&#234;me, amener les gens &#224; adorer" (J.-F. Wilson) : l'adoration en esprit et en v&#233;rit&#233; a sa source non dans le sentiment, mais dans l'esprit, dans la volont&#233; et dans l'amour de Dieu. La musique ne peut pas davantage cr&#233;er les dispositions spirituelles pour nous approcher de Dieu, seul le Saint-Esprit a ce pouvoir. N'essayons pas de nous servir d'elle comme d'un instrument de manipulation psychologique : les fruits seraient &#224; la mesure de l'instrument, c&#8217;est &#224; dire psychiques mais non spirituels, fugaces mais non durables (cf. Jean 15 :16).</p>
	<p>Chanter m&#234;me aux heures sombres</p>
	<p>C'est aux heures sombres que la musique r&#233;v&#232;le tout son pouvoir. Ernest Gordon raconte que, dans le camp de concentration pr&#232;s de la Rivi&#232;re Kwa&#239; les prisonniers avaient constitu&#233; un petit orchestre, malgr&#233; tous les efforts de leurs vainqueurs pour leur arracher les derniers vestiges d'humanit&#233;. "La musique, dit-il, nous rappelait qu'on peut toujours trouver de la beaut&#233; dans la vie, m&#234;me au milieu des cendres." (Through the Valley of Kwai, Harper and Row 1962, p.164) W. Edgar (MP, p.1) qui le cite ajoute: "Les blues ont &#233;t&#233; chant&#233;s par les Noirs d'Am&#233;rique au milieu des pires difficult&#233;s."). Les Negros Spirituals ont la m&#234;me origine.</p>
	<p>Les plus beaux cantiques sont n&#233;s d'une d&#233;tresse ou d'un deuil et ont &#233;t&#233; une source de consolation pour d'innombrables chr&#233;tiens. Il suffit de citer Paul Gerhardt (1607-1676) qui venait de tout perdre dans la guerre : femme, enfants, foyer, et qui composa le cantique: Befiehl du deine Wege (Recommande ta vie et ce qui blesse ton c&#339;ur aux soins attentifs de Celui qui dirige les mondes. Lui qui m&#232;ne vents et nuages &#224; travers leurs chemins et leurs voies, trouvera bien un sentier sur lequel ton pied pourra marcher.)</p>
	<p>Chanter ensemble</p>
	<p>Autrefois, on se retrouvait souvent simplement pour chanter ensemble. C'&#233;tait joyeux, parfois bruyant ou m&#234;me un brin sentimental, autour d'un harmonium poussif ou d'une guitare mani&#233;e par un amateur. On sortait de ces rencontres impr&#233;gn&#233; d'une atmosph&#232;re d'harmonie et de joie, arm&#233; contre les influences d&#233;l&#233;t&#232;res du monde ambiant. Peu &#224; peu, on apprenait aussi quantit&#233; de chants dont les paroles vous soutenaient aux moments de la tentation ou de la d&#233;tresse. Aujourd'hui, on &#233;coute des ensembles dont la qualit&#233; musicale est certainement bien sup&#233;rieure &#224; ces groupes improvis&#233;s, mais il n'est pas certain que l'assistance &#224; un concert ou l'&#233;coute de cassettes ait les m&#234;mes effets.</p>
	<p>Une chr&#233;tienne nous a racont&#233; que, dans un pays de l'Est, les jeunes se retrouvaient tous les dimanches apr&#232;s-midi dans leur jardin pour chanter des cantiques des heures durant. Je me rappellerai toujours un Lundi de P&#226;ques, peu apr&#232;s la guerre, &#224; la Chartreuse de la Valbonne. Des prisonniers de guerre allemands assis par terre au soleil se sont mis &#224; chanter. Les m&#233;lodies s'encha&#238;naient, les voix se m&#234;laient, nostalgiques ou vibrantes d all&#233;gresse, les heures s'&#233;coulaient port&#233;es par cette communion humaine bienfaisante et enrichissante. Pendant toute l'apr&#232;s-midi, ils ont chant&#233;, s'encourageant mutuellement et se fortifiant dans le souvenir de la patrie qu'ils esp&#233;raient bient&#244;t retrouver. Ainsi le chr&#233;tien se transporte en pens&#233;e par ses chants dans la patrie c&#233;leste vers laquelle il est en chemin.</p>
	<p>c ) La musique pour l'&#233;vang&#233;lisation</p>
	<p>La musique est un moyen privil&#233;gi&#233; de communication. Les chr&#233;tiens voudront bien s&#251;r l'utiliser pour partager avec d'autres ce qu'ils ont de plus pr&#233;cieux. Elle est rest&#233;e l'une des expressions qui "passe" le plus facilement : la lecture fatigue, les discours font bailler, mais la musique a gard&#233; son pouvoir de fascination. Si elle n'est pas un moyen direct d'&#233;vang&#233;lisation, elle servira du moins de "pr&#233;-&#233;vang&#233;lisation". Le compositeur Georges Migot rapporte "l'&#233;mouvante d&#233;finition" qu'une de ses auditrices donnait de la musique : "elle pr&#233;pare le chemin pour Celui qui vient toujours", et il dit que cette remarque fut pour lui la cons&#233;cration de toute sa vie. (P. M., p. 33)</p>
	<p>Dans la Bible ?</p>
	<p>John Blanchard fait remarquer que nulle part, ni dans l'Ancien Testament ni dans le Nouveau, il n'est question d'une utilisation de la musique pour communiquer le message &#224; des non-croyants. Toujours le chant et la musique &#233;taient mis au service du culte, de l'adoration et de la louange. L'antiquit&#233; connaissait le th&#233;&#226;tre, la danse et la musique. Nous n'avons aucune indication qui nous permette de penser que les Juifs se soient servis de ces moyens pour faire des pros&#233;lytes, ni que l'&#201;glise primitive ou l'&#201;glise ancienne aient utilis&#233; ces formes artistiques pour &#233;vang&#233;liser les Grecs ou les Romains. Au contraire, les premiers chr&#233;tiens se sont distanc&#233;s de tout ce qui rappelait les festivit&#233;s pa&#239;ennes. Les P&#232;res de l'&#201;glise ont s&#233;v&#232;rement proscrit jusqu'aux instruments de musique dans les r&#233;unions chr&#233;tiennes parce qu'ils &#233;voquaient pour les jeunes convertis les turpitudes d'un monde auquel ils avaient renonc&#233;.</p>
	<p>Mais nous ne vivons plus dans le m&#234;me contexte. Nous n'avons pas besoin de nous laisser lier par leur exemple justifi&#233; par des raisons devenues caduques. Souvenons-nous toutefois du silence de la Parole de Dieu au sujet de l'utilisation de la musique dans l'&#233;vang&#233;lisation. Le seul r&#233;cit qui juxtapose le chant et la conversion de pa&#239;ens est celui de Paul et Silas dans la prison de Philippes. Mais les deux ap&#244;tres n'ont pas entonn&#233; des chants d'&#233;vang&#233;lisation (qui sans doute n'existaient pas) &#224; l'adresse du ge&#244;lier et de leurs co-d&#233;tenus : ils ont chant&#233; les louanges de Dieu et c'est par ces chants, par le tremblement de terre et l'action du Saint-Esprit, que le ge&#244;lier a &#233;t&#233; convaincu de p&#233;ch&#233;: un exemple &#224; retenir. Nous n'avons aucune prise sur les tremblements de terre, mais si nous chantons les louanges de notre Dieu et si nous le prions d'agir par son Saint-Esprit, nous pourrons encore aujourd'hui voir des merveilles.</p>
	<p>L'utilisation du chant pour l'&#233;vang&#233;lisation peut s'appuyer sur l'exemple de David qui a dit au Psaume 57:10 et au Psaume 108:4: "Je te louerai parmi les peuples, Seigneur ! Je te chanterai parmi les nations." (cf. Psaume 18: 50). Pour David, les peuples et les nations &#233;taient les pa&#239;ens. Et certainement les 4 000 L&#233;vites constituant son orchestre sacr&#233; et sa chorale ont d&#251; impressionner les &#233;trangers de passage &#224; J&#233;rusalem. Mais notons aussi de quels chants David parle : de cantiques de louange, c&#233;l&#233;brant la grandeur de Dieu. Ailleurs, il &#233;voque les diff&#233;rents attributs de Dieu qu'il veut glorifier par ses chants : sa force (59:17), sa fid&#233;lit&#233; (71: 22), sa bont&#233; et sa justice (101:1). Il veut chanter en son honneur en &#233;voquant le bien qu'Il lui a fait (13:6), la joie qu'Il a mise dans son c&#339;ur (30:13), l'affermissement qu'Il lui a donn&#233; (57: 8). Ce sont donc des chants de t&#233;moignage, disant &#224; ceux du dehors ce que Dieu est pour nous et ce qu'Il a fait pour nous.</p>
	<p>Cette perspective du chant d'&#233;vang&#233;lisation commande aussi sa forme : il faut que la musique refl&#232;te &#224; la fois les caract&#232;res de Dieu et les sentiments qu'il fait na&#238;tre dans le c&#339;ur de ses enfants. Elle sera donc tr&#232;s diff&#233;rente de celle du monde pour pouvoir donner, dans un style que les gens du dehors comprennent et appr&#233;cient, l'image d'une vie totalement transform&#233;e par le Dieu "Tout-Autre". Elle doit susciter en eux, dans un langage proche du leur, la nostalgie du paradis perdu, la soif de puret&#233; et d'authenticit&#233;, le d&#233;sir d'en savoir plus long sur la source des sentiments exprim&#233;s l&#224;. Cette double exigence d'une musique d'&#233;vang&#233;lisation &#224; la fois authentique et efficace (forme compr&#233;hensible, style adapt&#233; au public actuel - contenu vrai et transparent) constitue le fond du probl&#232;me de la musique chr&#233;tienne actuelle. L'accent mis tant&#244;t sur l'un, tant&#244;t sur l'autre aspect est &#224; l'origine de toutes les tensions et polarisations autour de ce th&#232;me.</p>
	<p>Dans l'histoire</p>
	<p>L'histoire nous fournit de bons exemples d'utilisation du chant dans la communication de l'&#201;vangile &#224; ceux qui n'&#233;taient pas encore chr&#233;tiens. Luther a beaucoup compt&#233; sur les chorals pour propager les v&#233;rit&#233;s de la foi chr&#233;tienne. Les psaumes huguenots ont jou&#233; un grand r&#244;le dans l'expansion de la R&#233;forme. Au XVIe si&#232;cle, toute la cour royale chantait les psaumes de Cl&#233;ment Marot sur toutes sortes de m&#233;lodies et certains hauts personnages se laiss&#232;rent gagner aux id&#233;es nouvelles.</p>
	<p>Connaissez-vous l'histoire de cette cit&#233; qui est pass&#233;e &#224; la R&#233;forme par l'influence d'un cantique ? Un huguenot arrive dans une ville inconnue. II s'assied sur la margelle du puits de la grande place et se met &#224; chanter des psaumes. Bient&#244;t, les enfants se groupent autour de lui et lui demandent de leur apprendre l'un de ces chants. Les parents s inqui&#232;tent et vont &#233;couter &#224; leur tour. Les pr&#234;tres les pr&#233;viennent de ne pas pr&#234;ter l'oreille &#224; ces chants h&#233;r&#233;tiques, mais les habitants insistent : ils ne trouvent rien de pernicieux dans ces paroles et ils voudraient bien apprendre de tels chants pour louer Dieu. Ils font donc venir de la ville voisine un "pr&#233;dicant" pour leur enseigner des psaumes; et il leur annoncera aussi la Parole de Dieu. John Wesley fut tellement impressionn&#233; par le chant des missionnaires moraves sur le bateau qui l'emportait en Am&#233;rique, qu'il d&#233;cida d'apprendre l'allemand pour pouvoir converser avec eux et traduire leurs cantiques. Cet &#233;pisode marqua une &#233;tape importante dans son propre cheminement vers la conversion. Lui et son fr&#232;re Charles Wesley furent si bien convaincus de la valeur des cantiques qu'ils en compos&#232;rent 6 500 au cours de leur minist&#232;re (3 par semaine pendant 57 ans). Leur but premier n'&#233;tait pas l'&#233;vang&#233;lisation, mais l'enseignement chr&#233;tien, la louange et l'expression de leur foi. N'emp&#234;che que ces cantiques ont jou&#233; un r&#244;le consid&#233;rable dans l'expansion du r&#233;veil m&#233;thodiste, c&#8217;est &#224; dire dans la conversion de milliers d'hommes et de femmes au XVIIIe si&#232;cle - et jusqu'&#224; nos jours.</p>
	<p>Chaque r&#233;veil fut accompagn&#233; d'une renaissance du chant religieux. &#192; Gen&#232;ve, C&#233;sar Malan &#224; lui seul composa un millier de cantiques, sans compter les innombrables po&#232;mes des autres hommes du R&#233;veil adapt&#233;s par Madame Lutteroth sur des m&#233;lodies classiques. Les "chants du R&#233;veil" ont port&#233; le message de l'&#201;vangile l&#224; o&#249; aucune parole de pr&#233;dicateur n'a p&#233;n&#233;tr&#233;. Dans les pays anglophones, Moody se fit toujours accompagner par Ira Sankey qui soulignait souvent le message de l'&#233;vang&#233;liste par un cantique improvis&#233; &#224; la fin de la r&#233;union. Ses "Songs and solos" ont fait le tour du monde et ont &#233;vang&#233;lis&#233; davantage de personnes qu'aucun autre livre humain. Dans les grandes campagnes de Billy Graham, le chant de George Beverly Shea pr&#233;parait les c&#339;urs &#224; l'&#233;coute du message. On pourrait ajouter de nombreux exemples de personnes qui ont &#233;t&#233; attir&#233;es dans une r&#233;union par de beaux chants, de jeunes qui sont entr&#233;s dans une salle d'&#233;vang&#233;lisation pouss&#233;s par le d&#233;sir d'entendre un groupe musical, de gens qui ont entendu une &#233;mission &#233;vang&#233;lique &#224; cause de la musique qui l'encadrait, etc.</p>
	<p>Une exp&#233;rience r&#233;cente</p>
	<p>Une exp&#233;rience r&#233;cente en terre missionnaire confirme ce pouvoir de la musique pour ouvrir les c&#339;urs. Pendant des g&#233;n&#233;rations, les Touaregs sont rest&#233;s ferm&#233;s &#224; l'&#201;vangile, tous les efforts vari&#233;s avaient &#233;chou&#233; aupr&#232;s des fiers cavaliers du d&#233;sert. Il y a quelque temps, des membres de la Soci&#233;t&#233; Internationale Missionnaire ont compos&#233; des chants adaptant des textes bibliques &#224; des m&#233;lodies semblables &#224; celles de leur folklore. L'effet de ce nouveau mode d'&#233;vang&#233;lisation fut extraordinaire : plusieurs tribus se sont montr&#233;es r&#233;ceptives au message biblique pr&#233;sent&#233; sous cette forme qui faisait appel aux couches profondes du subconscient nourri par la tradition musicale autochtone. Mais ce v&#233;hicule n'&#233;tait que le moyen de faire accepter des paroles bibliques soigneusement choisies et retransmises de fa&#231;on bien compr&#233;hensible. Ce sont elles qui ont touch&#233; les esprits et les consciences. La musique elle-m&#234;me ne convertit personne. "La foi vient de ce qu'on entend, et ce qu'on entend vient de la parole de Christ." (Romains 10:17). Pour que le Saint-Esprit puisse agir par cette parole, il faut qu'elle soit comprise et re&#231;ue. Si la musique devient un instrument de manipulation des foules, les conversions &#233;ventuelles ne dureront pas. Mais la musique peut offrir un terrain de rencontre, donner des occasions de contact, cr&#233;er une atmosph&#232;re dans laquelle la parole sera plus facilement &#233;cout&#233;e, c&#8217;est &#224; dire pr&#233;parer le chemin &#224; la Parole.</p>
	<p>d ) La musique pour &#233;panouir l'homme entier</p>
	<p>Le Dr Otto Riecker dit que "la vie spirituelle s'&#233;tiole si elle est domin&#233;e uniquement par la raison et l'esprit intellectuel." (Erwecklich singen, p. 25). La musique aide &#224; &#233;veiller et &#224; d&#233;velopper en nous la vie des sentiments, &#224; les affiner et les nuancer. Elle nous fait participer &#224; la vie &#233;motive des autres. Elle donne &#224; notre vie spirituelle une nouvelle dimension. Dans la nature, autour de nous, tout n'est pas fonctionnel. Dieu n'a pas seulement fait pousser des c&#233;r&#233;ales et des fruits pour nous nourrir, il a aussi cr&#233;&#233; les fleurs, plus belles les unes que les autres, il a donn&#233; aux insectes, aux oiseaux et aux arbres des formes et des couleurs innombrables. Il a mis dans le c&#339;ur de l'homme un sens esth&#233;tique qui lui permet d'appr&#233;cier la beaut&#233;. Celle-ci a certainement un r&#244;le &#224; jouer dans la re-cr&#233;ation de l'homme sur le mod&#232;le de Dieu. Lorsque Bach disait qu'il composait sa musique "pour la gloire de Dieu et la r&#233;cr&#233;ation de l'esprit ", il entendait non seulement le plaisir fugace que l'on peut en tirer au moment de l'audition, mais cette transformation int&#233;rieure qu'elle op&#232;re en celui qui l'&#233;coute. C'est bien ce que la sagesse populaire, les philosophes et les po&#232;tes ont dit depuis toujours: un peu partout, on trouve des aphorismes exaltant les vertus de la musique qui "adoucit les moeurs". Le vieil Aristote pr&#233;tendait qu'elle "purge les passions et les purifie." Au XVIe si&#232;cle, Ronsard affirmait qu'elle "adoucit un c&#339;ur tant soit-il dur". Selon Stendhal, elle "pr&#233;dispose &#224; l'amour", pour Stravinsky, elle institue "un ordre entre l'homme et le temps", pour Balzac, elle "a la puissance de nous faire rentrer en nous-m&#234;mes". Un proverbe chinois allait jusqu'&#224; dire : "Si le roi aime la musique, son royaume est beaucoup mieux gouvern&#233;."</p>
	<p>Certaines de ces affirmations sont peut-&#234;tre os&#233;es, mais l'on ne saurait nier l'ensemble des constatations sur lesquelles elles reposent. Elles nous incitent &#224; r&#233;server une place appropri&#233;e &#224; la musique dans nos programmes d'&#233;ducation et de formation personnelle ainsi que dans notre vie communautaire.</p>
	<p>Toutes les musiques ont-elles ces vertus b&#233;n&#233;fiques ? Il serait t&#233;m&#233;raire de l'affirmer. Nous avons vu que, d&#233;j&#224; aux temps bibliques, la musique pouvait &#234;tre utilis&#233;e pour exalter les passions perverses de l'homme (Exode 32:6-17; cf. 1 Corinthiens 10:6-8) ou pour le conditionner en vue de sa soumission &#224; l'idol&#226;trie (Daniel 3:5, 7; cp. Amos 6: 5). Depuis lors, le pouvoir suggestif de la musique a &#233;t&#233; consid&#233;rablement renforc&#233;. Par la diversification des harmonies, l'affinement de l'orchestration, l'intensification du volume sonore et l'accentuation du rythme, on est parvenu &#224; faire de la musique un instrument de manipulation psychologique de premier ordre. Cette manipulation consciente ne s'exerce, h&#233;las, pas toujours en vue d'une am&#233;lioration de l'homme, comme nous le verrons en &#233;tudiant, dans un autre Cahier, l'&#233;volution historique de la musique. Si le chr&#233;tien d'aujourd'hui veut &#233;panouir son &#234;tre int&#233;rieur, il est oblig&#233; de choisir avec discernement les musiques auxquelles il s'expose.</p>
	<p>Soli Deo Gloria</p>
	<p>Le chr&#233;tien qui cherche sinc&#232;rement &#224; conna&#238;tre la place que la musique devrait occuper dans sa vie trouve dans la Parole de Dieu une directive g&#233;n&#233;rale qui s'applique &#224; tous les domaines de son existence : "Faites tout pour la gloire de Dieu" (1 Corinthiens 10:31). En disant "tout", l'ap&#244;tre a trac&#233; un cadre suffisamment large pour y faire rentrer toutes nos activit&#233;s. Il en pr&#233;cise quelques-unes : "soit que vous mangiez, soit que vous buviez" puis il &#233;tend le principe &#224; tous les actes qui meublent nos journ&#233;es : "soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu." Celui qui a accept&#233; J&#233;sus comme Sauveur et Seigneur n'est plus un homme autonome, c&#8217;est &#224; dire qui fixe lui-m&#234;me sa loi, sa r&#232;gle de conduite, il est "sous la loi de Christ" (1 Corinthiens 9:21). Or, J&#233;sus-Christ cherchait toujours ce qui &#233;tait agr&#233;able &#224; Dieu et qui contribuait &#224; Sa gloire (Jean 7:18; 8:29, 49;17:4).</p>
	<p>"Nul ne vit pour lui-m&#234;me, et nul ne meurt pour lui-m&#234;me. Car si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur; et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Soit que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur." (Romains 14: 7-8) "Ne savez-vous pas que vous ne vous appartenez pas &#224; vous-m&#234;mes? Car vous avez &#233;t&#233; rachet&#233;s &#224; un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent &#224; Dieu." (1 Corinthiens 6:19-20). "Christ est mort afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-m&#234;mes mais pour celui qui est mort et ressuscit&#233; pour eux" (2 Corinthiens 5:15). "... afin qu'en toutes choses, Dieu soit glorifi&#233; par J&#233;sus-Christ." (1 Pierre 4:11; cf. Malachie 2: 2)</p>
	<p>Oui, celui qui est n&#233; de nouveau par la gr&#226;ce de Dieu d&#233;sire faire toutes choses pour la gloire de Dieu - aussi la musique. Toute son activit&#233; se passe sous le regard du P&#232;re, il est son enfant et vit en fonction de lui. La musique que nous acceptons d'&#233;couter et celle que nous chantons ou jouons seuls ou &#224; plusieurs - doit contribuer &#224; glorifier Dieu. "&#192; la seule gloire de Dieu" : c'est, comme nous l'avons vu, la devise que Jean-S&#233;bastien Bach avait adopt&#233;e et que nous retrouvons sur presque toutes ses partitions :</p>
	<p>S.D.G. (Soli Deo Gloria).</p>
	<p>Que signifie-t-elle pratiquement pour le chr&#233;tien musicien ?</p>
	<p>a ) &#201;viter les fausses pistes</p>
	<p>Faire quelque chose pour la gloire de Dieu signifie que nous d&#233;sirons qu'il re&#231;oive tout l'honneur et la louange suscit&#233;s par notre action, qu'il soit mieux connu, aim&#233; et servi par un plus grand nombre d'adorateurs. Par cons&#233;quent, nous renon&#231;ons &#224; la gloire personnelle que nous pourrions en tirer. Le monde de la musique, comme toute l'activit&#233; artistique, a &#233;t&#233; d&#233;vi&#233; vers la glorification de l'homme. L'un des buts - avou&#233;s ou inavou&#233;s de tout artiste - est de se faire un nom (cf. Gen&#232;se 11:4). J&#233;sus dirait aussi &#224; ce sujet : "Qu'il n'en soit pas ainsi parmi vous." Matthieu 20:26). Dans un culte centr&#233; sur la louange et l'adoration de Dieu, on concevrait difficilement qu'on applaudisse l'organiste ou un autre soliste. La musique est offerte &#224; Dieu comme les pri&#232;res des fid&#232;les. Les auditeurs s'associent &#224; cette offrande musicale. Ils ne sont pas l&#224;, en premier lieu, pour jouir de la musique ou pour en appr&#233;cier la qualit&#233; et manifester leur approbation.</p>
	<p>Faire de la musique pour la gloire de Dieu signifierait-il que nous n'avons plus le droit d'y trouver notre plaisir ? Nous mangeons "pour vivre", certes, mais Dieu ne nous interdit pas de jouir de nos repas. Autre chose serait de vivre pour manger, de passer tout son temps et son argent &#224; varier les menus et &#224; raffiner les plats. La jouissance est devenue l'imp&#233;ratif majeur de notre g&#233;n&#233;ration : aujourd'hui, beaucoup de gens ne vivent que pour jouir. La musique tient une large place dans le programme des r&#233;jouissances offertes sur le march&#233;. Des appareils de plus en plus perfectionn&#233;s sollicitent le m&#233;lomane de la fin du XXe si&#232;cle. Le chr&#233;tien se sait responsable devant Dieu de l'emploi de son temps et de son argent. Il ne saurait donc entrer dans cette course sans fin qui engloutirait toutes ses disponibilit&#233;s (sur les deux plans cit&#233;s) pour le simple plaisir d'une jouissance encore plus raffin&#233;e. Chacun doit trouver devant Dieu la part qu&#8217;il peut consacrer &#224; la musique - part qui sera tr&#232;s variable de l&#8217;un &#224; l&#8217;autre suivant la vocation, le milieu et les engagements personnels.</p>
	<p>Le m&#234;me probl&#232;me se pose aussi aux groupes musicaux chr&#233;tiens : que signifie pour eux : "jouer &#224; la gloire de Dieu" sur le plan du mat&#233;riel &#224; acqu&#233;rir, du temps et des forces &#224; consacrer &#224; leur pr&#233;paration ? Le probl&#232;me n'est pas simple. En dessous d'un certain niveau, ils ne se sentent pas cr&#233;dibles devant le monde. Mais au-dessus, il n'y a pas de limite. Devront-ils donc consacrer des sommes consid&#233;rables &#224; l'acquisition d'un &#233;quipement &#233;lectronique qui leur permette de concurrencer les groupes du monde, passer tout leur temps &#224; r&#233;p&#233;ter, donc devenir presque des professionnels ? Mais l'impact est-il n&#233;cessairement fonction de la technique ? Les exp&#233;riences nombreuses et diverses ont montr&#233; que l'Esprit de Dieu agit toujours &#224; travers les ex&#233;cutants, c&#8217;est &#224; dire par le rayonnement de leur personnalit&#233; et le t&#233;moignage de leur vie commune. Vous &#234;tes bien d'accord que la pri&#232;re, la m&#233;ditation r&#233;guli&#232;re de la Parole de Dieu et l'&#233;coute des conseils fraternels sont plus importantes que le nombre des r&#233;p&#233;titions et les raffinements de la technique. R&#233;fl&#233;chissons bien avant de nous laisser emporter dans l'escalade actuelle.</p>
	<p>Tout est permis, mais...</p>
	<p>L'ap&#244;tre Paul &#233;nonce le principe positif "faites tout pour la gloire de Dieu" apr&#232;s avoir pos&#233; quatre barri&#232;res de s&#233;curit&#233; :</p>
	<p>"Tout est permis mais tout n'est pas utile" (1 Corinthiens 6:12;10:23) c'est-&#224;-dire ne contribue pas &#224; notre progr&#232;s spirituel. Le mot employ&#233; par l'ap&#244;tre est de la m&#234;me racine que symphonie (des sons et des accords mis ensemble). Une musique utile nous aide &#224; faire de notre vie un ensemble harmonieux qui glorifie le Cr&#233;ateur.</p>
	<p>" Tout est permis, mais tout n'&#233;difie pas" (1 Corinthiens 10: 23) c'est-&#224;-dire n'aide pas &#224; construire une personnalit&#233; chr&#233;tienne stable et &#233;quilibr&#233;e, et surtout, ne contribue pas &#224; cr&#233;er entre les membres de l'&#233;glise une communion marqu&#233;e par une m&#234;me pens&#233;e et un m&#234;me sentiment. Certaines musiques - comme certaines doctrines - ont un effet diviseur sur une communaut&#233;, d'autres unissent dans une m&#234;me joie, un m&#234;me &#233;lan. C'est ce que le Nouveau Testament appelle &#233;difier (cf. Actes 9: 31; &#201;ph&#233;siens 2:20, 22; 4:16; 1 Pierre 2: 5).</p>
	<p>"Tout est permis, mais je ne me laisserai asservir par rien." (1 Corinthiens 6:12) Les meilleures choses deviennent dangereuses si je risque de perdre ma libert&#233; &#224; leur &#233;gard, si elles deviennent n&#233;cessaires &#224; mon bien &#234;tre, si j'en ai besoin pour travailler ou pour &#234;tre heureux aux moments libres. Aujourd'hui la musique est devenue pour beaucoup une drogue dont ils auraient de la peine &#224; se passer.</p>
	<p>La musique est un moyen merveilleux par lequel Dieu peut nous apaiser, nous r&#233;jouir ou nous fortifier, mais elle reste un moyen - comme les aliments ou les rem&#232;des - entre les mains de Dieu. Ce n'est pas de la musique elle-m&#234;me que j'attends ces bienfaits, mais du P&#232;re c&#233;leste. Je me garderai donc d'y investir plus de temps, de forces et de r&#233;ceptivit&#233; qu'il n'est judicieux, afin de ne pas tomber dans la d&#233;pendance &#224; son &#233;gard et de ne pas avoir besoin d'elle pour &#234;tre apais&#233;, stimul&#233; ou "mis sur orbite". Pour beaucoup de m&#233;lomanes, elle est devenue un succ&#233;dan&#233; de la religion. Ils en attendent tous les bienfaits que le croyant re&#231;oit dans sa communion avec Dieu : consolation, transformation int&#233;rieure, lib&#233;ration des passions, communion avec les autres... Je veillerai donc &#224; ne pas faire d&#8217;une servante une idole.</p>
	<p>"Prenez garde que votre libert&#233; ne devienne une pierre d'achoppement pour les faibles." (1 Corinthiens 8:9; cp. Romains14:13, 21) Pour un ancien alcoolique, ma libert&#233; peut devenir l'occasion d'une rechute. Ceux qui ont d&#251; &#234;tre lib&#233;r&#233;s de la passion de la musique par une intervention du Seigneur peuvent &#234;tre incit&#233;s &#224; retomber dans leur ancienne d&#233;pendance en voyant notre libert&#233; &#224; l'&#233;gard de certaines musiques. Mieux vaut donc s'abstenir si cela peut &#234;tre pour un fr&#232;re "une pierre d'achoppement ou une occasion de chute, de scandale ou de faiblesse" (Romains14:21).</p>
	<p>b ) Les saines motivations</p>
	<p>1. Reflet de Dieu</p>
	<p>Faire de la musique &#224; la gloire de Dieu, ce n'est pas seulement &#233;viter les fausses pistes, c'est surtout contribuer &#224; ce que Dieu soit reconnu pour ce qu'il est par un certain nombre croissant de personnes. Glorifier Dieu ou "le nom de Dieu" (Jean 17), c'est manifester et faire reconna&#238;tre ses qualit&#233;s, en particulier, sa gr&#226;ce, sa grandeur, sa beaut&#233;. La musique glorifie Dieu lorsqu'elle refl&#232;te ces qualit&#233;s et les &#233;voque dans l'esprit des auditeurs.</p>
	<p>Les instruments invent&#233;s par les hommes et les voix des ch&#339;urs peuvent s'accorder pour manifester cette gloire de Dieu : faire sentir son amour, resplendir sa lumi&#232;re et sa beaut&#233;. Qui n'a pas &#233;t&#233; saisi par la puissance de certains chorals de Bach, par les trompettes de Haendel ou le ch&#339;ur qui ouvre le Psaume 47 de Florent Schmitt ? Qui n'a pas &#233;t&#233; apais&#233; par l'air "II conduit ses agneaux" du Messie ? D'autres fois c'est l'ordre l'harmonie de la cr&#233;ation que magnifie tel pr&#233;lude d'orgue de J.S. Bach ou tel Concerto de Mendelsohn. "La musique, dit Harold Best, doyen du Conservatoire de Wheaton, fait partie du culte &#224; Dieu, elle est en elle-m&#234;me un acte d'adoration. En cons&#233;quence, l&#233;siner sur le temps ou les moyens &#224; lui consacrer, en pr&#233;tendant qu'ils seront mieux utilis&#233;s dans l'&#233;vang&#233;lisation ou la mission, rappelle la remarque de Judas devant Marie r&#233;pandant son nard pr&#233;cieux sur les pieds de J&#233;sus."</p>
	<p>2. L'homme devant Dieu</p>
	<p>Et moi dans tout cela ? N&#8217;ai-je jamais le droit de crier ma r&#233;volte, de clamer mes angoisses, de donner libre cours &#224; mes perplexit&#233;s, de pleurer mes espoirs d&#233;&#231;us ? Je suis un &#234;tre humain, apr&#232;s tout, et autour de moi les gens que je c&#244;toie plongent dans le m&#234;me bain. N'ai-je pas le droit d'exprimer tout cela par ma musique ? Le Psalmiste aussi a sorti tr&#232;s librement tout ce qui &#233;tait en lui. Mais relisons attentivement les psaumes : il a toujours recherch&#233;, et trouv&#233;, une place juste devant Dieu, une attitude de soumission, d'ob&#233;issance et de confiance et, g&#233;n&#233;ralement &#224; la fin du psaume, la paix et la joie que seul le Seigneur peut donner.</p>
	<p>Mieux que les paroles, la musique peut traduire par sa violence, par ses discordances, son rythme tr&#233;pidant ou d&#233;hanch&#233;, la dysharmonie de la vie moderne. Par ses r&#233;p&#233;titions inlassables, elle refl&#232;te le vide int&#233;rieur de notre soci&#233;t&#233; actuelle. Nos contemporains se reconna&#238;tront donc ais&#233;ment dans cette expression musicale qui peut constituer une part l&#233;gitime d'un programme d'&#233;vang&#233;lisation dans lequel on voudrait d&#233;peindre la "mis&#232;re de l'homme sans Dieu". Mais r&#233;fl&#233;chissons s&#233;rieusement : est-ce que nous voulons nous complaire dans cet &#233;tat - et dans ces musiques, et nous en nourrir ? Ne serions-nous pas plus heureux si, comme le Psalmiste, nous pouvions trouver des solutions qui se refl&#233;teront forc&#233;ment par nos choix musicaux : les notes retrouvant leur assise tonale, leur &#233;quilibre harmonique et leur rythme apaisant ? Une musique &#224; la gloire de Dieu d&#233;bouche toujours sur une musique de paix (paix dans le sens de Shalom : pl&#233;nitude, &#233;panouissement, bonheur).</p>
	<p>3. Au nom du Seigneur J&#233;sus</p>
	<p>Juste apr&#232;s avoir parl&#233; du chant, l'ap&#244;tre Paul dit : "Et quoi que vous fassiez, en paroles ou en &#339;uvres, faites tout au nom du Seigneur J&#233;sus..." (Colossiens 3 :17). Dans la Bible, le nom repr&#233;sente la personnalit&#233;, la nature de quelqu'un. Faire une chose "au nom de quelqu'un", c'est faire comme il l'aurait fait, de la mani&#232;re qui lui &#233;tait coutumi&#232;re, avec son amour et son autorit&#233;. Une musique faite au nom du Seigneur J&#233;sus nous apportera le reflet de sa personnalit&#233; : sa force et sa douceur, sa v&#233;rit&#233; et sa puret&#233;, son amour et sa puissance d'indignation devant le mal.</p>
	<p>Une telle musique aura donc par moments des sonorit&#233;s fortes, des accents qui se traduiront dans le style appropri&#233; &#224; l'auditoire, mais elle ne se plaira pas &#224; exciter les instincts, ni &#224; conditionner les auditeurs, elle ne restera pas d&#233;sordonn&#233;e, chaotique, excessive ; elle retrouvera la s&#233;r&#233;nit&#233; et l'&#233;quilibre qui marquent le triomphe de Dieu sur toutes les forces destructives et dysharmoniques.</p>
	<p>Un ami japonais nous a racont&#233; comment il est devenu chr&#233;tien. Faisant un voyage touristique en Europe, il est entr&#233; dans une &#233;glise. Tout son &#234;tre a &#233;t&#233; profond&#233;ment touch&#233; par la musique qui l'a accueilli : c'&#233;tait celle d'un Dieu saint, puissant. C'est ce Dieu qu'il voulait conna&#238;tre et servir. Une jeune femme nous a confi&#233; que l'entente et le dynamisme d'une chorale chr&#233;tienne l'avaient tellement impressionn&#233;e qu'elle a d&#233;sir&#233; partager leur foi. Dans une prison, une d&#233;tenue demande une Bible et un entretien avec l'aum&#244;nier. Pourquoi ? Un cantique entendu &#224; la radio lui a rappel&#233; brusquement un pass&#233; lointain, ordonn&#233; et paisible. Vous connaissez vous-m&#234;mes certainement des exemples que l'on pourrait encore ajouter.</p>
	<p>Droit d'auteur:<br />
M. Alfred Kuen et de M. Charles Eberli.
</p>
]]></content:encoded>
</item>
</rdf:RDF>
